Hier soir, il a pleuré quand une ambulance est passée devant la maison, sirènes hurlantes, et il demande souvent ce qu’il est advenu de ses petits frères et sœurs et de sa maman Émilie. Et surtout… il ne comprend pas le silence et l’absence de ses grands-parents. Il a dit en se levant de table, la gorge nouée : — Pourtant ! J’ai parlé à mes grands-parents au camp d’Al-Hol et ils m’avaient promis de s’occuper de moi… — Ça viendra Julien, un peu de patience, tu devrais aller te reposer dans la chambre. Aline regarde Albert, désolée. — Je suis triste pour cet enfant et ses proches… ils devraient être informés de sa présence ici… Albert ! Albert se gratte le menton, agacé. — J’en conviens, mais ce n’est pas à nous d’en juger, n’oublie pas qu’aussi sympathiques que paraissent ces gens, le


