XVEn ce mois d’octobre 1947, la France était plus que jamais exsangue. Le moral de la nation était au plus bas, le marché noir florissant. Maurice Thorez, secrétaire du PCF, venait de déclarer que le moment était propice « pour imposer un gouvernement démocratique où la classe ouvrière et son parti exercent enfin un rôle dirigeant ». Et aussitôt, la vague des grèves, dont l’amplitude croissait depuis des mois, devint tempête, au point que les digues de la République menacèrent de se rompre. Limoges ne fut pas épargnée, bien au contraire. Amédée était arrivé le matin même dans la capitale de la porcelaine. Il arpentait le trottoir du boulevard de la Cité depuis une bonne demi-heure. S’il était au courant du climat social, grâce à la TSF, là, au cœur même de la ville, il se trouvait confron


