Il y’a les hommes généreux

1032 Mots
Nabila ne peut pas dire qu’elle a eu un sommeil profond. Elle s’est simplement assoupie sur une chaise, le corps fatigué, l’esprit en alerte, tout en veillant au chevet de sa mère. A son réveil, un détail la frappe aussitôt. Sa mère a les yeux ouverts. Un sourire éclaire le visage de Nabila. Elle se rapproche lentement comme si elle craignait que ce moment ne soit qu’une illusion. Leurs regards se croisent et pour la première fois depuis quelques jours, la vie semble revenir dans les yeux de maman Djamila. Kobi arrive en courant. Sans hésiter, il bondit sur le lit et pose sa tête sur le torse de sa mère. Elle l’accueille d’un geste tendre, lui caressant doucement les cheveux. Le garçon ferme les yeux, apaisé. Le cœur de Nabila déborde de bonheur. Un bonheur fragile, mais réel. Les choses commencent enfin à aller mieux. Mais pour combien de temps ? Trouver du travail est plus que primordial. Ça sera sa lutte durant cette semaine. _ Tu as bien dormi maman ? demande-t-elle à sa mère. Maman Djamila sourit et lui répond avec une voix encore faible. _ Un peu. _ C’est déjà bien. Je vais te préparer ton petit déjeuner. Il faut que tu manges avant de prendre les remèdes. Nabila se rend à la cuisine où elle commence à préparer le petit déjeuner pour sa mère. Avec le reste d’argent elle a acheté le nécessaire pour le déjeuner et de quoi cuisiner ce jour. Elle chauffe également de l’eau avec laquelle elle fera la toilette à sa mère. Après que tout soit prêt, elle l’apporte dans la chambre sur un plateau. Elle envoie son frère patienter dehors, le temps qu’elle nettoie sa mère. Nabila essor la serviette dans de l’eau tiède et essuie délicatement sa mère. _ Ah maman tu as tellement maigri. Regarde-toi, tes os sont dehors. _ Comment tu as fait ? _ Comment j’ai fait quoi maman ? _ Tu sais…tu sais de quoi je parle Nabi… _ Maman, reste tranquille tu ne devrais pas t’essouffler à vouloir parler. Laisse-moi te laver après je te parfume. Tu vas voir tu vas briller. Corine va te faire les tresses. Maman Djamila ne force pas. Elle sait que lorsqu’elle ira mieux elle posera plus de questions à sa fille. Elle se laisse chouchouter. Nabila aide sa mère à enfiler une nouvelle tenue plus propre et confortable. Elle lui donne son petit déjeuner. Ensuite, elle prend ses remèdes. Maman Djamila est fatiguée de rester allongée comme un légume. Elle demande à sortir un peu. Nabila l’aide à se lever. Elle la soutient jusqu’au salon et la fait coucher dans un fauteuil. _ Que je suis contente, dit Corine. Ça va maman ? _ Ça va un peu ma chérie. _ Ok je vais aller nettoyer ta chambre et Changer les draps comme ça tu dormiras bien cette nuit. _ Merci trésor. Maman Djamila passe la matinée entourée de ses enfants. Quel plaisir de les voir tous ensemble. Un sentiment de tristesse la parcourt un instant. Elle se demande ce qui adviendra d’eux si elle venait à quitter ce monde car cette maladie risque de l’emporter tôt ou tard. Nabila est à la cuisine, elle prépare le repas en chantonnant. Corine qui a fini de mettre de la propreté dans la chambre de sa mère, est maintenant en train de coiffer cette dernière. Dehors, Zita arrive en s’exclamant : _ Ça sent bon par ici ! Lorsqu’elle entre, elle sursaute en voyant maman Djamila assise devant la télévision et sa fille qui la tresse. _ Maman, tu es débout ? _ Zita, je suis débout. Tu réagis comme si tu avais vu un fantôme. _ Mais c’est génial. Tu vas bien ? _ Pas tout à fait. Je suis fatiguée de rester coucher dans la chambre. Il n’y a que les remèdes qui m’aident un peu. _ Je suis très heureuse. Eh Corine, tu veux tirer les cheveux de maman alors qu’elle n’est pas guérie. _ J’arrête seulement, déclare la jeune fille. Sa tête était trop sale. _ Ok. Je suppose que ta sœur est à la cuisine. Corine hoche la tête. Zita se rend à la cuisine. L’odeur des fritures l'accueille en plein dans le nez. _ Oh ma copine, tu fais frire du poisson ? _ Comme tu le constates. Tu sors d’où ? _ De la maison. Quand tu m’as écrit ce matin pour me dire que ta mère allait mieux je ne savais pas que c’était si mieux. Tu as réussi à avoir ses remèdes ? _ Oui je les ai achetés hier. _ Hum ton rencard a payé alors. _ Tu comprends pourquoi je devais être sexy. _ Je sais que les remèdes de ta mère coûtent cher, dis-moi, en un seul rendez-vous un homme t’a donné autant d’argent ? _ Pourquoi pas ? Il y a des hommes généreux. _ C’est vrai aussi. Vous allez vous revoir quand ? _ Euh j’ai décidé de ne pas le revoir. Il ne me convient pas. Il est trop vieux pour moi. _ Hein ? Attends Nabila qu’est-ce que tu me racontes ? C’est toi qui a accepté ce rendez-vous maintenant tu dis qu’il est trop vieux pour toi. Quand tu acceptais tu ne l’avais pas vu ? En plus tu as besoin d’argent, si tu faisais semblant de rester avec lui le temps qu’il t’en donne tu cherches du travail. Bien sûr, sans aller au lit avec lui. _ Zita, je n’ai pas besoin de faire ça. Je ne le veux pas c’est tout. _ Mais hier tu as pris son argent. C’est quand même curieux ça. _ S’il te plait changeons de sujet. Je ne suis pas dans un tribunal. Il faut que tu m’aides à trouver du travail. On pourra marcher un peu dans la ville. _ D’accord mais en semaine seulement. Le week-end mon père est là et il me surveille trop. _ Ça marche. Tu restes manger ? _ Non ma mère m’a commissionné. J’en ai profité pour passer ici. Ça fait du bien de voir maman debout. Que le Seigneur lui donne la force de se relever. _ Amen oh !
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