SALTY

589 Mots
Trois jours avaient marqué mon emprisonnement dans le débarras. Je n'avais pu manger, ni boire. Je m'étais contenté de dormir et réciter des chants pour ne pas faillir. Quand Sarah vint me sortir de là, elle s'était écriée en voyant mon état. Affaiblis, crasseux, presque amaigri. Puant la sueur, les urines de souris. Mes cheveux portaient même les déjections de ces dernières. Mes yeux s'étaient réhabitués à la lumière, malgré une légère douleur. Elle m'aida à rejoindre la chambre, et je pus prendre ma douche. Elle m'expliqua par la suite, qu'elle avait bien voulu m'aider, mais ma marâtre avait fermé le débarras à double tour et ce n'était que ce matin, avant qu'elle ne quitte la maison qu'elle l'avait ouvert. Plus tard, elle m'apporta de quoi prendre des forces, et je pus profiter du confort de mon lit. À ce moment, j'ai remercié le ciel d'avoir un tel confort. Mon corps avait crié de douleur, durant ces trois jours, à cause du sol gravilloneux, froid et inconfortable, qui me servait de couche. J'étais entre des objets, que je n'avais pu identifier, et le mur. La salle étant très encombrée, et plongée dans l'obscurité. Aux environs de dix-sept heures, je m'étais réveillé. Le manoir était déjà plongé dans la nuit. Mes oreilles captèrent par la suite de la musique et des rires. Soudain, ma porte s'ouvrit, c'était Sarah. Elle portait un plateau. Sa marche était difficile. Je me hâtai pour l'aider. Je lui le plateau, et je l'invitais à s'asseoir quelques instants. — Vous devez vous reposer, Sarah. Vous en faites trop pour votre âge. Je préférais vous savoir dans d'autres lieux, profitant d'une vie paisible, qu'ici. — Cela m'est impossible monsieur, j'ai promis à votre feu grand-mère de veiller sur vous. D'autant plus, que vous êtes, comme a été Marylise Loyd, ma seule famille. Si je m'en vais, alors je finirai mes jours dans la solitude. Et ce genre de fin m'est peu envisageable. — Restez donc avec moi pour profiter du repas. Vous vous occupez du linge, alors je pense que votre présence n'est guère requise dans cette infamie organisée par cette harpie. — J'aurais voulu, mais Dame De Figaret m'a confié la préparation des pâtisseries. Je dois me dépêcher de retourner à mon poste avant qu'elle ne s'aperçoive de mon absence. Vous, profitez plutôt de ce bon plateau, je l'ai apprêté pour vous. Mangez mon enfant, vous devez prendre des forces pour grandir. Je la pris dans mes bras quelques minutes, puis elle quitta ma chambre. Que cette mégère s'acharne sur moi m'était supportable, mais qu'elle s'en prenne également à Sarah, je n'en voyais guère l'intérêt. Cela était juste une démonstration de ce que renferme son cœur. Le néant, la méchanceté. L'initiative de prendre les escaliers, pour retrouver la cuisine, je l'avais prise. Je ne souhaitais pas que Sarah remonte ces escaliers avec la douleur qui cernait son dos. Elle n'était guère dans la cuisine lorsque je déposai le plateau et la vaisselle vide. Sur le plan de travail qu'elle avait aménagé, y était déposée une soupe encore brûlante. Son odeur était alléchante. Près de cette dernière, sur des plateaux en argent étaient disposés de la vaisselle précieuse. Mon regard fit le tour de la cuisine, et un sourire naquit sur mes lèvres lorsque je me saisis de l'objet de ma vengeance contre cette virago et sa fête. C'était en étant assis sur le palier, depuis les escaliers, que j'observais avec joie le désenchantement dont faisais preuve les invités de Dame De Figaret, lorsqu'ils quittaient le manoir.
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