23J’étais assise sur le banc, sous l’abribus. Maquillée et belle comme une femme aimée toutes les nuits. Seule. Le bus n’arrivait pas. Personne n’arrivait. Pas d’élégant jeune homme qui promène son chien, qui trébuche devant moi ou se baisse pour ramasser le gant que j’aurais perdu. Ceci est la vie. Pas de cinéma. Nulle histoire n’allait commencer ici. Pas de nœud. Pas de dénouement. Ni de b****r pris. Mes lèvres resteraient nues. Seulement ce rouge qui les habillait alors. J’ai décidé que ma bouche serait rouge vif à aveugler les regards qui se poseraient sur moi. Mais voilà. Le rouge. Le froid. L’attente. Rien n’arrivait. Aucun regard. Rien. Absolument rien. Le soleil perçait pourtant. Le ciel était franc et dégagé. Le froid lourd pressait mon corps. Le silence habitait cette rue que je


