LVIIILa Fouine était maintenant une femme de quarante-cinq ans. Le régime de la prison, les souffrances et les privations avaient détruit cette beauté paysanne qu’elle avait autrefois. Son regard seul avait conservé son audace et son effronterie. Ses cheveux noirs grisonnaient, et son visage amaigri était sillonné de rides profondes. Elle arriva à la Maison-Blanche à cette heure crépusculaire si bien nommée entre chien et loup. Elle avait un petit panier au bras et les mains dans les poches de son tablier. Madame et mademoiselle Langevin étaient chez elles. La mère apprêtait à souper, la fille travaillait à son ingrate besogne de couture. La Fouine entra en disant : – Je suis la femme de ménage du brigadier de gendarmerie Sautereau. À ce nom le visage des deux femmes s’éclaira, et


