XX Si le capitaine Beaujonnier n’avait point conduit sa femme le jour du départ de celle-ci, ce n’était point qu’il fût brouillé avec elle : c’était simplement parce qu’il s’était couché tard la veille et qu’il n’aimait pas à se lever matin. Au bruit qu’elle faisait en allant et venant dans la chambre, il s’était cependant éveillé, et, la voyant faire bouffer devant la glace les brides de son chapeau, il l’avait appelée pour l’embrasser. – Adieu, mon petit chat, lui avait-il dit d’une voix empâtée ; bon voyage. Si tu t’ennuies trop là-bas ou si tu ne te trouves pas bien, reviens ; seulement fais-toi donner une bonne indemnité. Et, sur ce conseil, il s’était tourné du côté de la ruelle pour fuir le soleil déjà haut, qui le gênait. Mais, avant de s’endormir, une idée lui avait traversé


