Guillaume et Guibert sont dans un état pitoyable. Ils tentent de se serrer l’un contre l’autre, le long du plat-bord, attachés eux aussi et engoncés dans leur sac de cuir, protection légère, mais efficace contre les paquets de mer glacés qui balaient le pont. Le vent ne faiblit pas. Une rafale puissante assaille soudain la longue barque, faisant gémir le mat. À la barre, les deux hommes sont une nouvelle fois projetés au sol. Le temps qu’ils se relèvent, le bateau se retrouve légèrement de travers à l’approche de la vague suivante. Ils n’ont pas le temps de redresser leur embarcation. L’immense montagne d’eau les soulève d’un seul coup et renverse le navire qui hésite un instant, dangereusement penché. Des tonneaux se détachent et tombent à la mer, avant que le navire ne se redresse in ext


