III

186 Mots
III La seconde maison où il se plaça était celle d’un banquier, lequel avait un peu contribué, – par ses souhaits, – au succès de la révolution de 1830. Là, nécessairement, point de diffamation à l’égard du roi Louis-Philippe et point de regrets du passé. Mais, en revanche, une morgue qui sentait le parvenu d’une lieue, et des airs de hauteur tels que n’en aurait pas un descendant direct du Saxon Witikind ou de Diaz de Bivar. Là, chaque jour, pour s’acquitter de ses devoirs, Hermès s’efforçait de déposer quelques bonnes semences dans l’esprit de son élève. Il lui disait, entre autres choses, que les hommes ne valent que par leur mérite, et qu’il n’est rien au monde le plus ridicule que de menacer du front les étoiles parce qu’on a beaucoup d’argent. Le bruit de ces leçons ne tarda pas à venir aux oreilles du père. Celui-ci, discourtoisement, dit à Hermès qu’il ne le payait pas pour débiter chez lui de telles sottises. Hermès devint tout rouge et répondit tranquillement que les seuls Turcarets avaient le privilège de s’exprimer comme des sots. L’affaire n’eut pas de suites sanglantes, mais cette fois Hermès, qui logeait au rez-de-chaussée, afin de s’en aller plus vite, sauta par la fenêtre.
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