malheur ne pouvait pas avoir un autre nom que ce qu’il venait d’arriver aux enfants NOA, qui se retrouvent seuls du jour au lendemain. Les NOA sont une famille de musulmans ce qui a accéléré d’office les enterrements de leurs parents, en un temps record après leurs décès respectifs. Tous dévastés, chacun d’eux voulait uniquement de la tranquillité pour continuer son deuil. Tout était devenu, très vide, et surtout très vaste.
Le notaire leur avait précisé une lecture de la suite du testament de leur père plus tard, vu le triste évènement qui avait suivi la remise des chèques à l’hôpital. Mais aucun d’eux n’a jusque- là encore invité le juriste à venir continuer son travail, surtout que le deuil continue avec les différentes prières musulmanes pour lesquelles, il fallait respecter certains nombres de jours, avant de nouer les unes avec les autres.
Pour la première fois depuis qu’ils sont nés, les enfants NOA ont eu besoin de femmes et hommes de ménages pour tenir la maison propre. Ils n’étaient pas nuls, puisque toute sa vie durant, leur mère, n’en avait jamais eu besoin malgré ses longues années de vie de ménagère. Elle n’avait eu que ses deux enfants pour l’y aider, malgré les difficultés que cela pouvait présenter à chacun. Mais là, ils étaient tous vides d’énergie psychologique, et n’entendaient pas du tout bouger pour faire quoi que ce soit sans papa et maman, car c’est ensemble que tout se faisait dans cette maison .Gratien était celui qui avait mené la démarche, et qui avait pris les employés à sa charge. Il possédait un compte en banque depuis qu’il était devenu étudiant, sur lequel il épargnait une grande partie de l’argent que ses parents lui donnaient mensuellement pour sa poche, vivant ainsi de celui qu’il gagnait en faisant de petits jobs d’apprentissages. Son avoir en banque très considérable parce qu’il était également boursier de l’excellence, ce qui lui faisait recevoir de l’Etat chaque année, une forte somme comme aide au meilleur étudiant qu’il était. Toutes ces sommes, il ne les dépensait jamais, avec pour objectif de créer son entreprise sur fond propre dès qu’il obtiendrait son parchemin de fin de formation. Il possédait donc quelques millions en compte sans ressembler à un jeune millionnaire. Il voulait rendre son père fier de lui le jour où il lui révèlerait son exploit, et sa mère encore plus. Mais voilà qu’il perd les deux presque le même jour, alors qu’il n’était qu’à un pas de créer sa jeune entreprise. C’est surtout ce qui le fait pleurer tout le temps.
Trois bons mois sont passés. Les héritiers NOA en avaient finis avec le deuil de leurs parents. Il fallait qu’ils avancent maintenant. Ce fut le conseil de l’un des confrères de leur père, rentré de Bruxelles, uniquement dans le but de venir rendre hommage au feu professeur NOA, qui représentait beaucoup pour lui, et réconforter ses héritiers. Gratien n’avait pas fini de rédiger son projet, et devrait maintenant s’y concentrer. Le psychiatre Belge, avait ramené pleins de ces médicaments que Symphonie et Gratien avaient l’habitude de prendre, à chacun d’eux, en leur précisant que leurs père lui avait beaucoup parlé d’eux, en tant que son frère dans le serment. Cela réconforta beaucoup les orphelins. De plus, l’hôte avait souhaité une séance de discussion avec Symphonie, afin de lui expliquer comment préparer ses solutions buvables elle- même désormais, ainsi que les prises de ses comprimés. La jeune fille semble avoir compris l’enseignement.
Symphonie n’avait pas quitté sa chambre depuis ces trois derniers mois. Son frère ne sachant pas qu’elle souffrait d’un déficit mental, a considéré cela comme les séquelles de la disparition de leurs parents. Et comme l’aîné dont ses parents avaient toujours été fiers, il entoura sa sœur de toute son attention, et toute son affection. C’est alors qu’il embaucha du personnel à divers niveaux dans la maison, qu’il instruit selon les principes habituels de leur résidence, afin que sa sœur puisse rester dans des conditions saines et tranquilles, pendant que lui s’occupe des interminables visiteurs, qui ne cessaient de venir présenter leurs condoléances. Symphonie pleurait beaucoup et cassait tout dans sa chambre. Son frère l’attrapait dans ses bras souvent, et la laissait y pleurer jusqu’à ce qu’elle ne se calme d’elle-même. Alors il lui faisait prendre son jus de fruit avec des comprimés de somnifère qu’il avait acheté à la pharmacie, ensuite il lui faisait manger son repas du moment, insistait pour qu’elle aille prendre son bain, après quoi il pouvait la voir calme et aller vaquer tranquillement à ses occupations. C’est ainsi qu’il avait procédé jusqu’à ce que l’ami de son père ne vienne leur offrir des médicaments que lui il ne connaissait pas pour sa sœur, mais que cette dernière connaissait très bien. Et depuis, sa sœur semble avoir recouvré sa santé et retrouvé son moral. Il leur fallait maintenant faire appel au notaire pour connaitre la suite du contenu du testament de leur père, ainsi que le contenu global de celui de leur mère, point sur lequel les deux héritiers étaient bien d’accord. Ce qu’ils firent.
Comme si il les attendait sur la cime de leur invitation, le notaire se présenta sans retard le lendemain, au domicile des NOA. Gratien était content de voir sa sœur aller bien, car elle pourra être présente à la séance de lecture des testaments par le juriste en charge. Le maître, installé dans le bureau de leur père depuis quelques minutes déjà, y attendait patiemment en compagnie de Gratien, l’unique héritière NOA. Symphonie au bout de quelques minutes de retard, avait fini par se montrer. Son frère en était très heureux. Le notaire encore plus heureux de lire de la renaissance dans les yeux des deux orphelins, entama la séance. Il commença par le rappel de remise de chèque, avant d’expliquer la provenance des sous partagés. Ce fut donc le lieu pour les enfants NOA d’apprendre que leur père avait vendu son hôpital privé de psychiatrie, ainsi que sa maison. Grand Dieu !