La nuit était tombée sur Marseille, un voile noir ponctué d’étoiles enveloppant les calanques après le chaos du barrage fatal. À la villa des Goudes, les lumières douces des lampes du salon perçaient l’obscurité, un contraste apaisant avec les gyrophares bleus qui avaient illuminé la route quelques heures plus tôt. La mer grondait au loin, un murmure sourd et régulier, comme une berceuse tentant de panser les plaies d’une journée qui avait basculé dans l’horreur. Dans le jardin, les décorations du mariage – l’arche de bois ornée de fleurs, les chaises pliantes, les rubans blancs – restaient intactes, figées dans une attente silencieuse, témoins muets d’un bonheur interrompu puis sauvé de justesse. Henri gara la berline grise dans l’allée, ses mains encore tremblantes sur le volant, la pou


