VANITY

599 Mots
Nos regards se firent face, et dans le sien, je sentais bien l'envie qui la tenaillait. Elle souhaitait m'infliger une correction, mais elle se retenait sûrement à cause de ce beau monde qui nous entourait. — Cela ne tient qu'à vous de parler ainsi, mais avec moi je vous prie de soigner votre langage. Ne m'amenez pas à prendre des décisions regrettables. — Vos décisions ne m'importent guère pour le moment. J'ai croisé Sarah et j'ai été attristé de savoir que vous lui aviez retiré ses fonctions pour lui assigner une tâche des plus ingrate pour son âge. Mme De Figaret, me sourit, puis pencha sa tête, en frottant, les uns contre les autres, les doigts de sa main droite. — Cette bonne femme, s'est plainte chez vous à ce que je vois, dit-elle en allant se rasseoir. — Aucunement, elle n'a guère de telle habitude... — Alors c'est vous qui jouez les fouines et les insolents. J'ai l'impression que cela est inné chez vous, et vous m'en voyez affecter. Il me faut refaire toute votre éducation, il semblerait que vous n'en ayez aucune. Ma mâchoire se contracta, et je ne pus lui dire autre chose que ceci : — Cela m'importe peu, car ma préoccupation actuelle c'est l'avenir de Sarah dans cette maison. — Si cette employée, scanda-t-elle, ne sait pas accomplir les tâches qui lui sont assignées, alors qu'elle s'en aille. Personne n'est indispensable. En lui retirant son poste d'intendante, je lui ai proposé de partir, mais elle a insisté pour que je lui confie d'autres tâches. Alors si cela lui convient peu, la porte est ouverte, termina-t-elle en buvant sa tasse de café. Soudain, alors que je voulus lui répondre, je fus retenu par la question de l'un des manœuvres. — Dame de Figaret, ou vouliez-vous qu'on installe ce tableau. La peinture en question représentait Mme de Figaret, assise sur un fauteuil. Le décor, en arrière de ce dernier, était des draps à l'aspect soyeux. Sur ce tableau, elle souriait et semblait être habitée de l'aura de ces personnes bonnes et agréables à vivre. Mais il en était rien. C'était un dragon ! — Là dit-elle, en pointant du doigt le tableau de ma grand-mère, qui était au-dessus de la cheminée du salon. Déplacez-moi celui-là, et installez le mien. — Mais vous ne pouvez pas faire cela ! je m'indignai de le lui signifier. — Si je veux me sentir à mon aise dans cette maison, il faut bien que je l'aménage selon mes goûts. Ceux de Dame Loyd, me sont très peu appréciables. De toute façon, ce tableau gagnera l'un des salons destinés aux invités. Dans cette maison, ce n'est pas l'espace qui manque. Lorsqu'elle termina les hommes se mirent à déplacer le tableau de ma grand-mère, et je ne pus le supporter. Je m'avançai vers eux en les sommant de ne rien toucher. Sauf que la gifle de Mme De Figaret souligna en moi son intention de ne pas me laisser faire. — Sachez jeune homme, que j'ai été bien douce avec vous jusqu'à présent. Mais je ne vais pas tolérer plus d'insolence de votre part. Roland, cria-t-elle en direction de l'embrasure, qui séparait le vestibule du salon. Apparue alors un homme, a l'allure soignée et distingué, qui demanda, dès son dernier pas, ce que désirait cette harpie. —Veuillez, je vous pris, accompagner, de suite, cet insolent dans sa chambre, il m'insupporte. Roland s'exécuta. Malgré son allure d'homme peu porté aux travaux du corps, il avait une force vraisemblable. Et c'est sans se donner de mal qu'il me fit gagner l'extérieur du salon.
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