22Ce n’est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons ; elle nous les garde au contraire et les fixe dans leur jeunesse adorable : la mort est le sel de notre amour ; c’est la vie qui dissout l’amour. François Mauriac Je ne te voulais d’autre linceul que mon corps, te couvrir de roses, d’aloès, de myrrhe, de musc et de santal, te tailler une demeure en mon cœur, t’offrir des mots souterrains venus d’une opacité qui brillerait à ton contact, pénétrer le mystère et le noir de la mort avec toi, et accompagner encore ta main dans ses gestes les plus délicats, les plus majestueux. Aller toujours vers le dévêtement de mon être qui s’offre à toi. Être pénétrée par ta mort comme une agression délicieuse. Jeter mes yeux dans ce trou qui accueillait ta dépouille et ne plus avoir de regard. De


