Elle est de retour

1641 Mots
La phrase de la blonde lui fit complètement obtenir l'attention de l'homme. Elle se hâta d'exprimer son désir tout en faisant attention sur les mots à employés. — Je me suis dis que je pourrai peut-être être utile en travaillant quelque part..., commença t-elle, se félicitant pour ne pas avoir bégayé. Elle remonta légèrement la tête pour croiser les sourcils froncés du brun qui la firent aussitôt développé un peu plus sa demande. — Pas.. pas sous quelqu'un bien sûr, enfin si vous le voulez je ne pourrai pas refuser... mais je.. j'ai pensé à une petite pâtisserie ? finit-elle, plus comme une question qu'une affirmation. Ses doigts entrecroisés n'arrêtaient pas de bouger sous son apprehension. Elle espérait tout de même une réponse pas très rude et — avec un peu de chance — favorable. L'attente fut cependant longue. Andrès ne répondit pas aussitôt. Tout d'abord il finit d'écouter la jeune femme avec attention puis s'étonna d'une telle demande de sa part. — Toi, tu veux travailler ? demanda t-il après plus d'une minute de silence. Elle hocha vivement la tête. — Oui monsieur. Le brun la détailla un moment puis retourna à son occupation sans rien dire de plus. À côté, Clara attendait sa réponse avec impatience mais il ne lui donna guère satisfaction jusqu'à ce qu'ils dînent et s'en aillent dormir. Le lendemain, quand la blonde se retrouva seule en milieu de journée en face de l'une de ces émissions qui cette fois présentait les délicieuses confections d'un pâtissier, elle se laissa aller à la réflexion. C'est vrai que jusqu'à il y a un mois de cela, elle aurait rit en pensant qu'elle pouvait réfléchir à autre chose que comment obtenir plus d'argent de la part d'Andrès ou alors quoi porter pour ce gala, cette soirée, cet événement de charité dans le seul but d'étaler sa richesse. Tout était une raison pour porter et sentir le luxe. Elle avait choisi le brun pour cette raison de toute façon. Pas qu'elle aimait un autre homme ou ne l'aimait pas lui mais c'était assez compliqué. Elle n'avait jamais vraiment aimé quelqu'un à part ses parents. Ou alors avait-elle aimé sans le savoir parce que le seul sentiment qu'elle était sûre d'avoir réellement ressenti plus d'une fois dans sa vie était l'envie d'être toujours regardée et désirée. Elle aimait avoir l'attention et avait horreur de la perdre. C'était peut-être pour ça que ses fiançailles avec Andrès ne lui avait guère faire peur ou douter une seule seconde. Clara aimait cette attention que le brun lui portait, ce regard jadis amoureux dont il la couvait et qui la faisait se sentir unique malgré ses nombreux défauts dont elle était consciente. Le fait était alors que jamais elle ne voulait que cela change, ainsi avait-elle donc répondu par l'affirmative à la demande de son homme, y trouvant rapidement pour son compte et son esprit cupide. Certes Andrès n'était pas aussi c*n ou aveuglé par l'amour comme elle le pensait. Plusieurs fois il lui avait bien fait comprendre qu'il ne l'était pas et n'avait manqué d'être crû avec elle à chaque fois qu'il dévoilait ses plans mais il ne l'avait jamais quitté alors qu'elle savait qu'il aurait pu. Bon nombre de jeunes femmes le mangeaient des yeux à chaque fois qu'ils sortaient ensemble. Et même si il ne leur accordait aucun regard, elle savait qu'il les voyait. — Oh mon Dieu ! murmura t-elle soudainement, posant une main sur sa bouche. Et si... et si il ... il me trompait ? se demanda t-elle toute seule. C'est vrai que c'était assez déplacé de sa part de se poser ce genre de question après ce qu'elle avait fait mais elle savait à l'avance que si Andrès la trompait, elle ne le supporterais pas. En plus depuis un petit moment, elle s'étonnait à se surprendre elle-même à être en pleine impatience qu'il rentre un peu plus tôt même si c'était de mauvaise humeur. En trois ans de relation, c'était bien la première fois qu'elle comptait des heures pour son arrivée, non pour mettre en œuvre une autre de ses réflexions afin de soutirer de l'argent pour telle ou telle chose, mais seulement pour le savoir à la maison. Rien qu'avec elle. Clara jeta un regard à la télévision où l'animatrice louait l'habile talent du pâtissier en croquant dans un biscuit puis soupira fortement. Beaucoup de choses commençaient à s'emmêler dans sa tête. Elle avait vraiment besoin de sortir quotidiennement de ses murs et d'être enfin utile. Andrès venait de sortir d'une réunion particulièrement importante. Il entrait à peine dans son bureau que son téléphone sonna dans sa poche, annonçant un appel. Il l'ignora un moment, le temps de s'asseoir dans son siège roulant puis décrocha. « Monsieur », dit aussitôt la voix de l'appelant. « Va droit au but ! » répondit Andrès tout en desserrant un peu sa cravate. « Elle est de retour » dit simplement Carl. Andrès suspendit son geste. Il se tut un moment avant de demander, histoire d'être sûr qu'ils parlaient de la même personne, même s'il connaissait déjà la réponse. « Qui est de retour ? » « Veronica, monsieur. Elle est dans l'immeuble. » Andrès raccrocha l'appel. Il n'eut pas le temps de souffler que deux voix distinctes se faisaient entendre dans le couloir menant vers son bureau. Il les reconnut. Il reconnut sa voix. Sa voix à elle. La porte s'ouvrît grandement, dévoilant une jeune femme très blonde et d'une beauté à couper le souffle. Derrière elle, se trouvait la secrétaire qui se précipita pour s'excuser de l'intrusion à son patron. — Monsieur, commença t-elle avant qu'Andrès ne l'arrête. — C'est bon Stacy, vous pouvez disposer, lui dit-il, son regard ne pouvant se détacher de celui de la seconde femme. Cette dernière accorda un petit regard à l'employée, la regardant bien de haut avant qu'elle ne s'en aille, fermant la porte derrière elle. — Andrès, appela d'une douce voix, la jeune femme. Elle s'avança dans la pièce dans un déhanché sensuel qui aurait sûrement fait retourner plus d'un regard sur son passage si elle n'était pas en face d'une seule personne. Elle prit siège sans demander d'avis et fixa son regard bleu intense dans celui du brun. — Veronica, répondit le brun, plus pour comprendre qu'il ne rêvait guère que pour articuler le prénom. — On aurait dit que tu as vu un fantôme, rigola t-elle en ramenant derrière son oreille un brin de cheveux s'étant détaché de son chignon. Andrès ne lui répondit pas. Peut-être était-ce parce que c'était vraiment le cas ou alors qu'il n'y avait aucune réponse à donner. Dans chaque cas il resta coi, laissant la jeune femme parler une fois de plus. — Ne fais pas cette tête, j'ai l'impression que tu n'es pas heureux de me revoir. Comme une phrase sonore qui pourrait réveiller quiconque en pleine transe, l'homme répondit, son expression de surprise rapidement remplacée. — Heureux de te revoir ? Tu es parti il y a quatre ans Veronica. Tu as rompu avec moi parce que.. — Je ne supportais plus cette pratique qui était devenu ton hobby, je sais, compléta t-elle en le coupant. Mais j'ai eu tord, en fait je ne pouvais plus m'en passer. Je ne peux plus m'en passer, finit-elle en tendant une main vers la sienne posée sur la table. Andrès posa un regard sur la douce main manucurée. Autrefois il l'aurait sans doute laissé l'approcher mais plus maintenant. Elle était partie et l'avait laissé. Elle, sa vraie soumise et petite amie. — Oui c'est ça, et c'est comme par magie quand ton mari s'affiche avec une autre femme que tu as cette illumination Veronica, répliqua Andrès en retirant sa main de la table. Si il y avait un secret que Clara n'avait jamais su c'était celui en face de lui à ce moment précis. Il ne l'aimait pas aussi intensément parce qu'elle était belle à couper le souffler ou assez intelligente, non. Il l'aimait parce que dès qu'il l'avait vu, elle lui avait semblé comme le doublon parfait de Veronica. Il s'était donc évertué à l'aimer en rachat à cet amour dont la blonde en face de lui disait qu'il n'en faisait guère preuve quand ils étaient ensemble. Certes, maintenant il aimait Clara pour ce qu'elle était, pour être elle-même mais bien des fois où il aurait pu rompre, la culpabilité de n'avoir guère réussi avec même la copie de Veronica s'imposait dans son esprit, l'empêchant de le faire. — Non, répondit Veronica en secouant la tête. Je l'ai toujours remarqué. Je n'avais juste pas eu le courage de le faire plutôt, Andrès, je te le promets. Mais ça ne pouvait plus continuer ainsi, tout me semblait si fade alors j'ai... j'ai décidé de lui en faire part. Nous avons divorcé, dit-elle finalement en levant un regard coupable vers lui. Le brun souffla grandement en se relevant. Il lui tourna dos, fixant son regard à travers la baie vitrée de son bureau, perdu dans sa soudaine réflexion. D'une part se trouvait sa relation dégradante avec Clara, et maintenant Veronica qui réapparaissait comme une fleur alors qu'elle l'avait abandonné quatre ans auparavant. Occupé dans sa pensée, il n'entendit pas la jeune femme se lever et se diriger vers lui. Il ne la sentit que lorsqu'elle s'approcha complètement en posant une main sur son épaule. — Je suis vraiment désolée d'être partie comme ça. Mais je suis de retour maintenant, nous pouvons reprendre, comme avant, souffla t-elle doucement. — C'était il y a quatre ans Veronica. Je suis fiancé maintenant, répondit-il. La blonde enleva sa main en soupirant faiblement. Elle passa un doigt dans son dos avant de se pencher près de son oreille. — Je le sais, mais je n'abandonnerai pas de si tôt, "monsieur", déclara t-elle. Elle se recula, prit son sac et s'en alla.
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