Je n'avais pu le convaincre de ne point m'aider.
Il avait si fortement insisté. À présent, avec son aide, je déposai la bassine de linge à sécher, qui attendait dans la buanderie, près des cordes. Il avait jugé que son poids était bien trop important pour que je puisse le porter seul. Et je devais avouer que son aide fut d'un grand bien. Cela m'avait évité des heures d'aller-retour avec un seau, et une fatigue nouvelle, en plus de celle harassante qui épousait déjà mes bras, mes jambes, mes yeux.
— Maintenant asseyez-vous, je vais sécher ce linge pour vous.
— Je ne peux vous laisser en faire plus Monsieur, vous avez déjà été bien bon en m'aidant. Si Dame de Figaret vient à l'apprendre, je devrai m'attendre à des représailles.
— Ne vous en faites point pour cela. Rien n'en sera, je vous en donne ma parole. Maintenant, prenez donc place sur ce banc, dit-il en me forçant doucement à m'y asseoir. Vous me semblez plus que fatigué, regardez vous baillez à nouveau, alors économisez vos forces.
Je consentis à m'asseoir. Il ôta sa veste, me la confia, et resta avec sa jacket. Les manches de sa chemise avaient été retroussées. Mes yeux se mirent à picoter, et je ne retenais plus ma bouche qui ne faisait que s'entrouvrir.
Il avançait dans ce travail, toutefois la moitié de la bassine n'avait pas été atteint, alors je reposai ma tête sur un pan de mur. Puis je fermais les yeux quelques minutes pour récupérer.
Le temps qu'il finisse, je me reposerais un peu.
La douceur était incomparable, délectable. Cette sensation de coucher sur des plumes m'avait été longtemps lointaine. Un sourire s'était imprimé sur mon visage, et je m'étirai comme un chat qui venait de sortir de sa sieste.
— Vous êtes enfin réveillé me dit une voix rauque. Vous étiez vraisemblablement fatigué, vous avez dormis plus de deux heures durant.
Je sursautai lorsque je remarquai que ce lit n'était pas le mien, encore moins cette chambre.
— Mais, mais,...
— Ne vous inquiétez pas, je me suis permits dans le plus grand respect de vous ôter vos vêtements. J'ai cru bon qu'il serait, ainsi, plus confortable de vous reposer. dit-il lorsqu'il remarqua mon étonnement face à mon corps dénudé couvert juste d'un drap.
— J'ai déposé près de vous, déclara-t-il en me montrant du regard les vêtements posés à mes pieds, de quoi vous habiller. J'ai essayé de choisir ceux qui scieront le plus à votre corps, termina-t-il en se retournant. Nous sommes bien entre hommes, mais je vous laisse le choix de vous vêtir sans être épiée. déclara-t-il en me donnant son dos.
Avec étrangeté, je regardai cet homme, sur qui j'en savais très peu. Même son nom m'était inconnu. Sauf que la gentillesse dont il faisait preuve avec moi, avait le pouvoir de perturber mon esprit. Pourquoi, ce comportement avec un simple employé comme moi ?
— Cela fait-il longtemps que vous êtes au service de Dame De Figaret ?
— Quatre bonnes années, dis-je en portant sa chemise.
— Et cela, vous plaît-il. Je demande cela, car j'ai bonne connaissance de son caractère assez difficile.
— Ce n'est guère important une remarque de ma part. Je travaille pour elle, c'est tout. m'exclamai-je en nouant les cordelettes du pantalon. C'est bon, vous pouvez vous retourner.
Et c'est ce qu'il fit, avec un sourire, qui faisait rayonner ses iris, et enjolivais ses fossettes. Qui le rendait encore plus beau.
Je m'étonnais de remarquer ce genre de détail. Qui plus est...chez un homme.
— Vous avez fier allure, ma foi. Juste ceci, déclara-t-il en se rapprochant de moi pour arranger mon col. C'est mieux ainsi, dit-il en terminant.
Son rapprochement, le parfum qu'il dégageait, m'avait perturbé. Et je n'aurais pu expliquer les raisons.
Soudain, on frappa à la porte. Et nos deux regards se portèrent vers elle.