— Je vous prie de me lâcher Eden, vous me faites mal, dis-je en essayant de paraître calme.
Il ne répondit rien, et saisit vivement mes séants avec une poigne de fer.
— Vous me faites mal Eden ! crai-je de nouveau.
Il ne répondit rien, et me souleva, en me portant sur son épaule.
Il me jeta sur le lit.
En ce moment, je ne pus décrire les émotions qui me saisirent. La peur, la crainte, la frayeur, la honte de ne pas pouvoir me défendre face à lui, donnèrent un mélange qui ne saurait être décrit.
Eden me retourna brusquement, et me mit le ventre contre les draps, immobilisa mes deux bras avec une seule de ses mains. De l'autre, il déchira mon pantalon et découvrit ce que ce dernier couvrait.
Ma gorge était lourde. Et mes yeux étaient déjà inondés de larme. La peur avait surpassé la douleur que me produisaient ses mains. J'avais peur qu'il me fasse mal, peur qu'il me possède par-derrière, peur de succomber à son abus.
Soudain, mon cœur fit un bond. Et audiblement, je me mis à pleurer, le suppliant de ne pas le faire, l'implorant.
Nos chairs n'étaient pas emboîtées l'une dans l'autre, mais elles étaient l'une sur l'autre.
Il se releva, puis replongea.
Mes yeux s'ouvrirent grandement. Mon souffle se coupa, je n'arrivai plus à dire mot.
Je sentis ma chair s'ouvrir sous sa force.
C'est à ce moment, qu'en sueur, je me réveillai en haletant. Le cœur battant comme si j'avais couru un cent mètre.
— Allez-vous bien ? demanda Eden en frottant ses yeux, se levant nonchalamment du lit. Sa voix était grave plus que d'habitude.
— Que faites-vous dans ma chambre ? demandai-je avec froideur.
— Je n'arrivai pas à dormir, et votre présence à souvent raison de cela, alors comme vous ne trouvez pas souvent d'inconvénients à ce que je dorme avec vous, je...
J'expirai calmement, et la pression qui encombrait mon torse redescendait. Et je me laissai aller au soulagement.
— Êtes-vous sûr que tout va bien Ethan ?
— Rassurez-vous, c'était un horrible rêve. Rendormons-nous, je l'invitai en lui montrant l'exemple.
Ce n'était qu'un rêve. Bien que réel, c'était uniquement un affreux cauchemar. Cela m'apporta un soulagement.
J'expirai fortement et fermais mes yeux. Mon cœur était de nouveau léger. C'était agréable de ressentir cela.
— Si cela, ne vous pose guère de problème, je suis une oreille attentive si vous souhaitez vous confier. termina-t-il en posant sa main sur mon épaule.
Un sursaut me saisit.
Son geste m'amena à quitter le lit avec diligence, frôlant le ridicule dans mon action.
— Je vais me laver les mains, pour...j'arrive, tâchez de vous rendormir, et surtout ne vous faites plus guère de soucis pour moi, je vais bien.
L'eau rencontra mon visage, puis ma main effectua un passage sur ce dernier pour le nettoyer.
Ce rêve...que voulait-il me signifier ? Eden, serait-il capable de me faire subir ce type de sévices ?
À nouveau, j'expirai.
Le viol d'homme. Moi, j'étais loin de m'imaginer une telle chose possible. J'en aurais même ris, si l'on était venu à m'en parler. Moi, j'étais loin de m'imaginer une telle chose possible.
Cette peur, cette culpabilité qui m'avait saisi, cette honte de ne pas avoir été bien plus fort que lui, tout en étant un homme comme lui, avaient été si paralysantes.
Le viol masculin ne devrait peut-être pas être vu comme la punition d'un homme faible par rapport à un homme fort. Ceci serait loin de convenir à notre société qui se dit civilisée, même si dans l'inconscient collectif, être un homme victime de viol, ne serait être possible sauf si on rencontre les voies carcérales.
Ce qui malheureusement laisse croire que nous sommes enclins à l'éthérisme face aux souffrances des autres.