A l’ouest de l’immense arc de cercle que trace la Volga, une ville s’est bâtie : Samara, fière de ses 92.000 habitants, est établie au confluent de la rivière du même nom, dont la vallée ouvre au chemin de fer de Moscou à Orenbourg un facile accès. Centre d’un pays riche où la culture intensive du blé ne le cède qu’à l’élevage productif de la jument 97, Samara, il faut l’avouer, convenait à merveille de point de rassemblement à la formidable armée moscovite. Au nord et au sud, par le fleuve, par la Kama que les bateaux à vapeur remontent jusqu’à Perm, par la ligne ferrée Samara-Orfa-Tcheliabinsk, par celle de Penza et de Toula, par Taimbov et Saratow, les convois d’hommes et de chevaux, de vivres, de munitions, pouvaient être rapidement et sûrement acheminés. Mais, comme l’avait fait re


