En stationnant en face de la petite bâtisse de l'orfèvre, Andrès sortit à la hâte comme un petit enfant enjoué. Il jeta un regard en arrière pour être sûr que Carl le suivait avant de s'engouffrer dans la boutique.
— Noah, regarde qui je t'amène, dit-il avec moquerie dans le dos de l'homme qui posait avec délicatesse, un petit bracelet dans un écrin.
— Andrès, mon cher pote, annonça vivement Noah en se retournant avant de s'arrêter en voyant qui le suivait.
Il parut aussitôt perdu entre la réaction à adopter en face du châtain puis se décida finalement à être neutre pour ne pas éveiller les soupçons d'Andrès.
— Oh Carl, salut ! dit-il en regardant le grand homme.
Ce dernier hocha uniquement la tête, et détourna son regard en direction des différents bijoux exposés dans les vitrines.
Andrès étouffa un rire. Il mit la main dans la poche, en affichant un air surprit.
— Quoi, c'est tout ce que vous faites, entre connaissance de longue date ? demanda t-il.
Noah écarquilla les yeux.
— Comment tu.. commença t-il, puis il s'arrêta et se retourna vers Carl. Tu le lui as dis !
Le châtain grimaça, faisant un mouvement de mâchoire sans reporter son attention sur lui.
— Et pas seulement ça, annonça Andrès pour finaliser l'étonnement du blond. Une bonne partie de plaisir la dernière fois hein ?
— p****n de.. toi ! dit-il finalement en s'adressant au châtain, la prochaine fois je te coupe la bite !
Une lueur d'amusement passa entre les yeux du brun et il regard avec insistance l'orfèvre puis son homme de main pour faire comprendre au premier qu'il n'avait aucune chance contre le second.
— Une p****n d'orgie ! Vous avez fait une p****n d'orgie dans mon dos, sans compter que la première fois que vous vous êtes vus, tu as fais semblant de ne pas le connaître, reprit Andrès, d'une voix maligne.
Noah sût qu'il devra encore acheter son silence auprès d'une certaine personne. En effet, son frère était l'un des partenaires d'Andrès et ce dernier jouait trop souvent le rôle du grand frère protecteur malgré l'âge de l'orfèvre. Le brun le manipulait donc à chaque fois qu'il avait une information croustillante, mais tous ça c'était arrêter il y a cinq ans, et voilà que ça recommençait. Noah souffla grandement.
— C'est bon, je te l'offre ton collier, dit-il d'une voix morne en le fusillant du regard.
— Parfait ! J'ai toujours apprécié les affaires avec toi, rajouta le brun.
Noah contourna les vitrines et alla dans son bureau pour revenir plus tard avec le collier rouge en main. Le mot Doll, était écrit en rouge sur une petite plaque en argent. Le tout semblait incrusté dans le jouet à tel enseigne que vouloir l'arracher reviendrait à détruire le collier.
— Tu as assez d'argent pour vivre pendant sept siècles mais voilà ce que tu fais à ton vieil pote, dit Noah, bougon en remettant le collier à son propriétaire.
— C'est les affaires, vieux, répliqua le brun en prenant le jouet.
Avec Carl, ils déclinèrent l'invitation du blond à prendre un pot dans le bureau de ce dernier et s'en allèrent non sans que le brun ne rajoute une dernière fois, une couche.
Sur le chemin du retour vers la maison, Andrès reçu un appel de son adjoint au travail. Ce dernier lui fit comprendre une certaine infraction dans l'entreprise et le brun fut obligé de rebroussé chemin. Au final, ça n'était pas grand chose, mais cela lui avait quand même fait perdre deux bonnes heures. Et c'est finalement de mauvaise humeur qu'il se fit conduire chez lui par Carl.
Tout au long du chemin, le châtain n'avait rien dit. Il s'était juste contenté de l'observer par volée dans le rétroviseur avant de se concentrer complètement sur la voie. Quand il fut l'heure de se séparer, il salua son patron ainsi que le garde corps qu'il avait lui-même déniché et prit congés des deux hommes.
Andrès pénétra dans sa demeure, épuisé et énervé. Cela se fit sentir par la violence avec laquelle il ferma la porte avant de s'exclamer d'une profonde voix.
— Carla ? Viens là ma belle, j'ai un cadeau pour toi.
Carla était à l'étage, étendue dans sa chambre à lire un livre dont l'auteur lui était connu.
Toute la journée elle s'était ennuyée à ne pouvoir rien faire si ce n'est regardé la télé et marcher dans le jardin. Là encore elle n'était pas seule comme à l'habitude, le g*****e que son compagnon lui avait affublé surveillait chacun de ses faits et gestes à la loupe. Au moins les semaines passés, elle aurait pu aller au salon de coiffure ou faire du shopping pour faire passer le temps, mais maintenant elle avait interdiction de sortir et était surveillée de façon permanente.
D'aucun dirait qu'elle aurait pu s'enfuir mais pour aller où ? Où pouvait-elle aller sans qu'Andrès ne se mette à sa trousse et le lui fasse sauvagement regretter ? Rien qu'au souvenir de la promesse du jeune homme si elle prenait la fugue, ses poils se hérissaient. Et comble de tout ceci, elle n'avait plus de téléphone. Elle savait que c'était lui qui le lui avait confisqué, aussi ne prit-elle pas la peine de le demander.
La jeune femme baissa les yeux sur les traces que lui avait laissé les menottes à force d'être si souvent portées, aux poignets. Elle soupira et referma le livre avant d'entendre la porte de l'entrée claquer violemment et son fiancé l'appeler.
« Carla ? Viens là ma belle, j'ai un cadeau pour toi. »
Elle se leva aussitôt et descendit promptement à la rencontre du brun avant qu'il ne s'énerve.
Après la dernière marche des escaliers, elle s'agenouilla devant lui, tête baissée et mains entrelacées.
Andrès tendit sa main pour lui caresser la tête. La jeune femme portait une robe rouge cintrée à la poitrine et ovale en bas, ça ne pouvait pas tomber plus mieux, se dit-il.
— Bonsoir monsieur, le salua t-elle.
— Apprête la table pour le dîner ! lui ordonna t-il en la dépassant.
Il alla se changer à l'étage après la prise d'une douche puis redescendit en ayant à la main le collier rouge.
Dès qu'il s'assit, il pointa le sol à sa soumise.
— À genoux ! dit-il, d'une voix grave.
Elle le fit aussitôt en s'abaissant au sol à côté de lui, seulement quand elle vit le brun s'avancer près de son cou avec un collier — pour chien, selon elle —, elle recula vivement.
— Non ! N-non, monsieur je... commença t-elle avant de se taire en croisant les yeux noirs de son fiancé.
Ce dernier se leva de sa chaise, encore plus énervé. Il lui attrapa les cheveux et lui tira la tête en arrière.
— Pourquoi m'obliges-tu à autant de punir ? Qu'est-ce que j'ai dis à propos des ordres ? demanda t-il.
Elle grimaça en essayant de lui attraper la main.
— Ne.. ne pas discuté vos ordres, ah ! gémit t-elle finalement en fermant les yeux.
— Et qu'est que tu viens de faire là ? Hum ?
— J-je suis désolée monsieur, excusez-moi, plaida t-elle.
Le brun la relâcha, il reprit place à son ancien siège et lui fit signe de s'approcher, ce qu'elle fit.
— Ne l'aimes-tu pas ? demanda t-il en mettant le collier sous ses yeux. Pourtant il va bien avec ta robe n'est-ce pas ?
Elle hocha la tête.
— Oui monsieur.
— Bien, alors ne bouge pas !
Il lui passa le collier autour du cou en serrant un peu dessus. Pas de manière à ce qu'elle s'étouffe certes, mais au moins pour qu'elle ressente la présence du nouvel objet.
— Tu es magnifique avec, Doll ! complimenta t-il en l'appelant par son nouveau surnom.
Elle ne daigna pas regarder l'objet à son cou, à la place elle le remercia simplement.
— M-merci monsieur, dit-elle.
Il lui servit à présent dans un plat et comme la dernière fois, le posa sur sa cuisse pour qu'elle mange uniquement avec ses mains. La jeune femme ne s'était pas encore habituée, aussi en faisait t-elle parfois tombé au sol, sans le vouloir ou glisser de sa main. De l'huile était présente sur ses commissures et malgré qu'elle léchait ou essuyait, elle ne cessait de s'en remettre.
— Quelle petite sale fille, tu fais ! lui dit-il en la fixant.
Elle rougit aussitôt de honte et baissa la tête pour cacher son visage.
— Désolée monsieur.
Vers la fin du repas, Andrès lui retira le plat des mains, puis il lui pointa le sol, tendant sa main vers les miettes qu'elle avait fais tomber par maladresse.
— Nettoie ça ! ordonna t-il.
Elle tendit donc la main pour les ramasser quand il l'en empêcha.
— Comme une petite chienne, Doll ! Nettoie avec ta bouche, précisa t-il.
Elle se fit violence pour ne pas relever la tête et opposer un refus et se courba finalement au sol. Avec une petite grimace, elle tendit la langue pour prendre la première miette, puis la deuxième, et ainsi de suite.
Dans sa pratique, elle tourna sur elle-même puisque les miettes étaient de par et d'autres. Elle eut honte de cela, parce qu'elle agissait exactement comme une chienne.
Quand ce fut fini, elle se releva avec empressement, faisant savoir qu'elle avait fini.
— Bien, très bien Doll, tu as méritée un nouveau cadeau !