Mary Marlbuck et moi, nous reprîmes la conversation. À mon tour, je lui racontai ma vie, en omettant l'épisode des sévices subit par cette harpie.
— Cela a dû être terrible de perdre votre père puis votre mère, en plus vous avez dû vous séparer de leurs objets.
— C'est ainsi que la vie est faite. Un mal pour un bien, comme on aime se le dire. Le seul regret que j'ai, c'est de m'être séparé de leurs bijoux. J'y tenais réellement, terminai-je avec une voix voilée.
— Je peux vous comprendre, les bijoux sont gardiens de nos souvenirs.
— Ethan, je dois vous parler.
Le vinaigre me monta aux nez. Je voulais exploser. Que lui arrivait-il en cette matinée ?
Je me levai, m'excusai prestement auprès de mon invité, le pris par le bras et nous délaissâmes la terrasse.
— Eden, veuillez vous retirer, lui dis-je les dents serrées, mes yeux poignardant les siens de colère, je ne puis plus tolérer votre attitude. Vous m'insupportez. Faites ce que vous voulez, mais éloignez-vous de moi, car je risque d'atteindre des limites que je regretterai !
— Mary, nous nous en allons, cria le père de cette dernière.
Sans dire mot, Eden me quitta, et gagna le chemin des escaliers.
Lorsqu'ils quittèrent le manoir, Mary me promit d'y repasser pour me rendre une visite, mais aussi, elle m'embrassa sur la joue. Ce qui m'étonna, et flatta mon ego.
En regagnant ma chambre, tard dans la nuit, j'avais cherché Eden. Même s'il avait insupportable, il n'en restait pas moins Eden. L'homme que j'aime.
De me coucher, je m'étais donc contenté. Il était sûrement à prendre l'air, vu que dans sa chambre, il n'y était pas.
Aux milieux de la nuit, j'attendais des bruits. Ils furent tellement répétitifs qu'ils m'obligèrent à ployer face au réveil.
C'était Eden. Assis dans l'ombre, dans le salon de ma chambre.
Malgré mes appels, il ne s'était guère retourné, alors j'allai vers lui.
À peine, je fus à ses côtés, que mes navires subirent l'assaut de fort relent d'alcool. Cela m'avait donné des hauts de cœur, toutefois, je le surpassai et posai ma main sur son épaule tout en l'appelant à s'expliquer sur ce qui lui arrivait.
C'est alors que je vis le diable en ses gestes et dans ses yeux.
Eden me tira brutalement, et me sera contre lui fortement. Refusant, malgré le fait que je me débattais, que je lui échappe.