VIILa nuit fut employée bien différemment par les deux armées en présence. Robert-Robert avait fait une loi du silence et du repos, afin que ses troupes se remissent parfaitement de leurs fatigues, et conservassent toute leur vigueur pour le moment décisif. Du haut du monticule où il avait établi son quartier-général, il vit, au contraire, les Mozambiques et les Jalafes dépenser d’avance leurs forces en de folles orgies. Leur camp ressemblait à une fête immense : on y buvait jusqu’à s’enivrer, on y dansait jusqu’à tomber de lassitude. Le goura, le gamelpoz et les rabouquins y mêlaient continuellement leur sauvage harmonie au son de gros tambourins que le doigt des joueurs faisait retentir d’une manière assourdissante. Tel était l’orchestre de ce bal vraiment diabolique où les ennemis se li


