21J’étais prisonnière de deux pays qui étaient miens. Qu’étaient ce Maroc dont les fils et filles préféraient se tuer en mer derrière le rêve de l’Europe et cette France qui chassait à coup de charter des « étrangers » sans papiers et laissait mourir les plus pauvres ? Comment un pays s’arrange-t-il pour faire sentir à ses enfants qu’ils sont en prison, au point qu’ils veuillent le fuir, déployant toutes les astuces, envisageant toutes les alternatives dans ce seul but ? Un pays qui ne fait pas naître l’espoir n’a-t-il pas failli à son rôle le plus essentiel ? Nous avons besoin encore de grandir dans ce pays, de mourir beaucoup pour vivre un peu, nous avons besoin d’un pays, un pays. « Est-ce que je reviendrai ? » me demandé-je à chacune de mes visites au Maroc. Le caïd est le moulin Le


