IÔ douce sérénité, vertus patientes des anciens jours, qui vous ramènera parmi nous ? En ce temps-là les hommes consumaient les heures sans les compter. La moindre odyssée durait au moins dix ans. Jamais il n’arriva à la foule suspendue à un récit, de dire : C’est assez. Si j’eusse vécu dans ce temps-là, que d’aventures eussent été ajoutées au pèlerinage de Merlin ! Sans doute j’aurais suivi sa barque par delà les Hespérides et jusque dans l’île perdue de l’Atlantide aux pommes d’or. Mais aujourd’hui une impatience fiévreuse agite l’esprit des hommes. La soif de l’or les empêche de prêter plus d’une heure d’attention aux récits des conteurs. Il me faut abandonner la riche matière qui se présentait à moi. Comme le navigateur qui cingle en pleine mer, s’il est saisi tout à coup par le mal


