nos émotions

1562 Mots
Je sors de la salle de bain, une serviette autour de la poitrine et une autre m'aide à sécher mes cheveux. Je ne les ai pas lavé mais le chignon que j'avais fait s'est détaché et mes cheveux sont tombés dans l'eau de la baignoire. J'avance dans la chambre où Itachi est entrain d'installer les matelas. - Ah, tu es rentré. Je ne t'ai pas entendu, déclarai-je. - Sûrement parceque tu chantais dans la salle de bain, se moque-t-il. En tout cas, tu as une belle voix. Il est dos à moi et ne se retourne même pas pour me regarder. Je réalise que je suis en serviette et ce serait gênant s'il me voyait dans cette tenue. - D'accord. Euh, la salle de bain est libre... Je suis bête. Il le sait déjà puisque j'en sors à peine. - Je finis avec les matelas et j'y vais. Ne t'en fais pas. J'inspire profondément. Pourquoi je panique comme ça ? Je vais chercher une tenue adéquate pour passer la nuit. L'auberge nous offre des tenues aux couleurs de leur établissement. J'en prends une dans la penderie. Il y'a aussi des tongues traditionnelles. Je n'en ai pas besoin pour le moment. Je retire ma serviette pour mettre le kimono. - Aahhh! Onohana, qu'est-ce que tu fais ? interroge Itachi. Il cache ses yeux avec ses mains. - Pourquoi tu demandes ça? - Tu ne pouvais pas attendre que je sois parti pour te changer ? - Tu m'as déjà vue nue... Après la randonnée lorsque nous étions aux sources d'eau chaude. Je m'en souviens encore, murmurai-je. Ce n'est pas la peine de nier. J'y ai souvent pensé quand j'étais enfermée. J'ai compris que vous vous êtes rincés l'œil suffisamment longtemps avant de vous cacher. Byakuya était là lui aussi. Il a le byakugan. Il a forcément tout vu. Je couvre ma poitrine avec le vêtement pour ne plus l'embarrasser. À l'époque ça m'avait tellement gênée. J'aurais préféré être enterrée vivante au même instant. Mais une fois la gêne et la colère passée, il ne reste plus que de la froideur. Ça ne me fait plus rien si on me voit nue. - Oui mais à l'époque c'était un accident. En plus tu peux me croire, nous avons fermé les yeux aussitôt que nous t'avons aperçue. Nous n'avons pas vu grand chose. Et aussi, à l'époque tu étais plus jeune. Le corps que tu as aujourd'hui n'est plus le même. Je relève mon visage vers lui. Ses yeux sont rivés sur le tatami, ses joues sont roses. C'est sûrement la première fois que je le vois comme ça. Je souris. - Je ne sais pas pourquoi j'agis ainsi. Peut-être à cause de tout ce qui m'est arrivé dans le passé. Je n'ai pas honte de me dévêtir en ta présence ni en la présence de quiconque. Est-ce que tu comprends? Je mets le kimono sous ses yeux. Je ne peux m'empêcher de ressentir des fourmillements dans ma poitrine et mon bas ventre. - Tu es arrivée à un point où le jugement des autres ne t'inquiète pas. Je vois. Dans ce cas... Il commence à se dévêtir lui aussi. Je me jette sur lui avant qu'il n'enlève son slip. Je retiens ses mains. - Arrêtes ! Tu n'as pas besoin de faire ça. Je... Ça me gênerait de te voir tout nu. Ce n'est jamais arrivé. Je n'ai pas envie que tu fasses ça. En relevant la tête, nos yeux se croisent. Il serre la mâchoire puis me serre dans ses bras. - Sache que ton corps est un temple sacré que personne n'a le droit d'admirer, encore moins d'y entrer sans ton autorisation. Celui qui ose le bafouer mérite un châtiment. il resserre son étreinte. Pardonne-moi pour ce qu'il s'est passé ce jour-là et pour ce qu'il vient de se passer. Je secoue négativement la tête. Mon nez me pique. - Pour aujourd'hui tu as eu mon autorisation en quelque sorte. Ne t'en fais pas. Je te pardonne. Ma voix se brise sur les derniers mots. Itachi est si affectueux, respectueux... Je m'en veux de l'avoir mis dans l'embarras. Nous restons ainsi, collé l'un à l'autre jusqu'à ce que quelqu'un cogne à la porte. - Qui est-ce? demandai-je à haute voix. - Service de chambre. On apporte le dîner. - J'arrive, criai-je. Tu devrais aller dans la salle de bain, dis-je plus bas à Itachi. - J'y vais, répond-il. Il prend ses vêtements avec lui puis entre dans l'autre pièce. Quant à moi, j'ouvre la porte et aide les serveurs à installer le dîner. Itachi revient quelques minutes plus tard. Pour ne pas le gêner, je me tourne dos à lui pour qu'il se change. Ensuite il vient s'asseoir près de moi. - Le dîner est déjà servi ? Ça tombe bien, j'ai faim. Bon appétit. - Bon appétit à toi aussi, dis-je. Nous mangeons dans le calme. Après, le service de chambre vient débarrasser. Nous allons nous coucher une fois seuls. Dormir avec Itachi, près de lui, dans la même pièce, c'est étrange. Surtout après ce qu'il s'est passé tout à l'heure. Je me demande comment ça va être. Chacun dort de son côté, évidemment. Nous sommes dos à dos. Je ne parviens pas à dormir. Ma conscience refuse de s'absenter. Les minutes et les heures défilent, je ne dors toujours pas. Je me couche sur le dos et observe le plafond. - Je vais passer un mauvaise journée demain, soufflai-je. - Pourquoi tu dis ça ? réplique Itachi. Il est dos à moi. Je ne m'attendais pas à ce qu'on réponde à ma déclaration. - Tu ne dors toujours pas ? - Non, tout comme toi, dit-il en se retournant sur le dos. - Est-ce que tu veux discuter ? Ça pourrait nous aider à trouver le sommeil. - De quoi veux-tu qu'on parle? - Laisse-moi réfléchir... De Sasuke par exemple. Tu as vraiment l'intention de te laisser tuer par lui? - Oui. Je préfère qu'il se venge afin d'apaiser son cœur. Si une autre personne le faisait, son cœur ne trouverait jamais la paix. Ensuite, il pourra vivre sa vie l'esprit tranquille. - Alors tu vas faire de ton mieux pour ne pas mourir jusque là. Hum... Je vois. Tu as même prévu la façon dont tu quitteras ce monde. - Qu'est-ce que tu sous-entends ? - Je t'ai toujours trouvé bizarre en fait. Si Shisui ne m'avais pas forcée la main, je ne serais jamais devenue amie avec un type comme toi, déclarai-je. Tu as l'air d'avoir un coup d'avance sur les autres, de vivre à part. Maintenant je sais que c'est ta froideur qui me repoussait. - Il est vrai que Shisui était plus sociable que moi. Je l'enviais un peu, avoue-t-il. Pourtant je l'aimais, c'était mon cousin, mon mentor et mon meilleur ami. Par contre, s'il n'avait pas été là, je ne me serais jamais rapproché d'une fille comme toi. Je me sens piquée. - C'est à dire? - Tu avais souvent l'air absente, l'air ailleurs, l'esprit aspiré par quelque chose. Je ne voulais pas te déranger. Si Shisui n'était pas intervenu, nous aurions continué de vivre comme des inconnus. - Je dois admettre que c'est vrai. Eh bien, je le remercie de m'avoir fait connaître quelqu'un d'aussi formidable que toi, souriai-je. Apparemment j'ai attiré son attention puisqu'il se tourne vers moi, me fixant droit dans les yeux. - C'est vrai? Tu trouves que je suis formidable? Je dois avoir les joues rouges comme des tomates mais c'est l'une des rares fois qu'on discute aussi sérieusement. Je ne dois pas gâcher ce moment. - Oui. Déjà à l'époque tu étais considéré comme un génie. Ce qui n'est pas banale. On ne peut compter le nombre de vies que tu as sauvées en commençant par la mienne. D'ailleurs je t'en remercie. Ses joues à lui aussi deviennent rouges. Il détourne le regard. - Ce n'était rien, souffle-t-il. Et puis c'est mon devoir de te protéger. - Hum? J'ai bien entendu? - Tu sais bien... Quand on tient à quelqu'un, on doit protéger cette personne. Je le fixe intensément et lui aussi. Puis je ne sais pour quelle raison, chacun tourne le dos à l'autre. Je me sens étrange. J'ai envie qu'on continue de discuter mais en même temps j'aimerais disparaître. - Qui l'aurait cru? Toi et moi, dormir sur le même lit. - Hein? C'est pourtant toi qui m'avais embrassé le premier un jour, répliquai-je sans réfléchir. Je couvre ma bouche et me félicite pour ma bêtise. - Ah... Tu t'en souviens encore ? Ça a l'air de le surprendre. - Évidemment que je m'en souviens. C'était la seule et l'unique fois... Pourquoi d'ailleurs? Pourquoi m'avoir embrassée? Était-ce un adieu ? - Non... Je ressens de l'affection envers toi. Tu comptes énormément pour moi. Je ne me retourne toujours pas. Je sens sa main se poser sur mes hanches et son menton se poser sur mon épaule. - Me permets-tu de rester ainsi à tes côtés jusqu'à ce que le jour se lève ? S'il te plaît. Je fonds complètement. Sa voix est si douce et le contact avec son corps me procure des sensations que je n'avais jamais ressentis. Je me tourne finalement vers lui, les yeux baissés. - Pour moi aussi, tu es important. Je tiens à toi et je ne veux pas te perdre. Il sourit, je l'ai apperçu faire. Lentement, il colle ses lèvres aux miennes. Je me laisse emporter par l'ivresse de cette caresse. Je souhaite que ça ne s'arrête jamais.
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