La nuit tombait sur Marseille comme un rideau de velours noir, troué par les lueurs vacillantes des lampadaires et les phares des mobylettes pétaradantes. Dans le quartier populaire de la Belle de Mai, les rues étroites s’animaient d’une rumeur sourde : des éclats de voix s’échappaient des fenêtres ouvertes, mêlés aux odeurs de cuisine – ail frit, poisson grillé – qui flottaient dans l’air humide. Les immeubles aux façades écaillées se serraient les uns contre les autres, leurs balcons débordant de linge et de plantes en pots. Marie pédalait lentement sur son vieux vélo, un engin cabossé qu’elle avait hérité de son père, sa sacoche pleine de livres calée dans le panier avant. Elle revenait de la villa des Goudes, où elle avait passé la journée avec Tibo et Maëlys. Les enfants avaient insis


