— Pourquoi parliez-vous ainsi, êtes-vous contrainte à quelque chose ? dis-je en posant ma main sur son épaule.
— Ethan, j'aurais besoin de vous parler.
Je me retournais, Eden venait de nous interrompre.
— Veuillez m'excuser, je ne tarderai pas.
Elle secoua sa tête et je m'en allais avec mon cousin. Qu'avait-il de si urgent à me dire pour ainsi me soustraire à ma conversation ?
Nous retrouvâmes le salon et mon regard l'interrogea.
— Alors parlez, je vous écoute, dis-je en m'impatientant.
— Et bien, je voulais savoir si je nous fais préparer pour ce soir un thé à la menthe ou un thé à la camomille ?
— Êtes-vous sérieux, je lui demandai-je en ouvrant grand les yeux. Vous m'avez perturbé pour une telle banalité ?
— Vous savez bien que la menthe a des effets calamiteux sur votre sommeil.
— Et si donc vous le saviez, pourquoi m'avoir importuné ! ?
Son attitude m'énerva quelque peu. Qu'est-ce qui lui prenait à me déranger pour de pareilles futilités ?
— Écoutez Eden, si vous êtes fatigué vous devriez vous reposer. Maintenant, excusez-moi, je dois retourner auprès de mademoiselle MarlBuck.
Je quittais Eden en expirant fortement.
Je repris place auprès de Marylise Marlbuck, et nous reprîmes notre conversation. J'appris d'elle que pour honorer des accords, son père l'avait promis en mariage à un homme. Et son choix, dans cette affaire, n'était guère requis.
— C'est si attristant. Que fait-on de l'amour dans ce cas ?
— Dans le monde des affaires, comme en diplomatie, l'amour n'existe point. Ne prévaux que l'intérêt. C'est l'intérêt qui gouverne le monde, même si on ne veut point se l'avouer.
Son histoire m'attrista. La malheureuse. Être obligé d'épouser une personne dont elle n'est guère éprise.
— Excusez-moi de vous interrompre, mais j'aurais besoin de vous emprunter Ethan quelques minutes.
Nous portâmes nos regards vers Eden.
Que voulait-il encore. J'espère que cette fois, il avait une raison valable pour à nouveau m'interrompre.
Je m'excusai auprès de Mary, et je le suivis.
— J'espère que cette fois, ce que vous avez à me dire est important, lui dis-je à peine nous avions cesser notre marche.
— Rassurez-vous, ça l'est.
Un de mes sourcils s'arqua. Et du regard, je l'invitai à s'expliquer.
— Il me semble vous avoir vu être assez proche de Mary Marlbuck. Rassurez-moi, vous ne compromettez point votre honneur auprès d'elle !
Outré, choqué, scandalisé, je ne savais quel mot pouvait assez décrire ce qui me traversait l'esprit.
Qu'est-ce qui lui était tombé sur la tête ?
Je lui levais mon doigt et voulu lui dire quelques mots. Sauf que par rapport à la violence de ceux-ci, je ne pus me résoudre à les utiliser contre lui.
— Vous feriez mieux d'aller vous reposer Eden Loyd ! M'épier ne vous réussit guère.
Je me retournais sans lui adresser autre chose que mon regard austère et je regagnai la terrasse.