Un mois plus tard, tandis qu’à Moscou toutes les cloches sonnent pour annoncer le couronnement du tsar Alexandre II, tandis que ce dernier reçoit la couronne garnie de diamants surmontée d’une croix, tandis que résonnent les merveilleux chants de joie dans la cathédrale de l’Assomption, le comte, installé sur une chaise longue devant la maison des Crêts face au lac et aux montagnes bleues, laisse ses regards errer vers les sommets blancs. Ses pensées s’envolent vers la Russie, son pays bien aimé. Y retournerait-il s’il en avait encore la force et vingt ans de moins, à présent que le tyrannique autocrate a été remplacé par son fils ? Ostermann soupire. En Russie, il y a longtemps qu’on a oublié Kulm et les héros des guerres napoléoniennes. Tous ses compagnons d’armes dorment de leur dernier


