De toute la nuit, je n'avais pu dormir.
Mme Figaret avait preuve d'une si grande cruauté, comme à son habitude. Le pauvre animal. J'aurais mieux fait de le laisser s'éteindre dans les bois. Il aurait eu une fin plus paisible.
J'expirai fortement, et me laissai retombé sur mon lit, les bras tendus, le regard vers le ciel.
Hier, j'aurais voulu lui verser mon plat sur le visage. Toutefois, je me suis retenu par respect pour son âge, mais aussi pour son fils.
Soudain, on toqua à ma porte. C'était sûrement lui.
— Entrez Eden, dis-je en me remettant en position assise.
Une minute ne s'écoula guère, qu'il avait déjà en franchit le seuil, la refermant avec sa main qui n'était pas prise.
— J'espère que votre ventre crie famine, car j'apporte le petit-déjeuner, déclara-t-il en souriant, dévoilant ainsi ses fossettes.
— Je vous souhaite le bonjour Eden, merci pour votre attention.
— Je vous en prie, dit-il en s'installant sur mon lit. Le plateau au milieu de nous.
— Vous me semblez matinale, qu'est-ce qui vaut la peine que vous ne vous aillez point dévêtit de votre habit de nuit. On aurait pu partager le petit-déjeuner à la salle à manger, il ne fallait pas ainsi vous gêner.
— Pour commencer, argua-t-il en beurrant des tartines, ma mère n'est point présente, et Sarah est fatigué, je ne me voyais pas partager le petit petit-déjeuner avec vous dans une salle de repas vaste comme la vôtre, alors que nous pouvons être plus proche dans votre chambre.
Il déposa une tartine et en reprit une nouvelle, puis il continua :
— Et pour terminer, hier vous avez quittez le repas de manière impromptue, et vous vous êtes enfermé dans votre chambre, alors je me suis dit que vous devriez avoir faim au réveil. Vous n'avez rien avalé Ethan. Il me passe l'envie de retrouver le jeune peu vigoureux de nos premières rencontres, dit-il en riant, m'offrant également une des tartines qu'il avait beurré.
À quoi faisait-il allusion lorsqu'il disait " peu vigoureux " ? Me trouvait-il faible, chétif, en tant qu'homme ? Ne suis-je pas assez, pour lui, représentatif d'un idéal masculin ? N'ai-je pas une barbe ?
Sont-ce les raisons qui le pousse à toutes ces attentions. Parce qu'il me trouve faible, et se dit qu'il doit me venir en aide ? Parce qu'il trouve que je ne suis pas capable de me débrouiller par ma propre personne. Parce que je ne suis pas assez fort et homme comme lui ?
— Vous ne mangez pas ? me demanda-t-il en levant les sourcils et en buvant sa tasse de thé.
— Je n'ai pas assez faim ! Je vais prendre ma douche, excusez-moi !
— Y a-t-il un problème, ai-je fait ou dit quelque chose de mal ?
— Non, ne vous inquiétez pas. Profitez plutôt du repas, un vrai homme doit savoir prendre des forces ! Veillez, m'excuser, disais-je en ouvrant la porte de la salle d'eau.
Il était quatorze, et je m'adonnai à l'un de mes plaisirs : la lecture. Après qu'Eden m'eut fait sa remarque déplacée, je ne l'avais plus revu de la journée. Et c'était mieux ainsi.
Soudain, on sonna à la porte. Et lorsqu'elle s'ouvrit une voix particulière demandait après moi.