CHAPITRE 28A Genève, les derniers rayons du soleil d’avril entrent par la fenêtre ouverte d’une chambre de l’hôtel de la Couronne. Ils caressent la vieille tête d’Ostermann-Tolstoï, installé dans un large fauteuil. Ce dernier attend avec impatience la visite du père Vassili Polissadov, ancien recteur de la paroisse orthodoxe russe auprès de l’ambassade à Berne. En 1848, l’église de Berne ayant été fermée pour des raisons politiques, le prêtre est obligé de se déplacer pour célébrer les Pâques et répondre aux besoins spirituels des orthodoxes de Suisse romande414. A plusieurs reprises, Polissadov a rencontré le comte à Genève. Pierre Gavard, le valet de chambre du général, avait coutume d’aller au devant du prêtre en l’accueillant par ces mots : « Monsieur le comte Ostermann a plusieurs f


