Onohana dort profondément. Elle jouait les durs mais en fait elle était épuisée. J'ai passé une bonne partie de la nuit à l'observer, noter chaque particularité de son visage. J'ai pu constater qu'elle a un minuscule point de beauté sous l'œil gauche. C'est adorable. Ses lèvres, j'avais l'impression qu'elles me suppliaient de les embrasser. Ses paupières closes permettent de mieux admirer ses longs cils recourbés. Elle a pris quelques kilos par rapport à la dernière fois qu'on s'est vu. Elle était si maigre. Ça lui va beaucoup mieux. Ça me faisait de la peine de la voir ainsi.
Je suis heureux, tout simplement. Heureux de l'avoir revue, heureux d'être à ses côtés, heureux de passer quelque temps avec elle, heureux que mes sentiments soient partagés. Mais j'ai aussi et surtout peur. Peur de l'abandonner, peur de l'attrister une fois mort, peur qu'elle déteste Sasuke. Mais je n'y peux rien. La machine est déjà en marche. Si Orochimaru l'entraîne je peux être sûr qu'il deviendra très fort. Sa haine le guidera jusqu'à moi. Je ferai quand même en sorte de le protéger de ceux qui convoitent ses pupilles. Quant à Onohana, je ferai en sorte qu'elle m'oublie une fois parti.
La jeune fille en question se met à bouger et grogner. Elle bat des paupières puis les ouvre finalement. Elle a l'air étonnée de me voir à ses côtés. Elle se redresse brusquement et vérifie je ne sais quoi sous la couverture.
- On a encore nos vêtements, murmure-t-elle les joues légèrement rouges.
- Bonjour pour commencer et ensuite, de quoi tu parles ?
- Désolée si je t'ai effrayé, dit-elle en se rallongeant près de moi. J'ai fait un rêve assez... coquin lâche-t-elle en détournant le visage.
Ses joues sont encore plus rouges. C'est si facile de deviner ce à quoi elle pense.
- Un rêve coquin ? Avec moi j'espère...
- Bien-sûr que c'était avec toi, s'emporte Onohana. Avec qui d'autre? Je n'aime que toi.
Elle a parlé sans réfléchir en me regardant droit dans les yeux. Cette fois c'est tout son visage qui vire au pourpre. Elle le cache immédiatement avec ses mains. Je décide de la prendre dans mes bras.
- Moi aussi je t'aime Onohana et j'espère qu'on pourra réaliser tes fantasmes un jour, je murmure à son oreille.
Je la sens trembler entre mes bras.
- Il ne s'est rien passé hier, n'est-ce pas ? Je me suis endormie sans même m'en rendre compte.
- Non, rien. Après notre b****r, tu t'es blottie contre moi puis tu t'es endormie.
- Désolée. J'aurais mieux fait de rester éveillée. Qui sait quand on se reverra encore.
- Ne t'en fais pas, je souris en posant ma tête sur son épaule. L'essentiel c'est de se revoir, peu importe le jour ou l'heure.
- Tu as l'air plus détendu que moi. Pourquoi ?
- Parcequ'on est ensemble et tous seuls en plus...
Elle sursaute en réalisant cela. Je ne veux pas l'inquiéter plus longtemps.
- Quand je suis seul avec toi, je suis libre. Libre de dire et de faire ce dont j'ai envie, déclarai-je. J'aimerais que toi aussi tu te sentes comme ça en ma présence.
- C'est déjà le cas. Je peux me confier à toi en toute liberté en plus je me sens en sécurité près de toi.
Nos regards se croisent à nouveau. Onohana baisse le sien, les joues à nouveau roses. Elle se mord la lèvre inférieure. Pas besoin d'être un génie pour comprendre. Je l'embrasse. Ça la surprend mais elle se laisse faire. Le b****r dur longtemps. Mes mains hésitent à aller plus loin que ses bras, son dos, sa nuque, ses longs cheveux et son visage. Nos corps sont collés l'un à l'autre. Nous irons plus loin une autre fois si elle le veut bien.
Quelqu'un nous interrompt en frappant à la porte.
- Bonjour monsieur et madame. Nous espérons que vous avez passé une belle nuit. Nous sommes venus vous annoncer que le petit déjeuner est prêt, dit-elle à travers les murs.
C'est le service de chambre. Nous sommes forcés de reporter notre étreinte à plus tard. Le regard d'Onohana montre à quel point elle est déçue. Cela me pousse à l'embrasser encore tendrement avant d'ouvrir la porte. Ils servent le petit déjeuner pendant qu'Onohana range les draps et matelas. Nous mangeons tout en discutant de notre plan.
- Je me disais que les villageois trouveraient ça suspect de nous voir nous promener chacun de son côté. Nous leur avons dit à notre arrivée que nous étions un couple. C'est un petit village, il n'y a pas beaucoup de visiteurs. La nouvelle a dû faire le tour de toutes les villageois déjà.
Elle n'est pas bête en plus de tout le reste.
- Tu as raison. Nous allons sillonner l'enceinte du village ensemble mais une fois dehors on va devoir se séparer pour couvrir une plus large zone.
- Je me demande à quoi ressemble la personne qu'on cherche.
- Comme tu l'as dit c'est un petit village. Tout le monde se connait. Si quelqu'un a des dons héréditaires, les villageois sont certainement au courant. Même si c'est un visiteur, ils peuvent nous donner des informations.
- Tout à fait. On suit ce plan. Le premier à la trouver appelle l'autre.
J'acquiesce. J'espère que tout se passera bien une fois séparés. Je n'aime pas être loin d'elle mais je n'ai pas le choix. Mes sentiments ne doivent pas prendre le dessus. Surtout que cette mission lui permettre peut-être de retourner près de Sasuke.
Après déjeuner, nous prenons une douche, l'un après l'autre. Nous ne sommes pas prêts à aller plus loin pour le moment. Nous quittons l'auberge après avoir payé. Je ne pense pas qu'on aura besoin d'y revenir ce soir. Nous descendons au village. La plus part des maisons sont closes. Les villageois doivent être au champ. Nous parcourons les rues et les allées jusqu'à ce qu'on trouve un marché. Il y'a un peu de tout et surtout beaucoup de monde.
- Hum... Il y'a plus de population que les habitants de ce village.
- Essayons de nous renseigner.
Nous approchons le premier marchand. Il vend des bricoles en tout genre.
- Bonjour. Nous sommes des touristes. En venant toutes les maisons étaient fermées. Pourquoi tout le monde est au marché aujourd'hui ?
- Pas seulement les habitants de ce village mais aussi ceux des alentours. Chaque mois, on ouvre le marché mensuel. Chacun vient vendre ce qu'il a récolté. Sinon, quelques objets comme ceux-ci. D'ailleurs, mes coliers vous intéressent? Ils sont beaux et pas chers.
- Non merci, le coupai-je. J'en ai déjà un.
Oui et ça fait des années que j'aurais dû lui offrir. Heureusement qu'elle ne m'a pas entendu à cause du brouhaha. Nous nous éloignons de la foule pour discuter.
- Vue que la plupart des villageois sont ici, on va pouvoir se séparer sans attirer l'attention. Tu es prête ?
- Oui.
- Fais attention à toi. Je ne doute pas de tes compétences de ninja mais reste sur tes gardes.
- Je te demande la même chose. Reste sur tes gardes.
Je hoche la tête. On se sépare enfin. Mon cœur se serre dans ma poitrine. J'espère que tout va bien se passer. Je vais parcourir le côté Est pendant qu'elle fouillera du côté Ouest. Toutes les maisons sont closes et même pas un bruit à des dizaines de mètres. Ce n'est pas la peine d'insister ici. Je vais vers les plantations. En effet, quelques cultivateurs y travaillent. Je me camoufle pour écouter leurs conversations. Ils finiront bien par lâcher quelque chose. Leur demander me ferait passer pour suspect.
- Aujourd'hui c'est le jour du marché mais on n'a rien à vendre, lâche un.
- Ouais. Nos récoltes ne sont pas prêtes.
- Dommage. J'aurais bien voulu y aller et voir le couple dont on n'arrête pas de parler. Il paraît que l'épouse est à tomber par terre.
- C'est vrai ? En même temps, les beautés ça courent pas le village, se moque l'autre.
Ses collègues et lui en rigolent.
- Je me demande si elle est aussi belle que l'étrangère qui s'est réfugiée dans les montagnes au nord.
Voilà l'information dont j'avais besoin. Ça a été plus rapide que je ne m'y attendais.
- Une vraie beauté. Elle vit dans le temple abandonné. C'est peut-être une sœur qui veut le rénover.
- Peut-être même qu'elle est au marché aujourd'hui.
Je n'écoute pas leur conversation d'avantage. Je dois me rendre à ce temple et vérifier si c'est cette personne qu'on recherche.
Au pied de la montagne nord se dressent des escaliers. Je peux voir l'entrée du temple en haut. J'espérais trouver Onohana ici mais apparemment nous n'avons pas eu les mêmes informations. De quoi me faire douter de la présence d'une étrangère en ces lieux. Je vais quand même monter vérifier. Mais alors que je franchis les dernières marches, des bruits me parviennent aux oreilles. On dirait que des gens se battent. Je me dépêche de les retrouver.
En effet, Onohana se bat contre trois autres ninjas. J'hésite entre la sauver ou la laisser se débrouiller. Ils n'ont pas l'air forts, sûrement des Shunin tout au plus. Je pense qu'elle va s'en sortir toute seule. Et puis, c'est l'occasion de voir si elle est réellement devenue plus forte. Je ne vais pas l'attendre en admirant son combat. Si ces gens sont ici, c'est qu'il y'a quelque chose d'important à l'intérieur. Je me faufile discrètement, profitant de leur combat comme diversion. Je vérifie chaque pièce du temple mais ne trouve personne. J'aperçois un jardin à l'arrière qui mène vers un ravin apparemment. Plus je m'en rapproche mieux je distingue une silhouette près du ravin. On dirait qu'elle veut se suicider.
Je cours le plus vite que je puisse et heureusement je la rattrape avant son saut de la mort. Je la tire puis la porte et m'éloigne de là. Je n'ai pas fait très attention mais je suis persuadé qu'une chute l'aurait tuée. D'ailleurs, celle que je viens de sauver tremble entre mes mains. Je la pose plus loin, au pied d'un arbre.
- Tout va bien maintenant. Vous êtes en sécurité.
C'est une jeune femme, plus jeune que moi. Elle a de très longs cheveux roux. Elle lève la tête et me regarde enfin. J'essaie de sourire pour la rassurer. Ses yeux sont si bleus, on dirait le ciel en été. Elle est aux bords des larmes.
- Maintenant, pouvez-vous m'expliquer...
Elle ne me laisse pas le temps de finir qu'elle s'est déjà jetée dans mes bras, sanglotant de plus en plus fort. Je sens la présence d'un intrus, en me retournant je tombe nez-à-nez avec Onohana. Elle me dévisage. Ses yeux sont remplis de colère... Et elle tient un sabre entre les mains.