Maintenant, j'ai envie de lui parler. Je n'ai rien prémédité. Mais je ressens maintenant l'envie irraisonnée de lui dire tout : toutes les larmes ravalées, toutes les rancœurs accumulées, tous les mots qu'elle n'a jamais voulu entendre. J'ai envie de lui dire tout l'amour que je n'ai pas eu. J'ai envie de lui dire que quelqu'un d'autre était là, heureusement, mais que bien sûr, elle ne s'en est jamais rendu compte, tant elle était incapable de la moindre attention. J'ai envie de lui dire que l'éducation qu'elle m'a donnée n'avait qu'un seul objectif, celui de me rendre d'une extrême docilité pour ne pas que je l'importune dans son quotidien, ni que je trouble sa vie de femme. Et qu'à cette fin, elle m'a appris à penser et à agir en fonction d'elle, des autres ou des préceptes religieux qui


