50 STROKES

703 Mots
— Roland, Roland, se mit à aboyer Mme De Figaret. Roland, comme à son habitude, apparut, comme sorti de nulle part. Il aida sa patronne à se relever puis exécuta son ordre. Roland me saisit, me porta sur son épaule, et descendit les escaliers avec moi. Sous la tourmente du soleil de l'après-midi, j'étais les fesses nues, les mains liées, et le ventre collé au bois d'un banc. La douleur âpre du premier coup de fouet s'insinua dans ma chair, et éveilla un mal que jamais auparavant, je n'avais connu. Du vivant de mes parents, je n'avais aucunement goûté à une correction charnel. Au début, je me débattais, serrant les dents, et laissant les larmes couler en silence, pour ne pas que cette harpie puisse jouir de mon malheur. Sauf qu'arriver au trentième coup et quelques, je perdis toute force. Subissant l'assaut des coups que me donnait Roland. Je n'avais que pour sensation cette chaleur et cette douleur lancinante qui ne quittait plus la chair de mes fesses. Sauf qu'arriver au trentième coup et quelques, je perdis toute force. Plus qu'épuisé, j'étais abattu. Roland, Mme De Figaret et sa suite regagnèrent l'intérieur, m'abandonnant au soleil cuisant, à ma douleur inébriante, à mon sang collant sur ma peau. Sarah vint, après que tous soient partis, avec un drap blanc et m'aida à regagner l'intérieur. Même si chacun des pas que je faisais, semblait ravivé cette douleur, je n'ouvris guère mes lèvres. L'eau avec le vinaigre et la crème cicatrisante que m'avait appliquée Sarah me firent un grand bien. J'avais récupéré dans ma chambre. Et depuis deux jours, je n'en n'étais point sortit. Comme l'avait ordonnée ma marâtre. Tout comme elle avait souhaité que je dorme affamé la nuit suivant les coups de fouet. Sauf que dans la nuit, Sarah m'avait apporté de quoi me restaurer. De la croûte s'était formée sur mon postérieur, et la douleur s'était faite moins vive. Aujourd'hui, Mme De Figaret apprêtait une réception m'avait dit Sarah. Aucun respect. Cela faisait à peine quelques jours qu'on avait enterré sa belle-mère, elle désirait déjà ouvrir le champ des cérémonies festives. Lorsque j'eus terminé de prendre de ma douche, j'ouvris ma penderie. Et l'idée de lui rappeler que le deuil, nous le portons toujours, germa en moi. C'était tout de noir vêtu que je descendais les escaliers, sous le regard médusé de quelques domestiques qui semblaient se souvenir des ordres de cette mégère. Mme De Figaret était en train de discuter avec Roland d'un fait qui m'importait peu. Le sourire aux lèvres, je raclai ma gorge et dis : — Je vous passe le bonjour ! La quiétude que portaient les yeux de Dame De Figaret disparu pour laisser place à une noire colère. — J'ose comprendre que la dernière correction que je fis donner n'a guère suffi à calmer votre impertinence. — Je me sentais d'humeur gaie ce matin. Vous devriez aussi porter du noir, ça vous ira au teint, dis-je avec sarcasme. Si vous me le permettez, lui dis-je avec une courbette, le sourire aux lèvres. Je me délectai de voir la rage qui noyait son visage dans les eaux de la laideur. Mon cœur était en allégresse. — Roland ! Attrapez-moi, ce misérable, cria-t-elle. Comme il semble trouver du plaisir à me défier, alors je trouverai le mien à chaque fois pour le punir. Son homme de main se saisit de moi, malgré le fait que je me sois débattu. — Veillez je vous pris Roland l'enfermer dans le débarras. De toutes les façons, comme il semble être inutile et affectionner le noir, il s'y plaira. Quant à vous Eloise, dit-elle en fixant une des domestiques, qui sursauta lorsque son nom fut prononcé, vous irez dans sa chambre et vous me retirez tout ce qu'il y a de noir comme vêtement, et vous me les brûlez ! Ai-je été assez claire ? — Oui, madame. — Alors, faites donc ! Ne restez pas planté là, comme une impotente. Je voulus me débattre pour gagner l'étage et empêcher Eloise de mener à bien les ordres de cette mégère, mais l'emprise qu'avait sur moi Roland était bien trop grande. Et c'était impuissant que je gagnai le débarras, son obscurité et sa solitude.
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