RABBIT

695 Mots
Eden et moi fûmes en balade, dans la forêt. Les chevaux avançaient lentement, nous permettant d'échanger. — Vous me paraissez bien lointain depuis ce matin Ethan. Cela se ressent même au travers de nos discussions. Quelque chose semble accaparer votre esprit. Avez-vous un problème ? Je me tournai vers lui. Et sans préparation, je lui dis : — Que pensez-vous du viol, du viol d'homme ? Ses sourcils se levèrent. Le vent souffla. Quelques feuilles virevoltèrent. Nos chevaux cessèrent leurs galops. — Ma foi, que puis-je bien répondre à cela à part que je trouve tout type de viol et violence immonde. Aucune personne ne devrait subir cela. Être amputé de sa dignité n'est guère réjouissant. En reprenant les pas, il continua : — Ce genre de chose me fait penser à des accidents. Quand cela arrive à un inconnu, on peut avoir une idée de la douleur. Mais lorsque c'est à nous, ou même à l'un de nos proches, on le vit comme l'enfer. La réponse de mon cousin à cette histoire, forgea plus d'estime à son égard. J'en vins à me fustiger pour avoir eu ce rêve où il fut mon bourreau. Il était, désormais à mes yeux, incapable d'une telle infamie. Et j'en ressentis une très grande joie. Soudain, mon regard fut attiré par une forme indistincte dans un buisson. Mais ce qui éveilla plus mon attention fut les cris qui en venaient. Je m'arrêtai et me dirigeai vers cet endroit sous les questionnements d'Eden. En découvrant les feuilles, je fus pris de compassion pour un lapin dont la pâte était toute couverte de sang. Elle était entre les racines d'un arbre et elle semblait cassée. Je parvenais mal à l'y extirper sans créer chez la bête de la crainte, et de l'agitation. Ce qui rendait plus difficile son sauvetage. Soudain, Eden me dit : — Laisses moi faire, dit-il en voulant m'écarter. — Non ! La fermeté de ma réponse le stoppa dans son mouvement. — Je ne suis point une frêle personne pour que vous me portiez soutient à la moindre occasion, tout comme vous je suis un homme et j'ai capacité à me passer de votre aide. Une pause se marqua. Je m'étais trouvé assez dur avec lui, mais la faiblesse donc j'ai fait preuve dans mon rêve, et l'aide perpétuel que m'apporte Eden, m'avait habillé de honte. Un homme incapable de dégager un animal d'une branche, serait-il capable de se défendre face à une autre qui veut le souiller ? Non, je ne pense pas. — Veuillez m'excuser, je n'avais point remarquer mon intrusivité. Je m'en excuse. Sa voix hésitante, voilée, me fit comprendre l'âpreté de mes propos. J'en fus désolé pour lui, mais je m'en excusai guère tout de même. Après bien de mal, je réussis à déloger l'animal. Je l'enveloppai dans ma veste et je regagnai ma monture. Les chevaux firent à nouveau des pas et nous prîmes la direction du manoir. Arrivé à la demeure, je confiai l'animal à l'un des employés pour qu'il puisse penser ses plaies. En espérant que cette vie puisse être sauvée. Lorsque nous nous retrouvâmes tous pour partager le dîner. Je fus surpris que ce ne soit pas, ce mercredi, comme à l'accoutumée, des légumes du potager qui furent servis. Mais plutôt de la viande, dont l'odeur était délectable. Dans ma bouche, de la salive y était à profusion. — Candice m'a informé que vous avez sauvé un lapin et que vous l'aviez ramené avec vous de votre ballade, entama Mme De Figaret en prenant une bouchée de la viande. — L'honneur revient à Ethan et à sa généreuse âme. dit Eden en me regardant, m'offrant un sourire. Sauf que je me détournai assez vite de sa face. La honte, de ce que je lui fis, me saisissait toujours. — Cela ne m'étonne guère, et pourquoi ? Je suis curieuse de le savoir, dit-elle avec désinvolture. — Je trouve que chaque vie mérite d'être préservé. Bien trop précieuse et fragile. déclarai-je. — Sachez donc messieurs, que cette vie se trouve dans vos plats ! Je n'allais pas gaspiller des légumes sachant qu'il était improbable que cet animal passe la nuit.
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