Chapitre 15

1482 Mots
Francesca posa sa main sur la sienne. — Hey. Respire. Tu crois que t’es la seule à avoir perdu le contrôle à cause d’un homme ? Moi aussi j’ai connu ça. Ce genre de mec qui sait exactement où appuyer pour te faire plier. Elle lui sourit. — T’es peut-être coach, tu donnes peut-être des conseils à la terre entière… mais toi aussi, t’as droit d’être perdue. De demander de l’aide. Et surtout d’être heureuse. Amaya sentit un nœud se desserrer dans sa poitrine. Elle but une gorgée. Soupira. — Merci. — Promets-moi juste une chose, Amaya. Ne laisse pas cet homme te détruire pour exister. Amaya hocha doucement la tête. Mais au fond d’elle, elle savait que Lorenzo n’était pas qu’un homme. Il était une d****e. Et elle… elle était déjà accro. ● Cela faisait trois jours qu’elle n’avait pas eu de ses nouvelles. Trois jours où Amaya avait tenté d’être forte, de résister, de reprendre sa vie en main. Elle enchaînait les séances au cabinet, mangeait à peine, et dormait mal. Puis, un soir, son téléphone vibra. Numéro inconnu. Elle hésita. Répondit. — C’est moi. Viens chez moi ce soir. Sa voix. Froide, calme. Autoritaire. — Tu crois que je suis quoi, Lorenzo ? Une p**e disponible sur appel ? J’ai une vie. Un travail. Je peux pas tout lâcher quand Monsieur s’ennuie. Silence au bout du fil. Puis un soupir. — Tu vas venir, Amaya. Tôt ou tard. Parce que tu sais que tu veux ça autant que moi. Elle raccrocha, furieuse. Et tremblante. Elle tenta de l’ignorer. Encore. De continuer sa journée normalement. Mais lorsqu’elle descendit les escaliers de son cabinet, deux hommes en costard sombre, visages fermés, l’attendaient au bas de la rue. L’un d’eux s’avança : — Mademoiselle Bellori ? C’est Don Lorenzo qui nous envoie. Amaya recula, méfiante. — Quoi ? Il vous a envoyés pour quoi ? Je ne vais nulle part. Le deuxième ajouta, calme : — Il nous a juste demandé de vous escorter. Il vous attend. Elle resta immobile. L’esprit embrouillé. Tout en elle criait de fuir, mais une autre part… une part honteuse… voulait savoir où il était. Ce qu’il voulait. Ce qu’il allait lui faire. Elle monta dans la voiture noire. Aucune parole n’était échangée. Le trajet fut long, silencieux. Ce n’est qu’en apercevant la mer turquoise et les falaises dorées qu’Amaya comprend : ils l’emmènent à Capri. ... Quand Amaya poussa la porte de la villa, la lumière tamisée du salon caressait les murs beiges. Le silence régnait, troublé seulement par le cliquetis des glaçons dans un verre. Lorenzo était assis sur un large canapé en cuir, jambes croisées, un verre de whisky à la main. Son regard s’était posé sur elle sans un mot. Amaya observa la pièce. C'était magnifique. Sobre, masculin, raffiné. Elle aurait voulu ne rien remarquer… mais elle ne put s'empêcher de murmurer, malgré elle : — Ta maison est… très belle. Lorenzo sourit, sans détourner les yeux. — C’est l’une de mes préférées. Elle avança, les bras croisés, tendue. — Pourquoi t’as envoyé ces types ? Tu crois que tu peux me faire déplacer comme une marchandise ? Il porta son verre à ses lèvres. — Parce que tu ne voulais pas venir. Amaya serra les dents. — Je ne suis pas ta p**e, Lorenzo. Tu t’es trompé de femme. Je ne suis pas cette… Sabrina. Un sourire étira les lèvres de Lorenzo, lentement. Il se leva, le regard brûlant, s’approcha d’elle, verre à la main. — Sabrina, hein… C’est Guilia qui t’a parlé d’elle. Je n’ai jamais eu besoin d’ouvrir la bouche à ce sujet. Tu l’as trop écoutée. — Peu importe. Toutes les mêmes, j’imagine, non ? Tu cliques, elles accourent ? Il éclata d’un rire grave, contrôlé. Puis, les yeux plongés dans les siens, il murmura avec provocation : — Mais t’as raison, Amaya. C’est toi, ma nouvelle p**e. Amaya sentit une décharge de rage monter en elle. Sa main partit d’elle-même pour le gifler. Il la stoppa net, son poignet capturé dans sa paume large. — Tu ne veux pas me frapper. Tu veux que je t’embrasse. Que je t’emmène là-haut. Que je t’arrache cette robe. Sa voix grave, dangereusement calme, la fit frissonner. — Tu me rends fou, Amaya. Je sais pas ce que t’as… mais c’est toi. Toi, en ce moment, qui m’obsède. Elle aurait voulu répondre quelque chose de froid. Le repousser. Lui rappeler qu’elle n’était pas comme ça. Mais rien ne sortit. Son cœur battait trop vite. Ses jambes fléchissaient. Et quand il approcha ses lèvres des siennes, elle l’embrassa la première. Elle céda. Encore. Sans aucune résistance. Il la souleva d’un geste ferme, sans rompre le b****r, et la porta jusqu’à la grande chambre à l’étage, baignée d’une lumière tamisée et d’un parfum boisé. Les rideaux volaient légèrement, ouverts sur la mer de Capri, mais Amaya ne voyait plus rien. Il n’y avait que lui. Sa chaleur. Sa présence. Lorenzo la plaqua doucement contre le mur, son souffle court contre sa gorge. — Tu me rends fou, Amaya… Tu n’as pas idée. Ses mains glissaient sous sa robe, cherchant sa peau, la découvrant comme si c’était la première fois. Elle frissonnait sous ses doigts. Chaque caresse lui arrachait un soupir. Elle voulait le repousser, dire non, mais son corps se cambrait déjà vers lui. — Tu dis que tu me détestes… murmura-t-il à son oreille mais ton corps, lui, me supplie. Elle ferma les yeux. C’était humiliant parce que c’était vrai. Il la déshabilla lentement, la regardant droit dans les yeux, comme s’il voulait imprimer chaque courbe dans sa mémoire. Puis il se déshabilla à son tour, sans pudeur, avec cette assurance brutale qui la rendait vulnérable. Leurs corps se retrouvèrent sans hésitation, dans une fusion brûlante, une faim presque animale. Il la dominait. Il dirigeait chaque mouvement. Elle le laissait faire. Parce que, dans ses bras, elle perdait tout contrôle. Elle gémit son prénom. Il murmura le sien, avec une rare douceur, contrastant avec la force de ses gestes. Ils firent l’amour longtemps, intensément, comme deux êtres qui n’auraient jamais dû s’appartenir, mais qui ne savaient plus comment se fuir. Et, quand ce fut fini, il la serra contre lui, silencieux. Elle, les yeux ouverts vers le plafond, se sentit à la fois comblée et détruite. Elle était censée le haïr. Mais c’était trop tard. Amaya resta un long moment immobile, la respiration encore troublée, coincée entre le torse brûlant de Lorenzo et le drap froissé. Elle aurait voulu se lever… s’éloigner… reprendre le contrôle. Mais son corps refusait de bouger. Lorenzo, lui, ne disait rien. Il la gardait contre lui comme s’il venait de marquer quelque chose. Comme si elle lui appartenait déjà. Après plusieurs minutes, Amaya finit par murmurer : — Je ne devrais pas être là… Il caressa doucement sa hanche du bout des doigts, geste rare chez lui, presque tendre. — Et pourtant tu es là. Elle serra les dents, tentant de masquer le frisson qui la traversait. — Je ne suis pas ta femme. Je ne suis pas ta maîtresse. Je ne suis rien pour toi. Il tourna légèrement la tête vers elle, un sourire dangereux au coin des lèvres. — Tu n’es pas rien. Pas pour moi. Tu es celle que je veux. Elle sentit son cœur se serrer. C’était la première fois qu’il le disait clairement. Sans détour. Sans jeu. Amaya repoussa doucement sa main et se redressa sur les coudes. — Et Guilia ? — Ne prononce pas son nom ici, répondit-il sèchement. Pas dans cette maison. Elle avala difficilement sa salive. La villa. Capri. C’était un de ses repaires privés. Un de ses sanctuaires. Aucune femme ne venait ici, elle le savait maintenant. Aucune… sauf elle. — Tu m’as fait venir de force, continua-t-elle, la voix tremblante mais ferme. Tu envoies tes hommes comme si j’étais un objet. Lorenzo se redressa à son tour, son regard sombre ancré dans le sien. — Si je t’avais laissé le choix, tu ne serais pas venue. Il n’avait pas tort. Et ça la blessait de l’admettre. — Je ne suis pas ta possession, Lorenzo. — Pas encore. Elle le fixa, choquée. Son cœur battait trop vite, trop fort. Il aimait provoquer, dominer, tester ses limites. Mais cette phrase… cette phrase-là n’était pas anodine. — Tu es toxique, lâcha-t-elle. Tu vas me détruire. — Peut-être. Mais toi, tu me fais perdre la tête. Tu crois que j’ai envie de ça ? Tu crois que j’ai besoin de ressentir ça pour quelqu’un d’autre que moi ? Il posa sa main sur sa nuque, doucement cette fois. — Tu es la seule qui me résiste… et la seule que j’ai envie de briser. Elle eut un frisson. — Mais tu es aussi la seule que j’ai envie de garder. Amaya sentit quelque chose céder en elle. Une faiblesse. A suivre
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