Isaac était condamné à errer dans les couloirs du CHU comme un chien errant. Il ne faisait que prier afin que Dieu puisse perdurer le miracle et pour que l’état de Marie Jeanne s’améliore car elle allait subir une opération très délicate. Des organes vitaux de son organisme avaient été atteints par certaines balles et elle avait perdu beaucoup de sang. C’était donc sans surprise qu’une heure plus tard, avait été annoncée la mort de Marie Jeanne. Ses parents étaient complètement déboussolés. Ils avaient tout perdu, leur fille unique. Qui allaient hériter de tous leurs biens ? Pour qui se battaient-ils encore ? La chose la plus dommage et la plus triste dans la vie, c’est de voir des parents enterrer leurs enfants. Perdre un être cher à nos yeux, c’est vraiment douloureux ! La mort de Marie Jeanne était triste et se rependait de bouche à oreille au sein du CHU. On disait un peu partout que « le riche homme d’affaire venait de perdre sa fille unique », quelle tristesse, quelle désolation ! Le médecin prit le soin d’informer Isaac de cette terrible nouvelle et ce dernier se dirigea directement dans la chambre de Marie Jeanne à pas de lièvre, mais arrivé devant la chambre de cette dernière, son père en larme s’interposa. Il ne voulait pas qu’Isaac s’approche du corps de sa fille. Pour lui, Isaac était le seul coupable de tout ce qui se passait. C’est à cause de lui que sa fille s’était faite assassinée. Il lui promit à nouveau de le mettre en prison ou de l’assassiner à son tour.
Isaac se replia dans un endroit calme afin d’invoquer la présence d’Enmoutef même si honnêtement, il ne savait pas comment s’y prendre. Après deux heures de temps de méditation et de pleure, Enmoutef lui apparut en songe. La présence de ce dernier lui redonna espoir. Il en profita pour le supplier de faire quelque chose pour Marie Jeanne. Le voici aujourd’hui à sa place comme il y a des milliers d’années. Le voici aujourd’hui avec le cadavre de Marie Jeanne entre ses mains comme lui Enmoutef avait entre ses mains autrefois, le cadavre de sa futur reine Aklilu. Personne d’autre qu’Isaac ce jour-là, ne pouvait mieux comprendre ce qu’Enmoutef avait vécu, le sentiment de culpabilité et d’incapacité de faire quoique ce soit pour sauver sa bien-aimée des griffes de la mort. Il ne pouvait rien faire de mieux que se souvenir de leur moment les plus beaux ! Jamais la perte d’un être cher ne lui avait fait aussi mal que la perte de Marie Jeanne. Ses larmes coulaient à flot comme le torrent qui dévalise les pentes raides des montagnes. Enmoutef s’approcha de lui et essuya ses larmes en disant : « Je vois que tu l’aimes de la même manière que j’aimais Aklilu. Je ne peux laisser un tel amour mourir car toi jeune homme tu ne survivras pas ! Si jamais ta Marie Jeanne meurt, tu mourras aussi de chagrin. Retourne dans cet hôpital, si tu as la foi, tu reverras ton amour et mon amour à moi devra patienter un millénaire ! » A la fin des propos d’Enmoutef, Isaac fonça dans la chambre de Marie Jeanne, mais elle n’y était plus. Son corps avait été déplacé à la morgue et une prescription était très claire : Isaac ne devrait en aucun cas s’approcher du corps de leur fille. Interdit d’approcher le corps de Marie Jeanne, Isaac se mit à chercher les parents de cette dernière afin de leur annoncer que leur fille était encore vivante. Heureusement pour lui, ces derniers étaient encore à la morgue pour des papiers. Il entra dans le bureau du responsable de la morgue sans frapper en criant : « Marie Jeanne est vivante ! Mon amour est vivante ! Aidez-moi s’il vous plait ! » Le père de Marie Jeanne en avait marre de lui et voulait lui donner une bonne correction qu’il n’oubliera jamais. Mais cette fois-ci, sa femme s’interposa. Elle avait confiance en ce jeune homme qui malgré tous les mauvais traitements qu’on lui infligeait, était quand même là. Il expliqua à la mère de Marie Jeanne que leur fille et lui sont des réincarnés et que c’est pour cette raison qu’ils échangeaient leurs corps. Dès qu’il prononça cette phrase, Dian Kokaleu Nestor se souvint de ce jour à Grand-Bassam où sa fille lui avait parlé d’un certains jeune avec qui elle échangeait de corps et que les deux s’étaient enfin rencontrés sur cette plage. Ce jeune homme en question c’était donc lui, ce fameux Isaac ! Quoi d’autres que le destin qui pouvait les réunir après toutes ces années. Il décide donc de lui laisser une chance il lui dit : « Jeune homme, si vraiment ma fille est vivante malgré quatre balles logés dans son corps, c’est que c’est grâce toi. Si elle est vraiment vivante, je vous permettrez de vous marier et je te nommerai à la tête de mes entreprises les plus fructueuses. Mais dans le cas contraire, je te ferai enfermer et je te considérerai comme le responsable de sa mort ». « J’accepte monsieur mais dépêchons nous d’aller la sortir de ce casier » affirma Isaac. A leur arrivée, le médecin ouvrit le casier de Marie Jeanne. Mais son corps était toujours pâle, les cotons dans les narines et surtout sans vie. Enervé, Dian Kokaleu Nestor commença à bastonner Isaac car pour lui, ce dernier se moquait de lui et leur avait donné à lui et à sa femme un faux espoir et pour ça, il allait le lui payer très cher ! Sa femme se retourna soudainement car elle entendit le bruit des coups de pieds que Marie Jeanne générait pour se sortir de ce casier glacial et suffoquant. Elle tira le casier et vit que les yeux de sa fille étaient grandement ouverts. Elle était vivante et les premiers mots qu’elle prononça étaient : « Mon amour Isaac, je suis là pour toi, je suis revenu d’entre les morts pour te chérir et t’aimer à jamais jusque dans les gouffres de l’éternel amour… »