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Dangereux calculs Tome 7

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Suivez la procédure à la salle du royaume de dieu et de gestion de la semaine dernière et chez toi et à rien de plus en plus de la semaine dernière et chez toi et à rien de plus en plus de la semaine dernière et je vais te faire un petit frère aussi pour la suite des documents nécessaires je suis à la maison de la musique de fond de la musique de fond en mm tu as fait un peu de temps en ce qui te fait mal au dos de la musique de fond de la part des choses que je te dis ça mais je vais te faire un petit frère aussi de la part des anges de la musique de fond de la musiqueIl faisait 40 dégré ou je ne sais plus trop. L'odeur de sa cigarette me donnait des nausées et crampes à l'estomac. Je descendis du lit et me rhabillai tandis que Frank fouillait dans son porte feuille. Il me tendit un billet de 8 mille francs et me remercia, chose qui m'offensa intérieurement ça j'avais l'impression que je venais de lui rendre un service et qu'il venait de m'utiliser, ce qui était plutôt vrai.

Frank sortit et ne referma pas la porte derrière lui. Fatim, mon amie de toujours passait par là et entra dans la chambre.

_ Comment ça s'est passé ? Demande t-elle

_ Je commence à m'y habituer et je crois que je pourrais le faire le restant de mes jours.

_ Je ne préfère pas que tu continues dans cette voie Leslie. Tu peux entreprendre un petit commerce et essayer de quitter ce milieu sinon tu seras détruite. C'est un conseil mon amie.

Celle même qui m'a mise dans ce milieu m'encourage à le quitter. Je ne savais pas si cela était de l'hypocrisie ou de la bienséance à mon égard. Ce que je savais c'est qu'il me fallait plus d'argent.

Fatim s'en alla et me souhaita une bonne après midi que je lui rendis.

Je ne reçois pas généralement des clients à midi mais cette fois c'était un cas spécial car Frank devait voyager le soir même m'avait-il dit.

J'avais faim et il n'y avait presque rien au frigot. Je m'habillai d'une petite tenue qui me permettrai de moins transpirer et je décidai d'aller faire des courses. Le super marché était à quelques minutes de chez moi donc je marchais pour y aller.

La petite banlieue de Conakry était plus animée que d'habitude, sûrement parce que c'était un Dimanche, jour de repos. Des enfants couraient ça et là dans les rues étroites et insalubres. Des jeunes fumaient et causaient sur les murs d'une ancienne usine abandonnée de la place. Je marchais et je pensais à ce que je préparerais pour le dîner. Je ne savais pas trop et je décidai de faire un riz au gras, plat très simple à préparer et assez populaire en Afrique de l'ouest. Je venais d'entrer dans le supermarché et je pris un chariot. Je n'espérais pas le remplir et d'ailleurs je n'en avais pas les moyens. Je prenais juste le minimum dans les différents rayons. J'avais presque fini et il me restait à acheter des choux. Je marchais dans le rayon légumes et je sentis une tape dans l'épaule. Je me retounai et je voyais en face de moi une femme très grande, d'une forte corpulence et très stylée. Je ne la connaissais pas mais elle paraissait me connaître et à son regard, je pouvais constater qu'elle m'en voulait pour quelque chose.

_ Alors petite p**e, on a les moyens pour faire des courses dans des supermarchés maintenant ?

_ Pardon Madame ?

_ Tu as très bien entendu. C'est toi la petite s****e qui en a après mon mari. Je vous ai déjà vu plusieurs fois ensemble.

Je ne savais pas de quel mari il parlait. La plupart de mes clients sont tous mariés.

_ Madame je ne vous connais pas et je ne vois pas de quel mari vous voulez parler.

_ Tu sais très bien de qui je parle. Charles, mon mari; votre client ou votre amant je m'en fous, je veux que vous le laissez tranquille.

_ Madame ce n'est pas de ma faute si votre mari part voir dehors. Peut être que vous ne le satisfassez pas au lit. Au lieu de m'en vouloir, prenez plutôt des cours et essayez de diminuer vis courbes si vous voyez ce que je veux dire.

_ Et elle est insolente avec ça. Écoute moi bien banlieusarde, personne n'ose me parler ainsi dans ce pays vous m'entendez? Personne.

_ Je ne suis pas à confondre avec les autres Madame. Regardez la beauté, ma jeunesse et ma fraîcheur et regardez votre disgrâce et votre âge. Sommes nous comparables?

Je reçu une gifle quand je venais tout juste de finir ma phrase. Je remis sa gifle à la dame. Je ne sais pas comment je me retrouvai au sol et la dame assise sur moi de tout son poids et elle m'étranglait. Je me débattais de toutes mes forces pour libérer de sa masse mais rien à faire. Je devais attendre l'aide des autres personnes qui étaient autour de nous. Deux jeunes hommes se ruèrent sur la dame et la soulevèrent pour la maîtriser. Une autre vieille femme m'aida à me lever.

_ Sale dévergondée que tu sois, j'espère que tu as compris la leçon. Je ne veux plus te revoir avec mon mari

Je restais muette devant les injures de la dame. Je ne savais quoi répondre et je ne voulais même pas répondre. Ce que je voulais c'était la tranquillité.

Je repris mon

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Chapitre dix
Il est maintenant vingt heures, Ngouakou-Ngouakou est rentré chez lui. Son boy se précipite prendre sa sacoche. Il se jette sur un fauteuil. – Bouka-Bouka, viens voir papa. Le gamin grimpe sur les genoux de son père. Ngouakou- Ngouakou le regarde avec fierté. C’est le seul garçon qu’il a. Son septième enfant. – Papa, toi tu ne m’as pas acheté un Apollo XII. – Qu’est-ce que c’est encore que ça ? – Akpa en a un lui. Son père lui a acheté. – Émilienne, crie Ngouakou-Ngouakou, Émilienne ! – Elle révise sa composition, crie la mère de la cuisine. – Composition ? C’est pas en composant qu’elle apprendra à être agréable à son mari. Qu’elle m’apporte mes babouches. – Écoute, Ngouakou-Ngouakou, soit un peu compréhensif avec cette pauvre enfant, dit la mère.– Non mais, depuis quand les femmes ont-elles à faire des remarques à leur mari ? C’est toi maintenant qui va m’apprendre comment élever ma fille ? – Tiens papa, voici tes babouches, dit Bouka-Bouka. – Ah merci mon fils. Toi au moins tu penses à moi. Mais c’est quand même trop fort. Ce sont les hommes qui doivent travailler ici ? – Émilienne ! Émilienne arrive toute effrayée. – Alors ! Combien de fois faut-il t’appeler ? – Mais… papa… pardon… Je n’entendais pas… – Où étais-tu ? – Là, dans ma chambre. – Dans ta chambre ? à rêver sans doute… – Non papa, je révisais ma composition de mathématiques. – Et bien pour faire des mathématiques il ne faut pas rêver. Si tu faisais des mathématiques tu devais faire attention. Et quand on fait attention on entend les gens qui nous appellent… Apporte- moi mon whisky… Émilienne va vers le buffet. Elle fait les gestes mécaniquement. Elle rêve à l’internat. Elle envie ses camarades qui sont loin de la férule familiale. Ce doit être bon de ne dépendre que de soi-même. Les parents, ils pensent vous aider avec leurs principes et ils ne voient même pas que vous les jugez. Ah ! Tiens, la bouteille est presque vide. Émilienne cherche en vain à tous les étages du buffet. – Alors, il vient ce whisky ? – Il n’y en a plus. – Il n’y en a plus, il n’y en a plus. Eh bien ! pendant deux jours je t’interdis de jouer avec tes voisines. – Mais ce n’est pas ma faute papa… – Tu dois savoir que quand la bouteille est à moitié vide, il faut en racheter une autre. Qu’on m’apporte de la bière, alors ! Il allume son poste de télévision. Myriam Makeba chante. Il aime bien l’entendre, mais ce soir cela l’énerve. C’est en effet le film qu’on a enregistré lors de son dernier récital dans la ville. Ngouakou-Ngouakou le connaît par cœur, car on le passe aumoins deux fois par semaine. Quand les programmateurs de télé sont à court d’imagination pour réaliser une émission, ils aiment bien ainsi passer un film qu’ils ont sous la main, même si on l’a déjà vu cent fois. Ngouakou-Ngouakou s’ennuie. Il regarde sa montre. – Quand peut-on passer à table ? – Encore cinq minutes !dit la mère, de la cuisine. – J’ai faim. – Mon riz n’est pas encore assez cuit ! – Toujours la même histoire. C’est jamais prêt quand vous voulez. Myriam Makeba chante maintenant Malaïka. Là, Ngouakou- Ngouakou se laisse prendre. C’est le type de la belle chanson. Ensuite la chanteuse sud-africaine en entame une où elle fait claquer sa langue et où elle danse en faisant tanguer sa croupe comme un bateau sur les vagues. – À table, crie la mère. Ngouakou-Ngouakou ne répond pas. – À table, ca va être froid. Ngouakou-Ngouakou retient sa colère. Il n’aime pas qu’on crie lorsqu’il écoute la musique. Il va s’asseoir sur sa chaise, face au poste de télévision. Myriam continue à chanter. – Encore du riz et de la viande en sauce ? – En ce moment il n’y a pas grand-chose au marché. – Pas grand-chose, il n’y a pas de poisson, non ? – C’est bien la première fois que tu me fais une suggestion pour le menu. Varier le menu c’est bien joli, mais on ne peut le faire à l’infini. Quand le matin je te demande ce dont tu as envie, tu prends ton cartable et tu files au bureau. – Il ne manquerait plus que ça. Tu trouves que je n’ai pas assez de choses auxquelles réfléchir. S’il faut encore m’occuper de la cuisine ! Tu n’as pas à travailler au bureau. C’est moi qui ramène l’argent. – Si tu veux qu’on échange, ce sera avec plaisir. – Mes activités ne sont pas des activités de femme. Je connais beaucoup de femmes qui rêvent d’être à ta place. Avoir un mariqui vous assure la cuisinière à gaz dernier modèle, le réfrigérateur, l’argent… – L’argent ? Avec ce que tu me donnes par semaine, il faut bien se creuser la tête pour une grande famille comme la nôtre. – On voit bien que ce n’est pas toi qui gagnes l’argent. Le speaker présente maintenant les informations. Il parle des nouvelles nationales. – Taisez-vous, bon Dieu, que je puisse écouter. – « Aujourd’hui s’est ouvert le congrès de la Fédération nationale des femmes avant-gardistes. Divers discours ont été prononcés. C’est le deuxième congrès de la fédération depuis sa création. De nombreuses délégations d’invités sont venues des pays frères africains et des pays amis d’Europe, d’Amérique et d’Asie. » Ngouakou-Ngouakou fulmine. Dès demain je vais voir le ministre de l’Information pour qu’il me sanctionne ce speaker. Il n’a rien dit de mon discours. Il pousse son assiette en avant. – Tiens, d’ailleurs je n’ai plus faim. On parle de la guerre du Nigéria. Ngouakou-Ngouakou allume sa cigarette. Ils racontent toujours la même chose sur cette guerre. – Et les filles, elles ne peuvent pas t’aider à faire la cuisine ou le ménage ? Toi, Marcelline, par exemple ? – Mais papa, j’ai beaucoup de travail. – N’oublie pas que tu es une femme. Le premier travail d’une femme c’est le travail domestique. – Enfin comprends, toi aussi, dit la mère, tu sais bien que Marcelline prépare son Bac cette année. – Et vous croyez que c’est avec son Bac qu’elle retiendra son mari à la maison ? C’est avec de bons plats, oui. Avec autre chose aussi. – Tu pourrais faire au moins attention à ce que tu dis. – Oh papa, crie Bouka-Bouka, regardez. La télévision montre de jeunes enfants biafrais. On dirait des squelettes avec de gros ventres. Le Silence saisit toute la famille. – Pourquoi ils sont laids comme ça ces enfants ? – C’est pas de leur faute, corrige leur mère.Ngouakou-Ngouakou se lève. Il va dans la chambre. Il jette ses habits en désordre sur le lit, tout en sifflant. Sa femme rangera cela dans l’armoire. Il met un pantalon gris clair et un mini- boubou en tissu pagne avec des galons dorés aux manches, aux poches et au col. Il se regarde dans la glace. Il a rajeuni. Il allume une cigarette et sort en sifflotant dans la nuit. Le bar « Venez-Voir » se trouve presque à la sortie de la ville dans une rue sans lumière. Le bar, lui, a l’électricité pourtant. C’est que la patronne, Marguerite, est une jeune veuve d’une beauté remarquable. Traits réguliers du visage, seins qu’on devine bien plantés et décents sous la camisole, longues jambes de faon qu’on s’attarde à regarder quand elle met sa robe collante et ses souliers à talons. Certains la prennent pour une métisse, mais enfin ceux qui la connaissent depuis l’enfance savent que son teint a éclairci depuis qu’on vend certains produits américains. Bref, Marguerite est très recherchée. Et comme elle ne peut satisfaire tout le monde en même temps, elle a des cousines qui vivent là, presque aussi belles qu’elle. Ainsi lorsqu’une haute personnalité emmène à « Venez-Voir » une b***e de hautes personnalités en mission, il leur prouve son pouvoir en dansant corps à corps avec Marguerite. Vers une heure du matin, il va lui parler à l’oreille. Alors elle va faire ça avec notre haute personnalité tandis que Marguerite donne l’ordre à chacune de ses cousines d’aller faire ça avec les hautes personnalités étrangères. C’est ainsi que Marguerite, en échange, obtient ce qu’elle veut. Il lui a suffit de deux mois d’assiduité avec le ministre de l’Énergie pour obtenir de l’électricité dans son bar. Marie-Thérèse a dû prendre un taxi pour venir jusqu’ici. Elle a hésité un moment à entrer. L’énergie électrique n’est pas utilisée à éclairer la salle, mais pour l’électrophone. Les ampoules ont toutes été peintes en rouge, de sorte que ce ne sont que des ombres rougeâtres qu’on va se déplacer ou être assises là-bas au comptoir. La salle est divisée en des espèces de petits compartiments séparés les unes des autres par des cloisons en bambou. Lorsque vous êtes dans un de ces compartiments, vous êtes à l’abri des regards indiscrets. Marie-Thérèse en choisit un et s’asseoit là sur un petit banc d’osier très bas. Marguerite l’a vue.Elle fait un signe de tête à l’une de ses cousines qui en traînant les pieds par terre s’avance vers la nouvelle cliente. – Non, je ne prends rien pour le moment, j’attends quelqu’un. Quand la cousine revient vers le bar, un homme qui est assis là sur un haut tabouret la saisit et l’enlace à bras-le-corps pour danser la rumba. Aussitôt la cousine perd sa nonchalance. Les deux bas-ventres sont en contact et se meuvent en rond en de larges mouvements de frottements. Ils n’ont plus rien à se cacher, pense Marie-Thérèse.. Si la lumière n’était pas si tamisée, on verrait sans doute qu’ils ont les yeux clos. Le spectacle gêne un peu Marie-thérèse. À la fin de la danse, l’homme retourne au bar et plaisante avec toutes les cousines en éclatant de rire. Au morceau suivant il se dirige vers Marie-Thérèse. Il a l’air si sûr de lui et a des yeux si beaux qu’elle est paralysée. – Non, monsieur. – Je vous dégoûte alors ? – … Elle tourne la tête. C’est à ce moment-là qu’entre Ngouakou- Ngouakou. – Ah ! pardon monsieur le Député, pardon… Je ne savais pas… Ngouakou-Ngouakou ne répond pas. Il tourne la tête et s’asseoit. En lui-même, il marmonne : « C’est ce petit con de Bwala. Il va voir comment je m’appelle. La cousine est revenue. Elle blague un moment avec monsieur le Député. Ce sont de vieilles connaissances. Il n’y a pas de protocole. Monsieur le Député Ngouakou-Ngouakou est l’homme le plus simple du monde. C’est un enfant du peuple qui n’a pas peur de retourner en contact avec la masse. Il commande. Quand la serveuse revient avec le plateau de consommations et que Monsieur le Député veut payer, la cousine dit que le monsieur du bar a déjà réglé. Comme c’est une pachanga qu’on joue maintenant, Marie- Thérèse a envie de danser. Mais il n’y a personne sur la piste et tout le monde au bar les regarde. Tous sourient. Sourire de voir une jeune fille qui exprime sa jeunesse à chaque note que jouel’orchestre, avec ses hanches, ses jambes, ses épaules, un large sourire sain aux lèvres. Sourire d’attendrissement aussi devant cet homme de cinquante ans, pour qui la calvitie et le ventre ne sont pas un problème, tant il danse allégrement ? L’homme au bar ne peut s’empêcher de remarquer : – Oui, ma sœur, c’est ça l’Afrique. Notre négritude. La civilisation de la danse, en dépit des âges. Mais le couple ne ses soucie pas du bar. Ils sont captivés l’un par l’autre. Au bout de trois danses Ngouakou-Ngouakou veut s’en aller. – Déjà ? dit-elle. On est bien ici. Tu ne trouves pas ? – On sera mieux ailleurs. Il la prend par le bras, la soulève et disparaît avec elle dans la nuit noire. Devant le Relais-Hôtel il répète à Marie-Thérèse : – J’ai fait réserver une chambre au nom de mademoiselle Baker par mon secrétaire. Tu te présentes donc à la réception et tu prends la clé. Tu m’attends dans la chambre, je serai là dans quinze minutes. Quand elle éteint la lumière, Marie-Thérèse se sent saisie par des bras musclés et solides. Elle sent les poils de ses bras se mêler à ceux des bras de l’homme. Son souffle est déjà coupé. C’est comme ça avec lui. Il ne caresse pas. Tout de suite il la pénètre. Elle ne peut s’empêcher de pousser un cri du fond de la gorge. Comme si elle pleurait. – Je te fais mal ? – Non au contraire. Ses ongles entrent dans la chair de l’homme. Elle sent son gros museau qui parcourt son visage. Elle ne sait plus dire que des oui essoufflés. Et puis des choses qu’elle ne distingue pas elle-même. C’est toujours très long avec lui. Plus Qu4avec les jeunes et elle aime ça. Elle se sait damnée, mais qu’importe. Elle vibre. Elle vit, elle est libre. Quatre fois dans la nuit elle gémira ainsi avant de s’endormir, répétant à chaque fois : « Oh c’est bon… Tu n’as pas pitié de moi à tant me combler… » Elle rêve que Ngouakou-Ngouakou est venu la chercher avec une grosse voiture américaine. Il est habillé de noir et tout joyeux.l’orchestre, avec ses hanches, ses jambes, ses épaules, un large sourire sain aux lèvres. Sourire d’attendrissement aussi devant cet homme de cinquante ans, pour qui la calvitie et le ventre ne sont pas un problème, tant il danse allégrement ? L’homme au bar ne peut s’empêcher de remarquer : – Oui, ma sœur, c’est ça l’Afrique. Notre négritude. La civilisation de la danse, en dépit des âges. Mais le couple ne ses soucie pas du bar. Ils sont captivés l’un par l’autre. Au bout de trois danses Ngouakou-Ngouakou veut s’en aller. – Déjà ? dit-elle. On est bien ici. Tu ne trouves pas ? – On sera mieux ailleurs. Il la prend par le bras, la soulève et disparaît avec elle dans la nuit noire. Devant le Relais-Hôtel il répète à Marie-Thérèse : – J’ai fait réserver une chambre au nom de mademoiselle Baker par mon secrétaire. Tu te présentes donc à la réception et tu prends la clé. Tu m’attends dans la chambre, je serai là dans quinze minutes. Quand elle éteint la lumière, Marie-Thérèse se sent saisie par des bras musclés et solides. Elle sent les poils de ses bras se mêler à ceux des bras de l’homme. Son souffle est déjà coupé. C’est comme ça avec lui. Il ne caresse pas. Tout de suite il la pénètre. Elle ne peut s’empêcher de pousser un cri du fond de la gorge. Comme si elle pleurait. – Je te fais mal ? – Non au contraire. Ses ongles entrent dans la chair de l’homme. Elle sent son gros museau qui parcourt son visage. Elle ne sait plus dire que des oui essoufflés. Et puis des choses qu’elle ne distingue pas elle-même. C’est toujours très long avec lui. Plus Qu4avec les jeunes et elle aime ça. Elle se sait damnée, mais qu’importe. Elle vibre. Elle vit, elle est libre. Quatre fois dans la nuit elle gémira ainsi avant de s’endormir, répétant à chaque fois : « Oh c’est bon… Tu n’as pas pitié de moi à tant me combler… » Elle rêve que Ngouakou-Ngouakou est venu la chercher avec une grosse voiture américaine. Il est habillé de noir et tout joyeux.Il lui dit que sa femme est morte, qu’il revient de l’enterrement et qu’il vient la chercher pour l’emmener dans un autre pays. Elle n’ose y croire. Elle veut prendre quelques pagnes et quelques robes, mais Ngouakou-Ngouakou lui dit qu’il ne faut pas perdre de temps. Elle saute dans la voiture et Ngouakou-Ngouakou l’emmène à vive allure vers l’aéroport. Sur le chemin elle voit beaucoup de gens qu’elle connaît et malgré la vitesse de la voiture, elle entend distinctement ce qu’ils disent. Ils jettent sur elle l’opprobre d’enlever un vieil homme à ses enfants et ils l’accusent d’avoir tué Madame Ngouakou-Ngouakou. Elle est tout en sueur quand elle parvient à l’aérodrome. Dans l’avion, il n’y a plus de place et on les a mis dans la cabine de pilotage. C’est Ngouakou- Ngouakou qui prend les commandes de l’appareil. Il met en marche les réacteurs. L’avion roule sue la piste mais il n’arrive jamais à s’élever de plus de trois mètres. On dirait que le chien noir qui poursuit Marie-Thérèse va réussir à sauter dans l’avion… Marie-Thérèse se réveille et voit Ngouakou-Ngouakou debout, déjà habillé. – Il faut que je rentre maintenant. Elle lui tend les mains en lui souriant. Il vient s’asseoir au bord du lit. Il lui embrasse la tempe et dit : – Allons. Il faut que je m’en aille. – Mais j’ai quelque chose à te dire. – Ah tu cherches encore à me retenir. – Non c’est sérieux. Elle a pris la main de l’homme qu’elle passe sous le drap et pose sur son ventre. – Je crois que j’attends un enfant de toi. – Quoi ?... Mais tu plaisantes… – Non c’est sûr… – Mais qui me prouve qu’il est de moi ? Marie-Thérèse se tourne sur le ventre et la tête dans l’oreiller qu’elle mord, se met à pleurer, se met à pleurer. Elle tape le lit de ses deux poings, elle tape du pied. – Qu’est-ce qui te prend, petite ? – s****d, va-t-en, s****d, s****d…Le soleil apparaît à l’horizon et monte lentement dans le ciel. Il fera chaud aujourd’hui sans doute. Ses rayons pénètrent par les fenêtres. Ainsi Mademoiselle Ngaoukou-Ngoukaou est réveillée par la clarté du jour. Elle tourne comme chaque matin, le bouton de son transistor pour écouter le poste national. Cela l’empêche de se rendormir. On donne les informations : hier le député Ngouakou-Ngouakou a fait une intervention à l’ouverture du congrès des femmes avant-gardistes. Il a mis l’accent sur la nécessité de libérer la femme qui n’est pas un être inférieur à l’homme.

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