Il fait déjà un peu sombre, je n’arrive pas à croire que je suis restée toute la journée dans la chambre absorbée par mon travail. J’ai super mal à la tête, et j’ai l’impression que mon cerveau est à ras bord et que je n’arrive plus à raisonner plus que ça. Je n’ai même pas eu le temps de déjeuner et de manger quoi que ce soit, et mon estomac ne manque pas de me le rappeler. Maudit estomac !
Je respire profondément lorsque j’entends la porte d’entrée de l’appartement s’ouvrir et se refermer. Il est de retour, un millier de frissons incompréhensibles traversent tout mon être lorsque je réalise de nouveau qu’il y’a que lui et moi dans cet appartement.
Je jette un œil à ma montre il est vingt heure. Je range le compte rendu que j’ai rédigé depuis ce matin, ensuite je me prépare à aller confronter le monstre. Sur ce coup il aura rien à dire, mon boulot est juste parfait, même un journaliste digne de ce nom ne fera pas aussi bien.
« Tu ne feras jamais rien de ta vie ! » avait dit mon père quand j’avais eu un A en mathématique. Comme s’il fallait que j’aie une moyenne inexistante dans les marques d’évaluation pour le rendre satisfait.
Heureusement que je ne suis pas le genre de personne à croire à ça, je crois qu’à mon travail, mon niveau, et à ce que je peux produire. D’après ma mère j’ai une volonté que beaucoup de personne payeront un argent fou pour l’acquérir. Après tout ce que j’ai vécu dans mon enfance et mon adolescence, je crois que c’est légitime de se forger une telle volonté construite à partir d’un tas de miette de désespoir.
Je quitte la chambre, et en ouvrant la porte je remarque qu’il est assis au salon et non pas dans sa chambre, il semble avoir quelque chose dans sa main, un papier peut-être, et il a l’air préoccuper. Je me vois mal lui demander ce qui le préoccupe autant au point de ne m’avoir même pas entendu.
Je me racle la gorge pour annoncer ma présence, il se tourne dans une posture étudié, ensuite il met ce qu’il avait dans sa main dans sa poche et me toise du regard.
Est-ce normal qu’il a toute cette haine envers moi, est-ce que c’est possible de ressentir un tel dégoût pour une personne qu’on ne connait même pas.
« Il t’a reconnu ». M’avait dit Clary au téléphone. Et si c’était vrai ? Et s’il m’avait reconnu et qu’il est en train de me faire payer ?
Pauvre fille ! Tu n’as toujours pas compris que Liam est à présent l’une des personne les plus importante des Etats-Unis, il a toutes les femmes à ses pieds, et tu crois sérieusement qu’il se souvient de toi, et du fait que tu étais partie ?
Sans doute, parfois je pense vraiment n’importe quoi. Mais j’aimerais bien lui demander ce qu’il a contre moi. Pourquoi me fait-il subir tout ça ?
-Je…voilà le travail que vous m’avez demandé. Dis-je en lui montrant le dossier dans mes mains.
-Oui, posez-le ici. Dit-il en pointant la table avec son doigt. La table basse juste devant lui, comme s’il ne pouvait pas juste se lever et prendre le dossier de mes mains comme le ferait une personne bien élevée. J’avale ma salive péniblement ensuite je m’avance vers la table je pose le dossier juste devant lui, son odeur viril a déjà fait le tour de mes narines, et son aura puissante a déjà envahi la mienne.
Je me retourne sans dire un mot et je rejoins aussitôt ma chambre, je tourne en rond en attendant qu’il m’interpelle pour mon boulot, je n’ai absolument aucune envie de rester au salon avec lui. Et puis qu’il aille se faire voir !
Mon téléphone se met à sonner, je regarde le nom de mon patron s’affichait avec perplexité. Je prends l’appel rapidement.
Mais c’est quoi son p****n de problème, je ne réponds pas, je quitte la chambre en le trouvant toujours assis sur le canapé son téléphone à la main.
-Ah vous savez monsieur Parker, il y’a juste une chambre qui nous sépare vous pouviez tout simplement m’interpeler.
Il hausse des épaules.
-Sans doute, mais j’aime bien utiliser ces engins.
Je soupire en roulant des yeux, il va me rendre folle, il est bizarre, il fait des choses bizarres.
-Voilà votre travail ! Dit-il en e rendant mon doucement.
Mes yeux s’écarquillent lorsque je vois un tas de cercles rouges autours de mon compte rendu.
-C’est lamentable ! Ajoute-t-il.
-Vous n’avez même pas lus mon travail, ça fait dix minutes que je vous l’ai rendu ! M’emporté-je.
-heureusement, sinon j’aurais eu une crise cardiaque, en lisant que votre introduction j’avais l’impression qu’elle a été écrite par un abruti !
Mon cœur ratte un battement alors que je sens des larmes me monter aux yeux. Là s’en est trop, beaucoup trop !
-Oh mon Dieu, mais…vous n’avez pas le droit de m’insulter ! C’est…
-Je ne vous ai pas insulté, j’ai insulté votre travail ! Essayez de comprendre avant de parler pour ne rien dire !
-Depuis votre arrivée au boulot, vous passez vos journées à m’insulter et me rabaisser, comme si vous étiez programmé à faire ça non de Dieu !
-Ce n’est pas de ma faute si vous êtes incompétente ! Cri-t-il en se levant brusquement.
-Et ce n’est pas de la mienne si vous êtres un p****n de salop !
Impassiblement il me fixe en arrangeant sa cravate. Monsieur n’aime pas qu’on touche à son égo, et ben moi non plus !
-Pardon ? Je vous que c’est vous qui êtes en train de m’insulter sur ce coup.
-Non, je ne vous ai pas insulté, j’ai insulté votre caractère ! Essayez de comprendre avant de parler pour ne rien dire ! Dis-je en me retournant.
-
-vous fuyez ! Bien sûr c’est ce que vous faites toujours.
Je me retourne vers lui,
-vous ne me connaissez pas, vous ne savez rien à propos de moi, donc abstenez-vous de me juger ! Et vous savez quoi, ce n’est pas la peine de me virer, je démissionne avec effet immédiat ! Je ne resterai pas une minute de plus avec une personne telle que vous !
Cette fois-ci j’entre dans ma chambre et je claque la porte derrière moi. Je prends mes affaires que je mets désordonnément dans ma valise.
Je sursaute lorsque la porte de ma chambre s’ouvre brutalement et claque violement contre le mur.
-Vous avez perdu la raison ? Crie-je énervée et hors de moi.
Je lis dans ses yeux de la haine, de la rage, de la colère, il s’approche de moi le corps imposant et viril. Il continue de s’approcher de moi, et je recule d’autant plus, jusqu’à ma plus grande déception quand mon corps s’écrase contre la paroi froide et dure.
-Non je n’ai rien perdu, je crois que c’est le moment.
-le moment de quoi, de quoi parlez-vous ?
Il est près de moi, si près de moi, trop près de moi au point où je sens son souffle s’écraser contre ma peau.
-J’ai besoin que vous me donniez des explications !
-des explications ? Il n’y a rien à expliquer ! Je démissionne ! Au moins vous n’aurez plus à me sermonner tout le temps !
Il met sa main dans sa poche et en sort un bout de papier.
-Oh non, tu n’iras nulle part !
Je reste choqué devant le fait qu’il me tutoie, mais qu’est-ce qui se passe, une part de moi ne comprends rien, alors que la seconde part se doute de quelque chose. Il sait tout.
Depuis le début il savait tout.
-Explique moi Lu…non pas Lucy, Lena, pourquoi ? Dix ans ? Je ne comprends pas…
-T’es qu’un sale connard ! Crie-je en le poussant brutalement, à ce moment-là je ne sais pas d’où m vient toute cette force.
Je prends ma valise que j’avais déjà fermée.
-Ou est-ce que tu vas ? Non tu restes ici ! On doit parler !
-On ne doit rien du tout ! Dis-je en le pointant de l’index.
Violement il prend ma valise et le jeta parterre.
-Je n’ai pas envie de parler avec toi !
-Oh que si, tu vas t’asseoir tout de suite et répondre à toutes mes questions !
-Et puis quoi encore ! Je n’ai rien à te dire !
-Pourquoi t’étais partie ?
-J’avais mes raisons !
-Ce n’est pas suffisant, dix putains d’années que j’attends des réponses !
Mon cœur se serre, je n’arrive plus à réfléchir ni à réaliser ce qui est en train de se produire, j’ai l’impression que je suis spectatrice de mon sort, comme si j’étais dans un rêve et que je me voyais vivre cette scène-là sans pourvoir rien faire.
-M…Liam, s’il te plait…je n’ai p…
-Non ! Pourquoi ne veux-tu pas tout simplement me dire la vérité et qu’on en finisse.
-Qu’on en finisse, qu’on en finisse quoi au juste ? Le fait que tu me fais vivre un enfer depuis le début ?
Il sourit, mais ce n’est pas un sourire joyeux, ni même triste, non c’est un sourire facétieux et narquois.
-Et si tu ne me dis pas la vérité, je continuerais à te faire vivre l’enfer !
Je ris nerveusement, je n’ai pas envie de lui raconter ma vie, ni ce qui s’est passé, je n’ai plus l’impression à faire face à Liam que je connaissais avant, que j’aimais. J’ai en face de moi un monstre sans cœur.
-Ne t’inquiète pas pour ça, je suis déjà passé par là, je n’ai pas que vécu l’enfer ! Je l’ai même défié ! Dis-je en lui jetant un regard noir.
Je tourne les talons je prends mon sac et je quitte la pièce, puis l’appartement, et même l’hôtel.
Dehors je marche le pas rapide, il fait nuit, et je ne sais toujours pas comment j’ai fait pour arriver jusqu’ici, à mon habitude je me serais écroulée parterre en versant toutes les larmes de mon corps. Mais tant que j’ai cette espèce de comportement je dois m’éloigner le plus loin possible de lui. Malgré mon départ, malgré ces dix ans dont il parle, ça ne justifie en rien son comportement avec moi. Il m’a blessé, il m’a fait du tort.
Je me retrouve face à un bar, j’entre sans attendre plus. A l’intérieur l’ambiance relate presque mon humeur catastrophique avec une musique mélancolique, et un style sombre. Je regarde autour de moi, je constate qu’il n’y a presque personne, mis-à-part un vielle homme l’air fermé, et le barman. Après tout pourquoi les gens viendront dans ce bar alors qu’ils peuvent aller autre-part où i y’a de la musique et de l’amusement. Cet endroit est fait pour les personnes tristes, et accablées par leur destin. Comme moi.
Je me dirige vers le bar et je m’installe sur l’un des tabourets.
-Un truc fort s’il vous plait. Dis-je, et le barman s’exécute sans poser plus de question. Il sourit légèrement ce qui m’agace pour une raison inconnue.
-Qu’est-ce qu’il y’a de si drôle ? Demandé-je quand il dépose un verre bien rempli devant moi.
Il hausse des épaules,
-Rien, si ce n’est le fait que je suis nouveau ici, et depuis que je suis là, toutes les personnes qui traversent le seuil de la porte de ce bar demandent la même chose, quelque chose de fort.
Ce que je disais…
-Elle n’a pas besoin de savoir toute votre vie, faites votre boulot et servez-moi un verre de vin.
Je me tourne légèrement pour faire face à Liam qui vient de s’installer devant moi et qui a fait peur au jeune barman.
-Nous vois inquiétez pas. Dis-je au serveur, il a un malin plaisir à insulter les gens, estimez-vous heureux qu’il ne vous a pas demandé de changer de travail ou que vous êtes un abruti. Ajouté-je ensuite j’avale un mon verre d’un trait et le redépose.
-Un autre s’il vous plait…
-Euh surement pas ! Râle Liam, mais je ne l’écoute pas, et le barman non plus, il me serre un autre verre, le pauvre sans rien demander il s’est retrouvé impliqué dans notre querelle.
Je commence à ingurgiter mon verre jusqu’à ce que je le sente arraché de ma main. Je regarde Liam l’air méfiant et en colère, et même un peu triste.
-Tu veux quoi Liam ? Tu ne veux donc pas me laisser tranquille ? Regarde ! Même le pauvre garçon tu lui as fait peur !
-Je ne te demande pas la lune Lena…
-Lucy ! C’est Lucy à présent, je ne veux plus entendre ce prénom !
-Je ne te demande que des explications…
-Tu veux des explications ? Si je te les donnes tu me ficheras la paix ?
Il hausse des épaules.
-Sans doute.
Je sens un pincement au cœur, ses mots me blessent…
Tu attends quoi au juste ? C’est toi qui lui demande de te laisser tranquille ? Pourquoi veux-tu qu’il reste?
Non ! Je n’ai pas besoin de sa pitié !
-Mon père était en prison puisque c’était un vrai criminel, et un connard qui nous frappaient ma mère et moi. A sa sortie il allait nous faire vivre l’enfer, donc avec ma mère on s’était enfuie à la dernière minute, on ne pouvait pas laisser des preuves, on a changé de noms. Mais il était trop intelligent, un jour il nous a trouvé, je n’étais pas chez moi, quand j’étais entré j’ai trouvé ma mère à moitié morte, qui as rendu l’âme dans mes bras, ensuite je me suis débrouillé toute seule jusqu’à ce jour. Et voilà Liam, tu les as tes explications.
Ce qui m’étonne c’est qu’il ne me regarde pas avec le regard que j’avais imaginé, je ne vois pas de la pitié, ni même de la compassion dans ses yeux, son regard est impassible sans émotions, sans sentiments.
-Il est où maintenant ?
Je hausse des épaules.
-Quelque part.
-Pourquoi tu n’es pas aller voir la police ?
Je ris amèrement et nerveusement.
-il a des contacts partout, il est puissant Liam…
-Tu aurais pu me le dire et j’aurais…
-Non Liam ! Je te l’interdis ! Tu n’aurais rien pu faire, personne n’aurais rien pu faire. Qu’est-ce que tu crois ? Que je t’avais oublié ? Non ! J’étais reparti à Seattle pour te retrouver ! Et c’est là qu’il m’avait vu, et qu’il nous a localisé ma mère et moi. C’est de ma faute si elle n’est plus là, c’est à cause de moi ! Et même si un millier de personne me disent le contraire, je sais que c’est moi la responsable de sa mort, si je n’avais pas écouté mon cœur, et que je n’étais pas venu à Seattle rien de tout ne serait arrivé ! Cri-je.
-Calme-toi Le…Lucy…ça va aller…
-Je veux un autre verre ! Dis-je au barman en buvant le reste du mien d’un trait.
-Non ! Et tu vas venir avec moi ! Ordonne Liam d’un ton catégorique.
-Surement pas ! Sans que je puisse ajouter un mot il se lève et me fait pousser de ma chaise.
-Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez-toi lâche-moi non de Dieu !
Il continue puis il me soulève et me met sur son épaule comme si je ne pesais pas plus qu’une plume.
Une fois dehors je m’agite dans tous les sens, la situation est si bizarre que ça devient presque drôle. Mais j’arrive quand même à l’épuiser et il me redépose au coin de la rue.
-Mais t’es qu’un sale enfoiré !
D’un coup il bloque au mur grâce à son corps puissant, de suite des sensations inattendues commencent à déraper dans mon corps. Maudit corps !
-Ecoute, je suis désolé, j’ai été con avec toi !
-hein ! Tu m’étonnes !
-J’avais mes raisons, j’ai cru que t’étais partie juste comme ça en me laissant, et ma haine a dépassé ma raison. Je n’aurais pas dû agir de la sorte je le sais ! Mais maintenant que je connais toute la vérité je vais…
-Tu vas quoi ? Tu vas rien faire, je v…
-D’après ce que tu m’as raconté, t’es en danger Lucy, je vais essayer de retrouver ton père et…
-Surtout pas ! S’il sait ou je suis….Non ! Je te l’interdis !
-Lucy…
-Liam, je veux renter, je veux renter à la maison ! Je veux retourner à New-York…
-D’accord, d’accord…on va rentrer demain. Maintenant rentre avec moi…s’il te plait.
Difficilement je secoue ma tête de haut en bas. Il acquiesce, ensuite il prend ma main et nous nous dirigeons vers l’hôtel.