IXLe lendemain, un très jeune homme, à la tête d’une armée triomphante, précédé d’un millier de captifs et d’immenses dépouilles, entouré d’une foule innombrable qui poussait des cris de joie ; ce jeune homme s’avançait pompeusement, porté sur un pavois en branches de bambou, vers la ville capitale de Bambara, aux portes de laquelle l’attendaient les vieillards sacrés, revêtus de leur costume sacerdotal, et dans une respectueuse attitude. Cet adolescent, c’était Robert-Robert. Le grand Woodnous, chef des cérémonies religieuses de ce peuple, lui dit d’une voix nasillarde, mais solennelle : – Sois le bienvenu, ô blanc, ô vainqueur de nos ennemis ! Tu nous as fait remporter la victoire, tu as rempli ta promesse : c’est à nous de remplir la nôtre. Le trône devait appartenir au plus vaillant


