Chapitre 4

300 Mots
J’ouvris les yeux sur un ciel limpide et sur un soleil brillant au-dessus de ma tête comme un feu qui m’aurait brûlé les yeux. Mon premier réflexe fut de me couvrir le visage du dos de la main, masquant la clarté du jour. Le second, de vérifier qu’aucun bras ne me traversait la poitrine et que le goût du sang qui imprégnait mon palais n’était qu’une illusion. Les pierres de la route me rentraient dans le dos et me massaient les omoplates. La chaleur était suffocante, accentuant les odeurs de cadavres faisandés. Je me redressai péniblement sur les coudes. Le soleil avait laissé sa marque sur mon visage et m’avait brûlé les mains. Mes yeux papillonnaient et me faisaient terriblement souffrir. Mes paupières collaient. Je n’osais pas toucher mes joues ni mon front, de peur de sentir des lambeaux de chair s’arracher sous mes doigts. Une migraine sourdait de mes tempes et une soif inextinguible s’empara de moi. Combien de temps étais-je resté allongé au milieu de la route ? L’immense silhouette d’Elfinn se peignit au-dessus de moi et un coup de naseaux me poussa entre les omoplates. Je passai la main par-dessus mon épaule pour le caresser ; il poussa un hennissement plaintif. « Laisse-moi deux secondes, tu veux ? Je reviens de loin », grognai-je. Mais il me poussa de plus belle. Je levai les yeux, prêt à lui grogner dessus, quand je croisai son regard. Je me redressai aussi sec. « Naïs ! » L’Éliago hennit, recula, chassa sur le côté et tourna la tête vers le bout de la rue. Ignorant les brûlures et la soif, je me mis à courir comme un fou sur les dalles défoncées. Une peur atroce s’empara de moi. Elle ne peut pas mourir, me répétai-je. Mais ça ne changeait rien à la trouille adipeuse qui me collait à la peau. Je m’arrêtai au bout de la rue ; mon cœur cogna dans ma poitrine aussi fort qu’un coup de massue. Non…
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