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1934 Mots
De toute évidence, la mère des goules savait que j'étais là, elle m'avait annoncé de but en blanc qu'elle m'attendait et cela avait résonné comme si cette attente avait duré des siècles. Comme si mon ardoise avec elle n'était pas assez entachée. Du coup me montrer un peu impoli ne devrait pas aggraver mon cas. - Sinon pouvions passer à l'étape suivante rapidement, ça m’enlèverait une épine du pied, lâchais-je presser d'en finir. Un rire plein de poison retenti. Bon je m'étais peut-être trompé, venais-je bien de mettre les pieds dans le plat, ouais, j'avais bien l'impression. - Tu me dois une faveur pour chacune de mes filles, dit-elle dans un claquement de langue. J'essayais de me rappeler du nombre de ces monstres que j'avais dû abattre. Et PU...non d'une licorne, yen avait un paquet. - légitime défense, répondis-je sur de moi. - Jeune fille, si je venais à te saigner comme un porc sur le sol de ma demeure pour m'avoir dérangé, puis, que je décidais de faire de toi l'un de mes enfants. Ce serait également de la légitime défense. En tout cas, c'est mon point de vue. Qui viendrait le remettre en cause. Le ton employé n'était clairement pas amical. Il n'était pas question que je crève ici alors je fis marche arrière et quittais la hutte. Les lieus clos ne me réussissaient pas surtout si je n'y voyais rien arriver. Chacun de mes pas devenait difficile, la puissance de l'être qui occupait les lieux devait être gigantesque mes poils se hérissèrent, me signalant sa présence autour de moi. Je réprimais un hurlement . Les cellules ne mon corps me criaient de fuir. Jusqu' ici mon instinct ne m'avait jamais trahi. Malheureusement, quelle que soit la force qui m'indiquait le danger je n'avais pas le choix. Je devais continuer pour O'Cain. Si je ne me trompais pas, l'intérieur tout comme l'extérieur de ce monde constituait l'antre de la bête. Je sus que j'étais dans le vrai, quand une tempêtes de sable se leva et qu'elle me repoussa vers l'habitation qui bien que sommaire résista. Ce dont je ne m'attendais pas en revanche c'était que le sable soit humide avec un contact rugueux semblable À... Nom d'un chien! Il s'agissait d'une fou tue langue et la hutte était sans nul doute la bouche de Malaak. Je fis un bond en arrière malheureusement, j'avais beau lutter, je finissais toujours par me retrouver devant cette énorme bouche qui m'apparaissait très clairement à présent. Je ne pouvais pas tenir ainsi indéfiniment. Le sable me fouettait la peau, l'éraflant encore et encore. Mon sang coulait mais le sol s'en abreuvait instantanément. À bout de forces, et toujours sans aucune arme, je me remémorais ma conversation avec Poséidon. Une fois que tu te sens en confiance, tu l’appelles. Avait-il dit. Elle se nomme Malaak. Je devais aussi selon ses mots implorer son pardon.  Là tout de suite, je ne me sentais pas spécialement en confiance encore moins quand je pensais à demander pardon pour quelque chose dont je n'étais pas désolé. Ces goules m'auraient déchiqueté au moindre signe de faiblesse. Mais soit puisque je n'avais pas le choix : - Malaak, mère des goules, prononçais-je alors que je tentais de ne pas avaler de sable. J'implore votre pardon. À peine ma phrase prononcée que la tempête s'arrêtait nette. Mais alors que je me pensais tirer d'affaire, le sol se transformait, m'engluant dans de la lise. Un mélange d'eau et de sable. Je savais qu'il ne fallait pas que je panique sous peine de m'y enfoncer. Malheureusement, mon cerveau s'était fait la malle et bientôt je fus incapable de bouger. Le sol avait durci et se figeait autour de moi. -p****n de m***e, m'écriais-je. Et comme un malheur n'arrivait jamais seul, toute une armée de goules m'encerclait rapidement. À la merci de leurs crocs et de leurs griffes acérées, la colère que je ressentais vis-à-vis du dieu des océans ne faisait que croitre.  Je fermais les yeux et me laissais envahir par le souvenir de son odeur si particulière, celle de la pluie et de mer. Je l'imaginais face à moi. J' appréciais ses traits si parfaits quand sa voix me fit tressaillir - tu en as mis du temps. Surprise, j'ouvris les yeux. Le s******d en chef se trouvait là, la mine soucieuse. Trop fière pour admettre que j'étais heureuse de le voir, je me contentais de lui gueuler dessus. - qu'attendez-vous sale enfoiré pour me sortir de là. Au cas au vous ne l'auriez pas remarqué, nous sommes en mauvaise posture. Sans un mot, il me tendit la main et me sortit sans aucun effort du piège dans lequel je me trouvais. Les goules, elles, ne bougeaient pas comme si elles attendaient un ordre.  Toutefois, la bave qui dégoulinait de leur lèvre ainsi que leur cri ne laissait aucun doute sur leur intention. - dites-moi que vous ne vous êtes pas ramener sans mon arsenal? murmurais-je. Il me toisa. Il était calme et ne semblait pas se rendre compte de ce que se passait autour de lui.  - Malaak, tonna-t-il, rappelle tes enfants où je promets de les noyer tous autant qu'ils sont. Le silence envahit les troupes. Maintenant qu'ils semblaient apaisés, je pus voir tout ce qui m'avait échappé jusque-là. Les goules étaient en grand nombre mais certaines différenciaient des autres par leur apparence humaine, seule leur démarche et leurs yeux injectés de sang prouvaient que leur humanité les avait déserté. Une femme, que dis-je, un monstre à l'allure humaine s'avançaient vers nous. - vieille raclure des océans, cracha-t-elle comment oses-tu t'introduire chez moi? - Tanisha m'a invoqué parce qu'une mégère est trop borné pour écouter. J'avais bien conscience qu'il y avait un passif entre ces deux-là mais là, je fatiguais tant que j'aurais pu jurer que j'avais déjà vu Malaak quelque part. Sa peau bien que cireuse brillait par endroits. Ses yeux gris me transperçaient d'une lueur mauvaise et me faisaient penser à de la foudre en pleine tempête. Elle était vêtue légèrement comme les danseuses du ventre qu'on pouvait voir à la télé. Très peu de tissu, beaucoup de bijoux et autant de tatouages. Monstre me souffla mon esprit. Je venais de comprendre ou je l'avais aperçu, elle avait le même visage que la chose qui me suivait depuis quelque temps et qui selon ses dires voulait la tête de méduse. Mais je savais, sans pouvoir l'expliquer, qu'elles étaient différentes. - Combien êtes-vous bordel? laissais-je échapper. Malaak sourit dévoilant une paire de crocs longue et tranchante. - nous sommes des milliers, jeune sotte. Ça je voulais bien le croire mais ce n'était pas vraiment ma question, je n'avais pas besoin de compter, je voyais bien que des goules il y en avait partout. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Et puis m***e laisser tomber. Pourquoi sont-ils si différents? Le sable se mit à tourbillonner autour de moi. Je touchais un point sensible a priori.  Hamon les affame pour toujours avoir un vivier à porter de mains pour se débarrasser des cas encombrants. - Hamon Alexopoulos?  Mais comment peut-il avoir le moindre pouvoir sur vous. Désolé, mais je ne comprends pas. Ce mec n'est qu'un humain.  Elle eut un rire méprisant. - un humain? Je me demande parfois. -ok, je suis désolé pour vos enfants. Si j'avais eu le choix, je ne les aurais jamais attaqué. C'était elles ou moi. Je sais que ce n'est pas ce que vous voulez entendre. Et je sais aussi que je ne pourrais jamais pallier cette perte. Si vous acceptez de me prêter main-forte, je promets de libérer vos goules enlevées par Hamon. Je ne le prononçais pas à haute voix, il fallait que j'aie une sérieuse discussion avec Hamon, en vue de ses agissements, il ne pouvait pas diriger les chasseurs, s'il était dangereux et sans limite. J'espérais me tromper mais j'étais convaincue qu'il avait un rapport avec les attaques de méduse. Pourvu que je me trompe. La rage me faisait trembler des pieds à la tête, s'il s'avérait qu'il était mêlé de près ou de loin à la disparition d'Idris j'en ferais de la chair à pâté. - j'entends ce que tu tais, destructrice. Nos âmes sont en symbiose et réclament vengeance. Je te servirais si tu places mes goules sous ta protection. - je promets de donner ma vie pour vous défendre. Sérieux, c'est quoi ce nom ridicule. Destructrice? Vous me foutez le bourdon tous. On dirait que je ne suis qu'une bombe à retardement. Le silence accueillit ma déclaration. Malaak et Poséidon échangèrent un regard sans équivoque. - qu'est-ce qu'il y a? - nous aurons tout le temps de parler plus tard, fit le dieu des océans. Votre ami n'attendra pas éternellement. Putain de m***e, j'avais oublié pourquoi j'avais fait tous ça. - allons-y, nous avons assez tarder. Malaak était extrêmement chanceuse que je laisse tomber le fait qu'elle ait tenté de me supprimer. Ok, je l'étais tout autant qu'elle ait momentané oublié que j'avais décimé une partie de sa descendance. Mais là tout de suite, je préférais occulter ce detail pour me concentrer sur ma rage et mon envie de séparer sa tête du reste de son corps. Après être arrivée chez Poséidon, elle avait refusé de bouger pour aller sauver O'cain et préférait papoter.  - je ne bougerais pas d'ici avant qu'on ait discuté d'invocation. - on parlera de ce que vous voulez plus tard, là ça urge, lui rappelais-je en réajustant mes couteaux. - Mmh, ben je n'en aie rien à faire, si tu n'es pas préparée autant se suicider sur-le-champ et je ne perdrais pas une goutte de mon sang avant d'étripées Hamon et de jetés ses viscères à mes petits. - pourquoi n'est-ce pas toi que j'éviscèrerais, ça me ferait gagner du temps, dis-je en jetant un oeil sur Poséidon qui semblait être à des années-lumière de comprendre mon dilemme. Sa barbie pouf ne semblait pas vouloir lui accorder le moindre pas. Malaak me fit un sourire sournois . - essaie donc, je t'attends j'ai tout mon temps, pas comme ton humain.  -vous voulez parler invocation ? je vous écoute, acceptais-je de mauvaise grace. - As-tu déjà réalisé une invocation sans l'aide de ce mollusque poisseux? Je savais qu'elle parlait de Poséidon. Et si j'avais été de bonne humeur j'aurai certainement ri. Au lieu de ça, je me contentais de secouer la tete. - je savais que c'était un bon à rien mais là, ça frôle le ridicule. Soit, nous n'aurons le temps que pour un cours accéléré. Es-tu prête? - je déteste la magie. - Chérie ne dis pas n'importe quoi, tu es magie. Ton essence même n'est que magie. Répètes après moi. - moi, Tanisha, je t'invoque Malaak, reine des goules. - Je ne vois pas bien pourquoi je dois vous invoquer, vous êtes juste là.  - et moi je pensais que tu étais pressée. - Ok, ok. moi, Tanisha, je t'invoque Malaak, reine des goules. - Les êtres de pouvoir sont très pointilleux sur le protocole et le rituel. N'oublie pas. Ne fais aucune promesse ni pacte sans avoir préalablement réfléchi à tous les sens de tes mots. Mais pour le moment nous allons nous contenter de nous lier. Subitement ma main me brûla horriblement. Un cercle comme un anneau s'incrustait dans la peau de mon index droit. Puis je sentis une énorme pression sur ma paume. - Très bien, fis-je de mauvaise grâce, je suppose que tu es officiellement mon familier. - ton familier? Rectification jeune fille, je suis ton premier arcane. - qu'est-ce que... - garde tes questions pour plus tard, allons-y.
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