Ariel
J’étais assise à l’arrière pendant qu’il démarra la voiture en direction de je ne sais où.
Tous ces non dits commençaient à me mettre mal à l’aise et je finis par tenter le tout pour le tout.
- S’il vous plaît monsieur…
- Odaki…
- Monsieur Odaki, vous savez pourquoi je suis là ?
Il me lança un regard étonné à travers le rétroviseur puis se concentra sur la route.
- Je l’ignore madame, je ne fais que suivre les ordres!
- Ok, d’accord merci…
Je restais silencieuse un instant puis regarda à l’extérieur.
Le paysage était magnifique et l’architecture autour très moderne, tout ca était différent de chez moi.
Si je me rappelle bien, il me semble bien que je soit au Japon, un pays très en avance sur notre ère et tout ce que je voyais me le prouvais.
- Odaki, sommes nous à Tokyo?
- Non madame, plutôt à Osaka!
- Osaka… c’est super beau!
Il ne me répondit rien avant de se garer en face de ce qui semblait être un institut de beauté.
Nous descendions tout les deux pendant que je le suivais à l’intérieur de la bâtisse.
Si l’on m’avais dis que j’allais faire des soins dans ce type d’institut, j’allais parier que non!
Les murs en marbre blanc et gris nous offrait une chaleur hors paire révélant le luxe que j’avais de pénétrer dans ce genre d’endroit.
La clientèle majoritairement japonaise me fixait d’un air interrogateur, il ne devait pas avoir beaucoup de personnes de peau foncée qui passait par ici.
Odaki parla avec la gérante du coin qui s’était avancé vers moi et elle posa son regard sur moi avant de froncer les sourcils, j’ignorais pourquoi mais j’avais l’impression que j’allais avoir du mal à me faire accepter ici!
Peu de temps après il s’avança vers moi puis m’invita à suivre la dame.
- Odaki, j’ai l’impression que pas trop de personnes m’aiment ici!
- C’est juste que nous les Japonais on est très conservateurs, du coup les étrangers nous rendent un peu septique, on craint un peu qu’ils bafouent nos traditions et cultures, sinon on est plutôt sympathique !( Dit-il sans sourire).
Au moins il avait réussi à me parler en faisant une phrase normalement constituée.
- D’accord merci!
Je rentrais dans une pièce avec la dame qui s’était entretenue avec Odaki pendant que lui il resta devant.
- Bonjour madame, j’espère que vous allez bien, alors vu que vous êtes une invitée de monsieur Kisoya, je vais moi même m’occuper de vous !
- Bonjour…
- Ne soyez pas timide et mettez vous à l’aise, je suis Akani Kurai, la gérante de cet institut, de ce que votre garde de corps à dit, vous allez avoir droit à une séance de spa relaxante puis d’un massage au pierre.
Après quoi, on vous fera une séance beauté comprenant un bain d’argile, un soin de visage et de corps, une épilation complète, une pédicure manucure, une régulation des sourcils et d’une extension des cils.
On terminera donc avec votre coiffure, une pose d’une d’extension naturelle incroyable et ne vous inquiétez pas, l’une de ne coiffeuse est une pro des tresses africaines !
Je la fixais essayant d’accumuler tout des nouveaux mots dans ma tête puis secoua la tête.
- Ok merci!
- Et ne vous inquiétez pas, comme Odaki l’a dit, on est pas racistes, juste méfiants envers les étrangers qui ne comprennent toujours pas nos principes de vie!
- Oh, je ne serai pas contre des cours de savoir-vivre Japonais !
- Parlez en à votre hôte et s’il est d’accord je me ferai un plaisir de vous donner des cours!
Après notre petit entretien je commençais mes soins et je dois dire que je ne m’étais jamais senti aussi bien.
Qu’il s’agisse des bains au massage, passant par les soins, ce fut un incroyable moment de détente.
J’avais apprécié l’étendue des services sauf bien sur l’épilation qui était quelque soit peu douloureuse.
Finalement, je me regardais dans le miroir et je restais marbre face à la personne qui était dans le reflet, j’avais jamais été aussi belle.
- Je… wow, c’est un travail incroyable !
La coiffeuse semblait ravie de mon commentaire pendant que je touchais ma wigs, elle était lisse et soyeuse, on aurait dit mes vrais cheveux !
Je me levais donc de la chaise, remerciant Akani et toute les filles qui avait pris soin de moi avant d’aller rejoindre Odaki.
Dès qu’il me vit, il cligna plusieurs fois des yeux avant de me raccompagner jusqu’à la voiture !
- Tu avais raison Odaki, ces femmes sont vraiment incroyables ! C’est quoi la suite?
- Monsieur Kisoya m’a demandé de vous fait faire une garde robe digne de lui.
- Digne de lui?! Que suis je sensée comprendre ?!
Il ne répondit pas me laissant faire ma propre déduction, il voulait sûrement faire de moi son escorte !
Ma joie naissante disparue aussitôt me rappelant dans quel condition j’étais arrivée là !
La voiture roula pendant quelques autre minutes avant de se garer devant un centre commercial.
Cependant ce fut Odaki qui fit les courses vêtements, produits de beauté et maquillage, je me contentais simplement de faire les essayages, trop occupée à m’inquiéter de ce qui se passerait une fois que je serai de retour à la maison de monsieur Kisoya.
Après près de deux heures nous prenions la voiture, direction sûrement la maison.
Je m’imaginais tout les scénarios de ce qui pourrait se passer, allait t’il me forcer, me brutaliser, ou même me torturer?! J’en avais la gorge nouée rien qu’à y penser.
- Madame voudrai allez quelque part avant de rentrer?!( Me demanda Odaki, me faisant sortir de mes pensées).
- Il y a une église dans les environs?!( Je demandais d’une voix angoissée).
Il me fixa un instant à travers le rétroviseur puis fixa encore la route.
- Des églises, je n’en connais pas mais il y a des temples shinto!
Mais à quoi je m’attendais, je n’étais plus en Côte d’Ivoire, et puis je ne pouvais pas trier, après quoi il y avait un seul Dieu.
- Tu peux m’y emmener ?!
- Oui, bien sûr !
Il me conduit jusqu’au dit temple et après avoir allumé une tige d’encens comme tout le monde, je me mis à prier en pleurs, je voulais arrêter de souffrir, je ne voulais pas qu’il me fasse souffrir plus que je n’avais souffert depuis la mort de mes parents jusqu’à maintenant.
Après quoi, j’essuyais mes larmes avant de rejoindre Odaki dans la voiture, en route pour rejoindre mon destin.
Une fois dans le domaine, Odaki chargea mes courses, aidé d’autres hommes jusqu’à ma chambre qui à ma grande surprise avait été redécorée avec des couleurs sobres et chaleureuses, des meubles élégants et un design authentique, tout ça en une demie journée, c’était un travail de professionnel !
Une fois seule dans ma chambre, je me mis à ranger toutes les courses à leur place, les vêtements dans les placards, la lingerie, les chaussettes et les accessoires dans les tiroirs, les chaussures sur les étagères du bas, le maquillage et les produits cosmétiques sur la coiffeuse et ses tiroirs, et les produits de toilette dans l’armoire des toilettes.
Après ces tâches, je pris un bain avec mes nouveaux produits et mes huiles essentielles, coiffa ma Wig avec des bigoudis avant de les ranger sous mon chapeau en satin, enfilais une de mes robes nuisette en soie qui coutait sûrement une fortune et m’assis sur le lit quand la porte s’ouvrît, c’était lui, monsieur Kisoya.
Dès qu’il me vit, il fronça les sourcils avant de prendre la chaise de ma coiffeuse et de s’asseoir en face de moi.
- Tu es déjà prête pour aller au lit?!
- Oui, je m’étais dit que…
Je ne terminais pas ma phrase, terrorisée à l’idée de ce qu’il allait me faire puis déglutit.
- Si vous voulez je me rhabille plus décemment !
Il arquât aussitôt les sourcils puis se tint debout avant de s’asseoir près de moi, ses doigts se posèrent sur mes joues et je me crispais, c’était le moment tant redouté.
Mon corps tremblait comme une feuille agitée par le vent pendant qu’il leva lentement ma tête du bout de ses doigts me forçant à le regarder.
- Pourquoi tu es aussi tendue Ariel ?!( Sursurra t’il)
Quand mon regard croisa le sien, mon corps se figea aussitôt et mon sang cognait violemment contre mes veines, son regard n’était plus le même que celui de la veille, il n’était plus froid et gelé, mais sombre et angoissant, c’était du désir.
- Monsieur Kisoya, non…