Il ne put s’empêcher de pleurer à chaudes larmes car il ne voulait plus jamais la revoir. Il célébrait ses funérailles en implorant et en suppliant Dieu de faire en sorte qu’il puisse oublier définitivement Marie Jeanne, cette fille qu’il aimait de tout son être ! De toutes les façons, elle était la seule fille qu’il avait réellement connu et dont il était amoureux. Mais oublier un amour qui remonte à une dizaine d’années, ce n’était pas une mince affaire car cette fille, il aimait de tout son cœur. Raison pour laquelle, il n’arrivait pas à lui en vouloir, malgré tout ce qu’elle avait dit ce fameux jour et l’humiliation qu’elle avait générée dans sa famille adoptive, cette famille qui lui avait tendu la main là où tout le monde lui avait tourné le dos ! Une famille qui lui avait apporté soutien et réconfort dans les moments les plus difficiles de sa vie. Il était confronté au célèbre dilemme entre amour et famille, et lui Isaac avait choisi son amour au détriment de sa famille mais Marie Jeanne elle, avait plutôt fait l’inverse. Ce choix, Isaac le regretta tellement qu’il sombra dans l’alcoolisme pour essayer de noyer ses soucis. Où était Enmoutef ? Que pouvait-il faire de bien important en ce moment pour ne pas voir la souffrance d’Isaac et lui prêter main forte ? N’avait-il pas signé un pacte de protection avec lui ? Isaac était à nouveau plongé dans une période noire ! Il ne faisait qu’avaler des bouteilles d’alcool dans des bars avant de tomber raide, les pupilles toutes dilatées ! Jamais on ne l’avait vu dans un état pareil ! Pauvre Isaac, il faisait peine à voir ! A croire que Cupidon lui avait filé la mauvaise personne car à cause de cette fille, toute sa vie n’a été que souffrance, misère et désolation ! Qu’avait-il bien pu faire de mal à Dieu pour mériter un tel sort ?
Un soir, pendant qu’il picolait dans un bar non loin de son domicile, il vit une charmante demoiselle s’approcher de lui. Elle était vraiment peinée de le voir ainsi, de le voir complètement détruis. L’un des problèmes majeurs qui était susceptible de lier un homme à l’alcoolisme, était le chagrin d’amour, le « goumin » comme on le dit chez nous. Après avoir échangé quelques temps avec lui, tel un médecin qui consulte son patient, elle connaissait le remède du mal qui le rongeait, qui le détruisait à petit feu. Quoi de mieux qu’une fille pour en oublier une autre ? Elle proposa à Isaac de le raccompagner chez lui. Arrivé à son domicile, elle le déshabilla pour lui faire prendre une douche. Au fond, ce qu’elle voulait s’était de se rapprocher de ce cœur meurtrit, cette âme blessée, ce cœur à prendre. Et quoi de plus logique que de le séduire en prenant soin de lui mais en satisfaisant son appétit s****l par une bonne partie de jambe en l’air.
Isaac sous l’effet de l’alcool ne put se maîtriser, il voyait Marie Jeanne en cette parfaite étrangère dont il ne savait ni le nom, ni l’âge. Il ne savait rien d’elle pourtant cette nuit-là, ils avaient bel et bien faits l’amour. Isaac était soulagé d’un désir profond repoussé par le « surmoi », celui de coucher avec Marie Jeanne et ne faisait que gémir en prononçant le nom de cette dernière lors des rapports sexuels avec la parfaite étrangère. Chose qui l’offusquait, mais qu’elle toléra. Elle était confiante et se croyait capable d’éteindre l’amour qu’Isaac éprouvait pour Marie Jeanne en une seule nuit. Et pour atteindre cet objectif, elle donna tout ce qu’elle pouvait, elle lui faisait toute sorte de pratique sexuelle pour qu’il puisse atteindre l’extase. C’est de cette manière qu’elle pensait pouvoir tuer en une nuit un amour de plus de dix ans.
Le jour se lève, et la conscience d’Isaac semblait échapper peu à peu à l’emprise de l’alcool. A son réveil, il vit couché sur lui une parfaite inconnue toute nue. Il la repoussa subitement et elle se réveilla brusquement.
- Qui es-tu ? et Que fais-tu chez moi ? Demanda Isaac.
- Tu avais l’occasion de me poser toutes ces questions hier nuit avant que nous couchions ensemble mais tu ne l’as pas fait !
- J’étais ivre
- Pourtant tu avais l’air d’adorer ce que nous avions fait !
Isaac attrapa sa tête, il était déboussolé et totalement déçu ! Il avait par cet acte et sous l’emprise de l’alcool trompé Marie Jeanne pour la première fois. Il était complètement navré et regretta sincèrement son acte de trahison même si cette dernière l’avait bien mérité car c’était elle la première à avoir trahir dans cette histoire. Toutefois, agir par vengeance n’était pas la bonne solution et Isaac en était conscient. Il donna de l’argent à cette ravissante demoiselle et l’invita à prendre la porte. Chose que cette dernière refusa catégoriquement et avec véhémence ! Elle lui fit savoir de façon très claire, franche et sévère qu’elle n’était pas une prostituée ! Il ne fallait pas qu’il se foute d’elle car elle n’avait pas couché avec lui pour de l’argent. Elle voulait lui rendre un service, l’aider à oublier son chagrin d’amour. Avant de partir, elle lui fit savoir qu’elle l’observait depuis un bon bout de temps. Elle l’appréciait et ne pouvait pas le laisser se détruire à cause d’une femme. Et comme il était dorénavant un cœur à prendre, elle voulut tenter sa chance. Ce n’était pas parce qu’elle venait de lui offrir une nuit torride qu’il allait la prendre pour une belle-de-nuit, une racoleuse, une fille de joie. Elle était célibataire certes mais responsable et gagnait bien sa vie sans l’aide d’un homme puis elle s’en alla. Isaac était vraiment navré, il venait d’agir comme un « macho » véritable, lui qui pourtant semblait être un gentleman de dernière génération. Il se mit à la poursuite de cette demoiselle afin de lui présenter ses excuses. Excuses qu’elle accepta d’ailleurs. Mais pendant ce temps, caché dans les ténèbres, guettait un espion de Marie Jeanne. Une sorte de détective privé qui avait pour mission de surveiller les moindres faits et gestes d’Isaac dans le but de savoir pourquoi ce dernier n’accordait plus de crédit à l’illustre personne de Marie Jeanne. L’espion ne perdit plus un seul instant. Il prit son téléphone portable et informa sa patronne de ce qui se passait. Complètement énervée, déçue, vexée et surtout jalouse, Marie Jeanne ordonna au détective de suivre cette fille et d’avoir le plus d’informations possibles sur elle. Elle se précipita, prit sa 4x4 afin de se rendre à Youpougon pour se disputer avec son petit ami qui venait de lui faire un coup bas. Quelques minutes plus tard, elle arriva au domicile de ce dernier toute furieuse et frappa à sa porte de manière très violente. Dès qu’il lui ouvrit la porte, elle lui donna une claque très lourde et se mit à l’agresser toute en pleure avant de s’effondrer dans ses bras. Elle ne pouvait pas supporter cette trahison. C’était trop difficile pour elle ! Ce dernier ne nia aucun fait et déversa le poids de ses actes lourds de conséquences au compte de l’alcool. Elle était vraiment déçue de lui et se retourna toute en larme et surtout encore furieuse. Elle avait une soif de représailles hors du commun et cela tombait bien, elle allait pouvoir se défouler sur cette fille qui avait osé fouler son territoire et qui avait en prime goûté au goumi de son homme de manière exclusive. Et ça, elle ne pouvait la lui pardonner.
Deux jours plus tard, son détective la contacta pour lui donner les informations qu’elle désirait sur cette mystérieuse demoiselle qui avait eu l’exclusivité du goumi d’Isaac. Elle en était ravie et ne tarda pas à contacter quelques membres de la garde spéciale de son père non seulement riche homme d’affaire et politicien pour que ces derniers lui rendent un service. Elle leur demanda de bastonner cette fille copieusement ! Elle mit à leurs dispositions le nom de la fille, son adresse, une photo d’elle et une enveloppe bien remplie. Tout ceci était suffisant pour mettre cette pauvre demoiselle dans un état très pitoyable dans son quartier en pleine journée sous les yeux de tous et sans que personne ne lui vienne en aide. Comme quoi à Abidjan, chacun a ses problèmes !
Après l’avoir durement bastonné, l’un des hommes se chargea d’effectuer l’ordre le plus précieux que Marie Jeanne leur avait enjoint : celui d’uriner sur la pauvre fille en public histoire de faire passer un message très profond par le canal d’une humiliation inhumaine. Au même moment, elle appela Isaac au téléphone pour lui annoncer une mauvaise nouvelle. En effet, pour obtenir le poste de ministre, son père avait promis à un proche du président de la République de lui donner sa fille en mariage. Ne désirant pas briser la carrière politique de son père en pleine ascension, elle accepta. Mais son amour pour Isaac n’allait pas mourir ainsi. Elle lui offrira un poste huppé dans le domaine de l’administration s’il accepte de devenir son amant. Isaac était certes pauvre, mais très fier de lui et du peu que Dieu lui donnait. Il avait foi en son Dieu et savait que celui-ci lui avait prévu un avenir grandiose. Le moment de sa consécration n’était peut-être pas encore arrivé, mais il avait la foi. C’est donc sans surprise qu’il refusa cette proposition que plein d’entre nous aurait accepté avec joie. Il avait même dit ce jour-là que : « Si jamais tu acceptes ce mariage, alors tu m’oublies et ce pour toute l’éternité ! ». Elle était face à ce même dilemme. Elle était partagée entre choisir la carrière politique de son père, ce lui qui l’aimait et qui faisait du mieux qu’il pouvait pour leur garantir un avenir meilleur et son amour, son petit ami, celui qu’elle aimait, celui avec qui elle partageait son corps depuis plus de dix ans, celui dont la compagnie était plus qu’appréciable, celui qui savait comment lui redonner le sourire quand tout allait mal, mais aussi celui qui n’avait pas hésiter à se blottir dans les bras d’une autre juste par frustration. Rien ne vaut plus cher que la famille. On pouvait dire regardez celui-là, c’est mon ex-mari ou celle-là, mon ex-femme, mais jamais au grand jamais on ne pouvait parler d’un soi-disant ex- frère ou ex-père, ça n’existe pas. Cette pensée vient corroborer le fait que la famille, c’est sacrée ! On pouvait choisir son conjoint, choisir ses amis ! Mais on ne choisit pas sa famille ! Peu importe les attitudes de nos frères et sœurs en vers nous, nous ne pouvons pas, nous ne possédons pas ce pouvoir-là de rompre les liens du sang ! Alors, Marie Jeanne accepta la proposition de son père, acte par lequel elle brisait définitivement tout lien avec Isaac.
Deux semaines plus tard, les préparatifs de son mariage étaient fins prêts. La robe de mariée était soigneusement choisie dans un grand magasin de Paris. C’était une robe de princesse gigantesque faite de dentelle, de soie et de fil d’or. La confection de cette robe avait mis une année entière et son prix était vraiment exorbitant. Elle n’aimait pas l’homme avec lequel elle allait se marier, mais elle était plutôt ravie de réaliser le mariage de son rêve, un mariage que jamais Isaac ne pouvait lui offrir même après trente années passées à économiser l’insignifiant salaire qu’il recevait mensuellement. Et de toutes les façons, l’amour entre elle et son nouveau conjoint allait s’installer petit à petit même s’il ne se connaissait pas assez. En plus, ce monsieur légèrement plus âgé qu’elle n’était pas si mal non plus. Il était distingué, grand, élégant, mignon, doux, millionnaire bref il avait toutes les qualités qu’elle recherchait chez un homme.
Son père Dian Kokaleu Nestor était très fier de sa fille car elle était très intelligente. Elle avait su faire le bon choix. En prime, elle avait même pu couper les ponts avec ce minable qu’elle aimait. Ce bon à rien qui ne pouvait lui offrir l’avenir qu’elle méritait. Mais ce qu’il ignorait, c’est qu’on ne sait pas par quel moyen, mais Isaac avait réussi à joindre Marie Jeanne au téléphone pour la supplier afin qu’elle mette fin à ce mariage arrangé car elle ne serait pas heureuse dans ce foyer. L’homme qu’elle allait épouser à Paris dans trois jours était un véritable démon qui n’avait aucun respect pour la gent féminine et qui était connu pour battre les femmes et ce même depuis sa tendre jeunesse. Isaac avait fait sa part en l’avertissant. La dernière décision ne dépendait plus que d’elle. Elle était libre de croire ou non en ce qu’il disait, mais il tenait à avoir la conscience tranquille en la mettant en garde ! Ce mariage était un piège à rat qui n’allait pas lui être favorable. Marie Jeanne aveuglé par l’argent et l’envie de faire plaisir à son père, n’allait pas tenir compte des avertissements d’Isaac. Elle le traita de jaloux, d’envieux. Elle affirma même qu’il était un sorcier, qu’il ne supportait pas de la voir heureuse sans lui. Mais comme prix de consolation, il avait toujours la possibilité d’accepter l’offre qu’elle lui avait faite. Offre que ce dernier refusa à nouveau. Il ne voyait plus l’intérêt de se tourmenter pour cette fille. Marie Jeanne n’était plus la même et son tuteur avait vu juste. Il était réellement impossible qu’une fille aussi riche puisse se marier avec un pauvre ! L’inverse serait peut-être possible, et se verrait octroyer la qualification de miracle ! Et cela, Isaac l’avait finalement compris et décida de mettre définitivement un trait sur cette relation. Il n’allait plus jamais penser à elle, il allait couper tout lien les unissant.
La veille de son mariage, en plein sommeil, Marie Jeanne reçue la visite d’Aklilu. Cette dernière était là pour lui donner un dernier avertissement car son bonheur dépendait d’Isaac. Peu importe celui avec qui elle serait, si ce n’était pas Isaac, cette relation serait vouée à un échec cuisant. D’ailleurs, celui qu’elle voulait épouser était un loup déguisé en agneau qui n’avait qu’un seul but coucher avec elle, la mettre dans un foyer et la traiter de la même manière que l’on traitait les chiens ! Et son père allait être dans une impasse profonde car si jamais il brise ce mariage pour sauver la vie de sa fille, il pouvait mettre une croix sur son poste de ministre et l’accroissement de sa fortune. Voici donc le destin qui lui était réservée et Aklilu prit le temps de lui montrer ce funeste futur de manière bien précise. A son réveil, elle paniqua et se rendit compte de l’énorme erreur qu’elle allait commettre le lendemain matin dans la Mairie de Paris. Elle contacta un de ses hommes les plus fidèles afin que ce dernier élabore avec elle le plan de son invasion car ce mariage, elle n’aura pas lieu ! Il réussit à mettre la main sur un Jet privé qui serait libre aux environs de quatorze heures. Elle devait donc tout faire pour rester introuvable pendant quatre heures de temps avant de rejoindre l’aéroport de Paris dans lequel l’avion serait mis à sa disposition. Le lendemain matin, accompagnée de ses hôtesses et de sa mère, elle partit se faire belle dans un salon de beauté Parisien. Le mariage était prévu pour dix heures. Les invités étaient vraiment d’illustres personnalités du pays et même de presque tous les pays dans lesquels son père avait des entreprises. Après s’être fait belle par un « make up » soigneux, elle demanda à se rendre à la mairie toute seule avec personne d’autre à bord de sa Limousine de couleur Blanche sauf son chauffeur bien évidement. Et ce chauffeur était celui de son futur époux donc rien de bien suspect. Le véhicule démarra en partance pour la mairie du treizième arrondissement de Paris. Au niveau de la Place d’Italie non loin de la mairie du treizième arrondissement, Marie Jeanne demanda au chauffeur de ralentir car elle avait un malaise et ne se sentait pas trop bien. Chose que fit le chauffeur. Quelques instants après être descendu du véhicule, une voiture de couleur noire s’approcha timidement comme s’il venait vers eux. Marie Jeanne se mit tout à coup à courir malgré la longue et encombrante robe de mariage qu’elle avait portée pour monter à bord de cette voiture noire qui venait à contre sens de la Mairie. Le chauffeur de la Limousine se mit à leur trousse, mais il est rapidement semer et perd leur trace. Marie Jeanne à bord de ce véhicule fonce en direction de l’hôtel de la réunion. Dans leur plan, c’était dans cet hôtel qu’elle devait se cacher avant de prendre un Jet privé dans quatre heures de temps à l’aéroport d’Orly en partance pour la Côte d’Ivoire.
Tout paniqué d’avoir perdu la mariée, le chauffeur approcha monsieur Dian Kokaleu Nestor et l’informa de l’incident. Celui-ci se dépêcha de prendre son téléphone portable et d’appeler sa fille qui décrocha son appel. Au téléphone, elle lui demandait de l’excuser, de lui pardonner. Elle était consciente de l’effet grandiose de honte qu’elle allait générer mais que c’était une question de vie ou de mort. Son père ne voulait rien savoir et exigea qu’elle revienne à la mairie immédiatement si elle ne voulait pas qu’il se mette réellement en colère contre elle au point même de la renier. Elle lui expliqua qu’elle n’aimait pas son futur époux et que ce dernier avait un passé très sombre et qu’une fois mariée, il allait lui mener la vie dure mais aussi à lui son père. Ce dernier la rassura. Il lui demanda de revenir à la mairie pour qu’ils puissent en parler tous les deux comme de vrai adultes. Marie Jeanne refusa quand même et c’était pour la première fois qu’elle lui désobéissait. Contrarié, il dépêcha ses hommes guidés par le chauffeur de son gendre pour qu’ils aillent à la recherche de Marie Jeanne. Il informa son épouse, la docteure Tossaleu Geneviève de ce qui se passait et surtout de la honte horrible que leur fille allait susciter car pour un tel mariage, les journalistes avaient été invités. Il faisait de son mieux pour régler le problème avant que la belle famille de sa fille ne soit informée de cette fugue. Dans le cas contraire, imaginez le scandale que cela engendrerait. Surtout avec la presse de l’opposition également présente sur les lieux du mariage. Tous les invités étaient présents, le marié et sa famille attendaient l’arrivée de sa future épouse depuis près d’une heure de temps et cette dernière n’était toujours pas arrivée. Le maire avait perdu patience et commençait à se plaindre car il y avait d’autres mariage à célébrer. L’équipe de recherche n’apportait aucune information concrète ; Marie Jeanne était introuvable dans tout Paris.
Heureusement pour elle qu’à cette période, le système de vidéo surveillance n’était pas très performent que celui de nos jours sinon retrouver Marie Jeanne serait un jeu d’enfant. Le marié et sa famille en rognent se défoulaient sur les parents de Marie Jeanne. Ils étaient réprimandés sévèrement et leur fille était traitée de gamine, d’inconsciente et surtout d’enfant pourrie gâtée qui faisait des caprices sans penser aux retombés négatifs que ses actes engendreraient. La presse de l’opposition était servie sur un plateau en or. Les scoops s’enchaînent dans les maisons de journaux d’Abidjan. L’aéroport Charles de Gaulles de Paris est envahi par des hommes en costume noir, tous à la recherche de Marie Jeanne. Exaspéré et humilié, le futur mari de Marie Jeanne demanda à son père d’annuler leur accord et de radier Dian Kokaleu Nestor de leur parti politique. Il était profondément touché à l’entente de cette nouvelle et piqua une crise. Des photographes de l’opposition s’empressent d’immortaliser le moment. Quelques minutes plus tard, il est conduit dans une ambulance à l’hôpital le plus proche. Sa femme toute en pleure tenta à mille reprise de joindre sa fille mais sans succès. A quatorze heures pile, Marie Jeanne tel un rat d’égout tapis dans l’ombre et déguisé, rejoint l’aéroport d’Orly pour s’envoler en direction de la Côte d’Ivoire. Son futur mari abandonné et surtout humilié n’allait pas se laisser faire aussi facilement. Il paya des mercenaires afin que ces derniers éliminent Marie Jeanne à son arrivée à Abidjan. C’était sa manière à lui de se venger de l’affront que Marie Jeanne avait produit. Un scandale qui ternirait sa réputation ainsi que celle de sa famille et ça, il ne pouvait le tolérer.
De retour en Côte d’Ivoire il y a deux jours de cela, Marie Jeanne se rendit dans la commune de Yopougon pour rencontrer Isaac. Tout Abidjan était au courant de la nouvelle, il faut dire que la presse et les médias adverses avaient bien faits leur travail et pouvaient en tirer profit. Les parents de Marie Jeanne toujours à la recherche de leur fille pour lui offrir une punition méritée voire même la déshériter à cause de la honte qu’elle avait non seulement générée, mais aussi en raison de la rétrogradation politique de son père. Et de cette rétrogradation, il l’en était vraiment pas fier. Il savait pourquoi sa fille avait agi ainsi : à cause de son amour pour ce sans avenir, ce minable d’Isaac. Ce dernier n’allait pas s’en sortir aussi facilement car il allait user de tous les moyens dont il disposait pour le faire incarcérer à perpétuité. Il avait la haine contre ce pauvre Isaac et voulait tout faire pour le détruire.
Une fois chez Isaac, Marie Jeanne déguisée à cause de la presse frappa à la porte. Quand il sortit et qu’il l’a reconnu, il ne put s’empêcher de la prendre dans ses bras et de la serrer très fort. Nos deux tourteaux étaient heureux ! Isaac n’allait pas perdre son amour et cette fois-ci, Marie Jeanne était prête à prendre des risques pour lui, son seul et unique amour Isaac. Elle lui proposa de quitter le pays là tout de suite pour qu’ils puissent aller vivre ailleurs car jamais son père ne lui pardonnera une telle trahison. Isaac n’était pas du même avis. Il pensait qu’à l’aide des preuves qu’ils avaient recueillies contre le neveu du président de la République, son père allait lui pardonner. Marie Jeanne n’était pas convaincu, tout ce qu’elle voulait, c’était partir loin, très loin d’ici. Isaac insista pour qu’ils aillent ensemble chez les parents de cette dernière. Il ne pouvait pas supporter le fait que Marie Jeanne, habituée au luxe, vive dans la misère par amour pour lui ! Non ! Il ne pouvait l’accepter ! Même s’ils ne se mariaient pas, il préférait la voir heureuse et épanouie. Il préférait encore piétiner son orgueil pour devenir son amant, qu’être son mari et de la savoir très mal alaise dans la pauvreté ! C’est ainsi qu’ils prirent ensemble la décision de justifier l’acte de Marie Jeanne auprès de ses parents. Toutefois, ils étaient suivis par un véhicule depuis un bout de temps et ne l’avait même pas remarqués tellement qu’ils étaient inquiétés par la manière dont réagiraient les parents de Marie Jeanne. A un moment donné, le véhicule étrange leur barra la route. De ce véhicule, des hommes armés descendirent et se mirent à ouvrir le feu. La cible était clairement Marie Jeanne. Elle fut gravement touchée par quatre balles dont deux dans l’abdomen, une dans le bras droit et une autre à la cuisse gauche. Isaac quant à lui était hors de tout danger car il avait été simplement effleuré à l’épaule par une balle. Il se dépêcha d’alerter les secours le plus vite possible. Une ambulance fut emmenée pour l’évacuation d’urgence de Marie Jeanne au CHU de Yopougon. Triste mais animé par une foi inébranlable se tenait Isaac au chevet de Marie Jeanne lui serrant la main. Il était prêt à tout donner pour qu’elle survive. C’était toujours ce même Mercredi matin de Septembre deux-mille neuf que sonna le téléphone de Dian Kokaleu Nestor, il décrocha :
- Allô !
- Bonjour monsieur, votre fille vient d’être victime d’un attentat, des hommes lourdement armés ont ouvert le feu sur son véhicule par miracle elle respire encore mais son état est très critique vous devez venir le plus rapidement Possible au CHU de Yopougon.
- Ho ! Mon Dieu ! J’arrive tout de suite ! Dit-il
Il informa son épouse et tous deux prirent rapidement le chemin pour se rendre au CHU de Yopougon. A leur arrivée, ils virent Isaac le bras ensanglanté au chevet du lit de leur fille. Dian Kokaleu Nestor ne put se maîtriser plus longtemps. Il fonça sur Isaac comme un lion affamé sur un zèbre fragile. Il le prit par les colles et le coinça contre le mur. Son épouse et le médecin tentent de le calmer et de lui rappeler qu’il n’était pas ici pour Isaac mais pour sa fille. Il promit à Isaac de le détruire et qu’il avait « sa parole ». Isaac lui expliqua clairement qu’il n’avait rien à avoir dans cette histoire et que le véritable responsable de l’état de sa fille en ce moment c’était Dian Kokaleu Nestor lui-même. Aveuglé par son ambition politique, il a conduit sa fille à l’abattoir car le neveu du président était effectivement le coupable de cet attentat. Il n’avait que pour but de faire souffrir Marie Jeanne car il ne l’aimait pas. Dian Kokaleu Nestor ne voulut rien savoir et demanda immédiatement à ce qu’Isaac sorte de la chambre d’hôpital de sa fille ! Il ordonna à ce que les gardiens ne laissent plus jamais Isaac s’approcher cette chambre ! Pendant ce temps, l’état de santé de Marie Jeanne se détériorait. Elle passa d’un état semi-conscient à celui de coma total.