Cela fait trois ans déjà que les époux NOA disparurent pour toujours. Et même si ça a été dur pour leurs enfants, la vie a dû continuer car ainsi sont faites les choses dans l’ordre divin. Contrairement à Symphonie, Gratien lui, se souvient seconde par seconde du délai de déguerpissement annoncé par le testament de son père. Et pour cela, il avait lancé le chantier de sa première entreprise, sur ce lopin de terre que son père lui avait offert, et les travaux tendent vers leur fin.
Gratien savait que sa sœur ne faisait pas bon usage de sa fortune, mais aussi qu’elle avait une santé fragile. Pour lui, c’est parce que sa santé est fragile que leur père lui a laissé autant d’argent, afin qu’elle n’ait pas à travailler pour s’autosuffir. Mais Sympho ne faisait rien d’utile avec son héritage. Que pouvait-il lui pour empêcher tous ça? Rien ! C’est à cause de tous ses paramètres que Gratien a décidé de laisser sa sœur faire ce qu’il lui plaisait, sans jamais savoir jusqu’ à quel extrême cette dernière pouvait aller. Récemment, son chauffeur avait démissionné sans aucune raison valable, comme pouvait le laisser voir, sa lettre de démission.
Dehors, plus précisément dans le quartier, les gens parlaient vraiment mal de Symphonie. Trop de zèles lui sont attribués. Il n’en a pas la moindre preuve, et n’entends pas fouiller dans la vie de sa sœur unique, pour des commérages. Car parfois, il vaut vraiment mieux de ne rien savoir, disait son feu père. La seule chose qui lui a fait un peu mal est que depuis qu’il a lancé la construction de son entreprise à là, sa sœur n’a jamais cherché à savoir si cela avançait ou non. Cela lui a paru étrange mais il a préféré ne pas en vouloir à celle-ci. Après tout c’est de sa petite sœur qu’il s’agit et c’est une personne adulte maintenant. Elle peut donc très bien prendre soin d’elle.
En effet, les frères NOA avaient perçus leurs parts de l’héritage maternel, et dès lors, Gratien a décidé de lancer la construction de son entreprise. Il avait opté pour un plan plus complexe et surtout unique, qui vise à associer son domicile et son entreprise sur le même domaine. Le bâtiment érigé compte trois étages, dont le ré de chaussé entier et le premier étage constituent son espace entrepreneurial, et le deuxième étage son domicile. Au ré de chaussée, se trouvaient quatre boutiques occupant toute la longueur de la clôture. Gratien compte en occuper une, pour ses expositions et ventes, et mettre les trois autres en location. Du reste de l’espace, il a fait un hall à l’aspect de laboratoire de production alimentaire. Il y avait la case de la matière première, la case du matériel de travail, Le laboratoire proprement dit, ainsi que les toilettes pour le personnel employé. Sur l’espace du laboratoire, il a fait installer toutes les machines qu’il lui fallait pour la transformation complète des olives. Déjà, il dispose d’une très longue liste de fournisseurs d’olives, sur qui il est sûr de vraiment compter pour se lancer. Au deuxième étage, c’est un hall de stockage à perte de vue qui se montre. C’est là ou Gratien prévoit de stocker ses produits finis après les avoir empaqueté. Deux ascenseurs ont été installés pour les circonstances pour acheminer facilement les produits du laboratoire vers le magasin de stockage, puis du magasin de stockage vers la boutique. Un dispositif de sécurité de taille a été installé malgré qu’une agence de sécurité soit en instance d’assurer la sécurité des lieux vingt- quatre heures sur vingt-quatre.
Gratien semble être vraiment pressé de voir la fin des travaux. Il passait quasiment toutes ses journées sur son chantier, à surveiller l’évolution des travaux. Il savait que l’absence de suivi sur de si grands chantier, occasionnait souvent des malversations qui finissent en perte pour le promoteur. Son père en avait été victime sous ses yeux. Et lui, il n’avait pas autant d’argent que son père, pour jouer au bon samaritain avec, sur un projet aussi important pour lui. La société de construction a été payée pour réaliser le bâtiment, et donc n’avait plus à détourner du matériel. Cette décision de les surveiller a effleuré l’esprit de Gratien lorsqu’un jour, précisément quinze jours après le démarrage du chantier, le chef l’interpella un après-midi, pour l’informer d’une certaine fissure tunelique dans le sol, qui ne saurait être prise en charge par le budget initial. Stupéfait, mais très excité par le démarrage des travaux, Gratien se pressa de signer un chèque au dupeur, qui a bien réussi son coup. Quelques jours plus tard, de très bon matin, du chef chantier vint à nouveau à lui, mais cette fois-ci le réveiller. La somme libérée pour corriger le prétendu défaut de relief trouvé, n’avait pas suffi. Il lui faudrait donc faire diligence, pour envoyer un complément d’une équivalence de la moitié du premier chèque. Jusque-là, tout allait bien pour le profiteur. Gratien n’avait pas encore compris que cet homme se moquait de lui depuis le début. Il sauta donc de son lit, avec la promesse de lui apporter le chèque dans les prochaines heures. Mais au moment où il allait sortir, Guira sa femme de chambre, s’est évanouie, alors qu’elle traversait le salon pour le balcon. Prit de peur, il la ramassa en courant, la déposa sur son siège arrière avec l’aide du gardien, puis la conduisit à l’hôpital. Arrivés sur les lieux, toujours inconsciente, elle fut transportée sur un brancard, vers les urgences, pendant qu’eux autres attendaient tous nerveux. Mais Gratien était le plus nerveux de tous. Pour lui, cette fille représentait beaucoup désormais. Elle n’était plus une simple servante à ses yeux. Il l’aimait et partageait tous ses moments autrefois solitaires, avec elle désormais. Il mourrait s’il lui arrivait quelque chose. Bientôt, il vit le médecin qui s’approchait. Très vite il se démarqua du gardien pour se rapprocher de l’homme de santé.