Plusieurs heures après le départ de son ex petite amie, Andrès resta assis dans son bureau à cogiter. Il n'arrivait tellement plus à se concentrer sur ses dossiers qu'il dut faire appel à son homme de main. Mais même la présence de ce dernier n'était pas parvenue à le calmer. En effet, d'habitude suggestif dans ces genres de situations, Carl s'était juste tut et l'avait laissé à ses neurones.
Sur le chemin du retour, alors qu'ils étaient en pleine circulation, Andrès reçut un message provenant de son adjoint au casino. Ce dernier avait fini par se faire à la décision de son patron en laissant aller l'effronté qui avait tenté de le tuer. Non sans rien en retour bien évidemment, il avait demandé la maison du Guez comme acquis. Sa raison étant qu'ainsi, si il prenait l'envie à ce fils de p**e — pour ne citer que ses mots — de revenir en douce, il le saurait.
Veronica est de retour ? _ Hoseok
Le brun ignora le message, préférant ne guère répondre à cette question avant que le téléphone ne vibra une seconde fois.
Elle est ici. _ Hoseok
— p****n ! jura le brun en prenant le téléphone. Carl, on va au casino !
— Bien, monsieur.
Le châtain leva un regard dans le rétroviseur avant d'enclencher sur la nouvelle rue à leur gauche. Ils arrivèrent à destination bien des minutes plus tard puis entrèrent dans la bâtisse bien assez lumineuse et au mille feux comme à chaque soir.
Le lieu était bondé de monde mais ils n'eurent aucune difficulté à repérer la blonde autour d'une table de jeunes riches qui ne savaient pas en quoi dépenser leur argent. Elle n'attirait pas que l'attention mais aussi un grand public autour d'eux.
Quand Andrès jeta un coup d'œil vers elle en montant les escaliers, elle leva le regard sur lui comme sachant qu'il la regardait. Elle lui sourit malicieusement puis tira une carte sur la table.
Carl qui était un peu arrière dit quelques mots à l'un des gardes corps près de la porte puis talonna son patron, le suivant de près jusqu'à l'étage.
Ils entrèrent à peine dans le bureau du brun qu'Hoseok débarqua.
— p****n, qu'est-ce qu'elle fait ici Andrès ? demanda t-il quand le patron s'assit.
Ce dernier souffla en passant une main dans ses cheveux bruns. Il n'eut que le temps de ramener sa main sur la table que la porte s'ouvrait, dévoilant Veronica, toute sourire dans une sublime robe noire. Elle s'avança dans la pièce en ignorant grandement l'asiatique qu'elle n'avait jamais porté dans son cœur puis s'assit en face du brun, faisant un clin d'œil à Carl, debout derrière lui.
— Tu m'as fait appelé ? questionna t-elle presque sensuellement.
— Bonsoir à toi aussi ? répondit Hoseok pour la provoquer.
Elle se retourna en lui renvoyant son regard noir avant que ce dernier ne les laissent seuls en sortant du bureau.
— Tu ne fais pas comme lui, Carl ? dit-elle à l'intention du garde corps.
Le châtain ne répondit guère, laissant son patron décider de ce qu'il voulait.
— Qu'est-ce que tu fais ici Veronica ? questionna Andrès, les yeux rivés sur elle.
— Je jouais Andrès, comme tout le monde, répondit-elle en souriant en coin.
— Je n'ai pas la tête à jouer à des stupides jeux avec toi alors tu vas t'en aller d'ici et ne plus y remettre les pieds, déclara le jeune homme.
Veronica passa sensuellement la langue sur sa lèvre inférieure en tapotant un doigt sur le collier à son cou.
— Sinon quoi ? murmura t-elle, les yeux brillants.
Son regard provocateur cilla entre ceux du brun. Elle semblait confiante et sûre de ce qu'elle faisait, s'attendant à tout moment que la victoire lui soit dédié. Mais les prochaines paroles de son interlocuteur la fit lever les yeux au ciel.
— Il n'y aura aucun sinon Veronica, parce que tu sortiras d'ici et n'y reviendra plus, affirma Andrès. Carl ! continua t-il simplement, claquant des doigts sous son énervement.
Le châtain se dirigea de derrière lui vers la blonde qui hésita encore un moment avant de se lever calmement pour ne rien perdre de sa dignité. Elle lui lança un dernier regard plein de promesse quand elle disparut derrière la porte, Carl, la mine calme, la suivant.
Aussitôt la porte fermée, Andrès passa une nouvelle main dans ses cheveux. Il savait que Veronica n'allait pas arrêter de si tôt. Elle semblait trop déterminée pour ça et même si elle ne l'était pas, il ne fallait pas être devint pour voir qu'elle ne rigolait pas.
Il ferma les yeux, s'efforçant à se rappeler pourquoi il la détestait déjà et depuis quand. Seulement il ne trouva pas grand chose, sa pensée ne lui rappelant que combien elle avait été une bonne soumise avant de le quitter. Le quitter... comme un son de cloche, ce souvenir lui rappela la raison de sa haine envers elle. Mais il souffla grandement parce que jusqu'au plus profond de lui, il savait qu'il ne l'avait jamais vraiment détesté. Elle était partie en arguant une bonne raison. Une raison pour laquelle en choisissant Clara, il avait décidé de bien faire les choses cette fois.
Le souvenir de sa fiancée, lui donna l'envie d'appeler Mario et demander d'après elle. Il sortit son téléphone puis le remit dans sa poche, préférant rejoindre Carl et s'en aller. Il n'avait plus rien à faire ici de toute façon.
Quand il sortit du bureau et descendit les dernières marches de l'escalier. Hoseok retirait de manière experte et rapide la montre de Carl de son poignet avant même que ce dernier ne s'en rende compte. L'asiatique sourit malicieusement en se reculant. Il tint de son autre main le bout de son écharpe grise enroulé à son cou, et fit un clin d'œil de victoire à l'intention du chauffeur puis le planta là.
Loin de vouloir dire quoi que ce soit, Andrès dépassa juste le châtain qui le suivit.
Clara venait de monter pour la troisième fois à l'étage et de descendre sans ne rien prendre. Elle s'impatientait de l'arrivée de son homme qui tardait un peu trop selon elle. Le souvenir qu'elle aurait pu l'appeler si elle avait encore son téléphone la fit se culpabiliser puisque même quand elle avait de téléphone il lui arrivait rarement de l'appeler pour lui demander de vite rentrer.
Elle se mordit la lèvre en lissant pas réflexe le bas de sa robe rouge qu'elle voulait de la même couleur que son collier ce soir. De toute façon le rouge était déjà sa couleur de prédilection, trouver une raison pour en mettre n'était qu'un ajout.
Loin dans ses réflexions elle n'entendit ni ne vit entrer le brun dans leur demeure. Ce dernier se trouvait à quelques mètres devant elle et la regardait, le sourcil haussé.
— Oh, bonsoir monsieur, dit rapidement Clara en revenant à elle.
Elle s'agenouilla aussitôt au sol en baissant la tête.
— Eh bien tu était loin dans tes pensées Doll, remarqua son fiancé en s'avançant vers elle.
Elle secoua aussitôt la tête.
— Désolée monsieur, je vous attendais, répondit-elle immédiatement.
L'autre hocha la tête sans qu'elle ne le voit et lui passa une main dans les cheveux. Il passa un doigt sur les petites tresses qu'elle s'était faite dans les cheveux et lui releva la tête, la fixant intensément, puis la dépassa finalement, lui ordonnant d'apprêter la table avant qu'il ne descende.
Après que le brun soit redescendu, lavé et habillé de façon plus décontractée, ils mangèrent comme à l'habituel. Lui, ses couverts posés sur la table et celui de Clara posé sur sa cuisse. Plusieurs fois il s'était arrêté de manger pour la regarder à la volée mais elle ne le notifia guère.
Le dîner finit et Andrès ayant des dossiers à terminer, ils s'en allèrent au salon. Le brun avec ses dossiers et Clara allumant la télévision. Au bout d'un moment de lecture, Andrès baissa les yeux sur la blonde qui fredonnait doucement une chanson qui passait à la télé. Elle était tellement prise dans le chant qu'elle ne remarqua même pas qui la regardait jusqu'à qu'elle eut finit de chanter.
— Pardon monsieur, souffla t-elle, les joues rouges de honte après avoir croisé son regard.
Il ne dit rien mais tendit la main pour prendre la télécommande et éteindre la télévision. Elle garda la tête baissée, appréhendant une punition pour l'avoir déranger. Mais elle ne se fit pas punir quand il lui releva le menton pour la regarder dans les yeux.
— À combien de pourcentage es-tu dévouée pour travailler Doll ? lui demanda t-il à son plus grand étonnement.
Clara bégaya sur ses mots, ne s'étant pas attendu à la question avant de se reprendre.
— To- totalement monsieur, répondit-elle.
— Vraiment ? Alors tu vas me le prouver dans les sept prochains jours. Si tu arrives à faire le moins de faute possible, peut-être y réfléchirai-je un peu plus...
— Oui d'accord monsieur je suis..., répondit rapidement la blonde, émerveillée, avant d'écarquiller les yeux et se perdre en excuses en réalisant qu'elle venait de commettre une faute en coupant la parole au brun. Non, je.. excusez-moi monsieur, c'est juste que... excusez-moi s'il vous plaît, dit-elle en déglutissant.
Andrès descendit son regard sur elle de ses lèvres à ses doigts entremêlés entre eux puis remonta les yeux.
— Fait-toi donc excuser. Tu m'as l'air bien porté sur l'envie de chanter ce soir, répondit-il en la relâchant, son regard se posant sur le piano de l'autre côté de la pièce.
Clara suivit son regard et hocha la tête. Elle se releva aussitôt en allant s'asseoir derrière l'instrument de musique avant de se mordre la lèvre à présent, ne sachant pas vraiment quoi jouer et chanter.
— Vous.. vous voulez quelque chose de particulier monsieur ? demanda t-elle en le regardant.
Il n'y eut aucune réponse, Andrès se contenta juste de la regarder jusqu'à ce qu'elle se décide à trouver par elle-même.
Les premières notes de la chanson d'un artiste qu'elle affectionnait bien retentirent dans la pièce alors qu'elle baissa les yeux sur les touches, plus par envie que par besoin.
Sa douce voix accompagna les notes tandis qu'elle releva la tête sans pouvoir soutenir le regard perçant du brun sur elle. Par moment elle fermait les yeux et les rouvrait tout en regardant un point inexistant derrière lui.
Elle oublia presque le but de sa prestation en se perdant dans sa mélodie quand les dernières touches mourraient sous ses doigts et les dernières paroles glissaient de ses lèvres.
« But how am I supposed to love you, when I don't love who I am ?
And how can I give you all of me, when I'm only half a man ?
Cause I'm a sinking ship that's burning, so let go of my hand.
Oh, how can I give you all of me, when I'm only half a man...? »