— C'est bon madame, j'ai fini de tout ranger, dit une jeune femme en se plantant devant la maîtresse de maison.
L'employée par quinzaine des Newt, Elsa, était comme promis par le brun venu faire les courses de la maison. La blonde lui avait remit la petite liste qu'elle avait établie la veille et la jeune femme s'était comme à l'habitude dépêchée de la satisfaire.
Clara qui regardait un petit concours entre des cuisiniers sans vraiment suivre ce qui s'y passait, éteignit la télévision. Elle se mordit la lèvre et soupira comme depuis qu'elle s'était assise. Son employée et en même temps la seule avec qui elle essayait d'être elle même s'inquiéta.
— Quelque chose ne va pas madame ? reprit la jeune femme.
Clara releva la tête et tenta un léger sourire dont le résultat inquiéta encore plus son interlocutrice.
— Tout va bien Elsa, peut-on aller marcher dans le jardin ? lui demanda t-elle en se levant.
— Bien sûr.
En effet, marcher dans le jardin était en quelque sorte devenu leur routine depuis que le fils d'Elsa s'y était perdu. Le petit bout de chou, avait profité que sa mère tourne le dos et que la maîtresse de maison soit à l'étage pour se glisser à travers la porte rester entrouverte pour aller jouer dehors. Les adultes ayant fini par constater son absence, s'étaient affolées en se mettant à sa recherche pour finalement le retrouver endormi de fatigue au milieu des fleurs.
Elsa avait montré à Clara combien un enfant pouvait être un petit don du ciel, et Clara avait dès lors commencé à ne plus trop détesté les enfants. Enfin, elle commençait à aimer Liam, le petit garçon de son employée, c'était un début. Mais elle n'était pas encore prête à se voir dans le futur, mère d'un ou plusieurs enfants. La preuve, elle avait renouvelé son planning de 5 ans — habituellement 2 ans — l'année dernière.
— Comment va Liam ? demanda Clara alors qu'elles marchaient dans l'allée au milieu du jardin, Mario les talonnant d'une distance leur laissant un peu d'intimité.
— Il va très bien. Le fils de nos voisins l'a par maladresse informé qu'il commencera l'école bientôt lui aussi et depuis il devient un peu plus exigent avec nous, informa Elsa dans un petit sourire.
— Vraiment ? Comment cela ? questionna Clara, surprise.
Si il y avait une bonne raison qu'elle ai put s'entendre avec le petit garçon c'était bien parce qu'il était littéralement un petit ange. Peu capricieux comme les enfants de son âge et assez calme de tempérament. Plus d'une fois, Clara s'était surprise à imaginer que son enfant perdu dans sa fausse couche à ses dix-neuf ans aurait pu lui ressembler, ou du moins elle le voulait ainsi.
— Il ne veut plus que Mathis aille travailler, boude pour une raison ou une autre, toute situation est prenable pour que je le prenne dans les bras ou joue avec lui. Là c'est parce que sa grande-mère est arrivée que j'ai pu venir sans lui, énonça Elsa un peu amusée de la situation chez elle.
— La prochaine fois, amène-le, il m'a un peu manqué ce petit garçon, demanda la blonde.
Elsa hocha la tête, acceptant la proposition.
— J'aime bien votre foulard, même si je n'arriverai jamais à comprendre votre amour pour le rouge, fit Elsa en baissant les yeux sur le tissu au cou de sa patronne.
Par réflexe, cette dernière toucha le tissu du bout des doigts encore heureuse que ce qu'elle s'évertuait à cacher, le soit. Ou peut-être pas, puisqu'en deux ans elle avait appris à un peu connaître la jeune femme à côté d'elle. Elsa qui devait avoir le même âge qu'elle ou d'un à deux ans son aînée, savait être discrète dans son travail. Elle avait travaillé pour des riches avant les Newt et savait utiliser à la perfection ce qu'elle appelait souvent la « théorie d'un aveugle sourd-muet ». En d'autres mots, elle ne voyait rien, n'entendait rien et ne disait rien tant que cela n'avait pas rapport avec son travail.
C'était peut-être pour ça que Clara se dit qu'elle avait peut-être vu son collier. Malgré elle, une nouvelle expression se dessina sur son visage et l'autre femme la remarqua.
— Vous n'allez pas bien madame ? demanda t-elle doucement.
— Allons à l'intérieur, je dois vous demander quelque chose, répondit Clara en lui jetant un regard en biais.
Elles se retournèrent, dépassèrent Mario qui les suivit à nouveau et même si elle lui accorda un regard, Elsa ne dit rien.
À peine à l'intérieur, Clara tira l'autre femme vers la cuisine.
— J'ai besoin que vous m'aidiez, demanda t-elle.
— Que voulez-vous que je fasse ?
La blonde se tut un instant, histoire d'être sûre de ce qu'elle allait demandé puis reprit :
— J'ai besoin de sortir prendre l'air, juste un tout petit peu et je doute que mon garde corps le permette alors j'ai besoin que vous fassiez diversion. Apporter lui un café en l'entraînant loin ou allé crié dans le jardin ou.. n'importe quoi, juste.. juste que je puisse sortir d'ici.
— Oh, souffla Elsa, peu habituée à ce genre de demande, puis elle releva la tête, affolée. Vous... vous vous enfuyez madame ? demanda t-elle.
Clara sourit en secouant la tête. Elle avait juste succombé à l'envie de mettre pieds au delà du portail. La sortie d'hier n'avait fait qu'amplifier cette envie et elle voulait juste remettre ça. Pas s'enfuir. Où irait-elle de toute façon ?
— Non. Non Elsa, je ne m'enfuis pas, vous pouvez me croire, la rassura t-elle.
L'employée demeura pensive pendant un instant et finit par hocher la tête, une idée derrière la tête.
— D'accord, j'accepte de vous aider.
Andrès venait de quitter son travail. Il était à la pause mais avait informé sa secrétaire de la faible probabilité qu'il revienne au boulot avant la fin de la journée. En se dirigeant vers sa voiture, il ignora l'appel de Carl qui était toujours au Casino.
D'après les dires de son homme de main, Hoseok risquait de tuer leur otage avant qu'il ne vienne. Et malgré l'extrême de la situation, le brun en riait un peu.
Arrivé après une bonne demi-heure devant son établissement, Andrès se gara et entra à l'intérieur. Tout était un peu calme comparé à la grande effervescence présente la nuit, mais les clients n'en étaient pas moins nombreux. Le brun se hâta de monter à l'étage, entrant dans une pièce noire depuis la porte.
— Monsieur, entendit-il souffler de la bouche de Carl.
— Où est-il ? demanda t-il aussitôt.
Le grand châtain l'emmena derrière la seconde porte à l'intérieur de la pièce et le laissa voir leur otage. Torse nu, attaché, frappé, le visage gonflé. Méconnaissable.
— C'est l'œuvre d'Hoseok ? s'enquit le patron même si il connaissait déjà la réponse.
Carl hocha la tête.
— Il a parlé de ses goûts efféminés, annonça t-il.
Andrès ressortit de la pièce, Carl sur les talons. Le brun marqua une courte pause en fronçant les sourcils.
— Où est-il dans ce cas ? questionna t-il, parlant de son adjoint.
— Attaché dans votre bureau, répondit le châtain très calmement.
Les deux hommes se dirigèrent vers le dit bureau et aussitôt la porte ouverte, une voix en colère gronda :
— Je te jure qu'aussitôt détaché, je me fais un plaisir de t'éclater la tête sans oublié de t'arracher les yeux !
— Que de belles promesse par ici ! ironisa le brun en entrant dans pièce.
— Andrès ! appela en même temps l'asiatique, dit lui de me détacher !
— Ça c'est entre vous Hoseok, répondit le brun en s'asseyant dans le fauteuil en face de celle dans lequel était attaché l'adjoint. Tu l'as amoché ! lui fit-il à nouveau remarqué, parlant de leur otage.
— Il était là pour me tuer ! s'énerva le jeune homme. Et tu sais pourquoi ? Parce que t'atteindre commençait par le casino, donc moi. Pas parce qu'il pensait que tu tenais à moi, non, mais parce que selon lui « mes goûts faisaient de moi un faible ». p****n mais je rêve !
Il serra les poings sous la colère et rejeta la tête en arrière, non sans penser à lancer un regard noir à Carl au passage.
Andrès fit un signe de main au châtain et après une petite hésitation, ce dernier s'approcha de l'asiatique, se mettant à lui délier les liens.
— Tu as intérêt à ne pas t'approcher de Carl, Hoseok, je n'interviendrai pas si il décide de répliquer.
— Je l'ai déjà frappé une fois, répliqua l'asiatique du tac au tac.
— En le droguant, et même après ça il a fallut que je te sauve la peau, lui rappela son patron.
Le jeune homme grogna mais se tut.
Plus jeune, il avait subit pleins de remontrances et avis dédaigneux sur ses goûts un peu différents de ceux des hommes. Cela l'avait finalement fait décidé à savoir se défendre au plus haut point et c'était dans l'un de ses endroits pour combat de boxe que Carl l'avait déniché. Pas seulement pour ça bien évidemment, mais aussi pour son intelligence et ses diplômes. Seulement l'intelligence ne lui permettait pas de fermer la gueule des hommes, mais la force, si.
— Qui est-ce ? demanda Andrès, une fois Carl revenu derrière lui.
— Raphaël Guez. Il dit que tu as tué son frère et est venu le venger, annonça Hoseok en se massant les poignets.
— Je vois.
Loin de s'étonner de ce fait, l'asiatique continua.
— Il ne s'est pas fait prier pour dévoiler la raison de ton "supposé" acte et j'en ai déduis qu'il disait vrai. Seulement il s'est pris à la mauvaise personne. Mes hommes sont allés chez lui, il vit seul. Pas de femme. Pas d'enfant. Seul et apparemment il était bourré en venant ici.
Andrès releva la tête vers son chauffeur qui opina du chef pour affirmer que l'adjoint savait pour Clara. Malgré lui, il contracta la mâchoire.
— Tu l'as assez fait regretter ses intentions comme ça, vous pouvez le libérer maintenant.
— Quoi ? glapit l'asiatique. Ce c*n veut te tuer pour venger son frère, Andrès.
— Je vais lui dire deux mots et après vous le libériez.
En colère, Hoseok se leva et sortit de la pièce.
— Suis-le, qu'il ne fasse pas de bêtise ! ordonna aussitôt le brun.
— Bien monsieur.
Andrès se leva à son tour, il alla près de son bureau et s'abaissa pour prendre dans le dernier tiroir, du whisky. Le premier goulot lui descendait dans la gorge quand son téléphone sonna. Il le déposa sur la table, mais ne prit pas l'appel, trop énervé par tout ce monde qui semblait apprendre qu'il s'était fait cocufié. Le répondeur retentit au bout d'un moment.
« Monsieur, elle a essayé de s'échapper » retentit la voix de Mario.
Andrès but une nouvelle rassade de la boisson, prit son téléphone et relança l'appel.
« Passe la moi ! » ordonna t-il, aussitôt l'appel décroché.
« Je vous jure que je ne voulais pas fuir, s'il vous plaît je suis désolée... » sanglota en même temps Clara à l'autre bout du fil.
« J'espère pour toi que tu l'es Doll. Je l'espère vraiment parce que tu viens encore de me désobéir et chaque parcelle de ton corps sera punie pour ça ! »