L’hôpital de la Timone, un mastodonte de béton niché dans les hauteurs de Marseille, vibrait d’une agitation contenue en cette nuit froide et pluvieuse. Les néons des urgences projetaient une lumière crue sur les murs blancs, accentuant l’odeur d’antiseptique et de désespoir qui flottait dans les couloirs. L’ambulance avait déposé Marie moins d’une heure plus tôt, ses pneus crissant sur le bitume mouillé devant l’entrée des traumas. Les secouristes, trempés par l’averse, avaient cédé la place à une équipe médicale affairée, leurs voix se mêlant au chaos des bips et des claquements de portes. Dans la salle de soins, une cacophonie organisée régnait : un médecin criait des ordres – « Scanner, maintenant ! » –, une infirmière ajustait une perfusion avec des gestes précis, et un technicien pou


