CHAPITRE 6 : Les solitaires.
La jambe de Victoria qui devient de plus en plus douloureuse dût à l’infection de la plaie, cela va bientôt faire des heures que nous marchons sans une rencontre, humaine ou inhumaine. À un moment elle n'arrivait plus à bouger, la plaie commençait à puer saignant du noir. Toute transpirante, elle gémissait de douleur. Je ne savais pas vraiment comment l'aider. Nous nous arrêtions à un arbre pour qu’elle puisse se reposer.
- Je vais mourir inh, Koffi ?
- Non je ne crois pas. Si ça devrait arriver, je crois que ce serait déjà produite dans la chasse ou avec Babadjè.
- N’empêche que cette plaie risque de me tuer.
- Non ! Je vais trouver des feuilles et ça va tout désinfecter.
- Tu t'y connais toi en feuille ?
- Il faut un début à tout ma belle.
- Donc je serai ton cobaye.
- À dire comme ça, ça l'air inquiétant, mais si seulement on retrouvait les autres, Alida saura vraiment quoi faire.
- Depuis notre trajet tu n’as que ce nom à la bouche.
- Ah vraiment ? Je n’avais pas remarqué, et on a besoin d’elle pour te soigner parce qu’elle est médecin.
- Je ne crois pas que être médecin dans une forêt sans aucun outil ou antibiotique serve à grande chose.
- Ouais je ne l’avais pas vu sous cet angle. Tu es entrain de mourir donc faut trouver une solution.
- Tu vois ? Tu le dis toi-même ; je vais mourir.
- Non ! Juste une façon de m'inciter à vite plutôt trouver une solution. Je te rassure tu ne mourras pas maintenant.
- Ça me fait plaisir que tu me le répètes mais ce qui arrivera, arrivera.
Je ne voulais pas me montrer désespéré puisqu’elle le fait déjà bien toute seule. Cela me ferait moins de responsabilité si elle mourait maintenant et plus loin je m’en irai mais curieusement l’idée ne me plait guère. Fallait qu’elle survive pour qu’elle raison cela me tient à cœur ? Je ne sais pas trop. Peut être son odeur ! C’est vrai qu’elle sent très bon malgré la sueur et tout ce tralala pendant des jours de marche et sans se doucher. Le bouc avait raison. Bon maintenant il faut que je sorte de ma piètre imagination et sauver cette nana qui sent très bon.
Alors une idée me passait l'esprit, je détachais donc la robe magique de ma précédente victime puis je la mettais. Étonnée de ce que je suis entrain de faire elle regardait ave pleine de curiosité.
- Mais qu’est-ce que tu fais à te mettre cette robe ?
- Apparemment cette robe, détient des pouvoirs magiques, ce qu’en servait Baba.. Donc si je la mettais ça pourrait m'aider à te guérir, mieux encore, nous téléporter d'ici.
- Bah voyons ! Essais voir, de toute façon toute aide est la bienvenue qu’elle soit maléfique ou pas.
- OK alors je la mis.
Ainsi donc je mettais la jolie nuisette de Babadjè qui sur moi est telle une robe de mariée. Je me tiens bien de bout avant d'ordonner.
- Oh toi robe magique ! Obéit moi maintenant que tu es à ma portée.
Puis Victoria explosa de rire malgré la souffrance atroce qui l'inondait. Pourtant il n'y avait rien de drôle. Je ne dis rien à sa moquerie avant de changer de formule.
- Robe magique ! Moi Koffi-Codja qui t'a maintenant à ma possession t’ordonne d’obéir.
- Non sérieux ? Ha ha ha ha !
- Il y’a quoi de drôle ? Il faut que cette f****e robe fonctionne pour que ça puisse te guérir.
- Oui je sais. OK je ne ris plus de tes drôles formules magiques.
- Bah peut-être que ça marche seulement lorsqu'il écoute le nom de son maître.
Puis je me reculais en m'y remettant
- Moi ton ultime maître Babadjè t’ordonne de fonctionner afin de guérir cette jolie dame allonger gémissant de douleur.
- Quoi ? Mais je ne gémis pas de douleur.
- Si
- Bon juste un peu, ça fait un mal de chien je te préviens.
- Oui pour ça je veux que cette f****e robe rouge fonctionne.
- Peut être que ça n'a été faite que pour lui. Donc sûrement ça ne fonctionne que sur Babadjè.
- C’est probablement le cas. En tout cas je la garde, ça nous en servira peut être.
Déçu, j'enlevais la robe, le rattachais à mon tibias gauche sans aucune autre idée à la tête. Elle essayait à son tour de me rassurer.
- Ne t'en fait pas ça peut, peut être passer toute seule et déjà demain je serai en bonne santé. Il va bientôt faire nuit. Faudrait qu'on se repose.
- À peine tu arrives même à respirer, cette plaie risque de t’atteindre la cervelle jusqu’à demain.
- C'est vraiment rassurant ce que tu me dis la inh. Merci beaucoup.
- Désolé mais j’ai une dernière chose à expérimenté, si ça ne marche pas alors je me rendrai donc à l’évidence.
- Quelle idée de génie encore ?
- Ça va te paraitre bizarre, voir stupide mais je dois l’essayer.
- En parle moi au moins d’abord.
- OK , nous sommes tous deux d’accord d’être piégé dans une forêt magique ?
- À vue d'œil oui.
- Ce qui vaudra probablement dire qu'il y a d’autres êtres surnaturels qui sont justement là ou encore même peut être nous regardent.
- Euh faisons comme si c’était le cas, même si ça l'air flippant
- Alors pourquoi ne pas les demander de l’aide ?
- Oui c’est bizarre ton idée. Pas encore stupide mais bizarre. Mais dit moi tu connais quel esprit ou être à qui demander d'aide.
- Maintenant surgit l’importance d’avoir vécu avec des musulmans une partie de ma vie.
- Je ne comprends toujours pas. L’islam a quoi avoir avec ça.
- Si tu es très proche des musulmans, tu apprends certaines choses sur le surnaturel que même le Dieu Vodou n'en a pas idée.
- C’est curieux ça. Et qu’est-ce qu'ils t’ont appris tes jeunes musulmans ?
- Bon, à lire quelques versets du coran, comment faire quelques petit tour de magie pour se protéger, envoûter etc..
- Quoi ? Donc il y a de la magie en islam ? Et tu as une fois essayé ?
-
Jamais ! J’étais plus théoriciens que praticiens.
- Bon venons au fait, tu veux faire quoi grâce à tes connaissances en la matière.
- Ne panique pas mais je veux faire appel aux premiers êtres créés par Dieu.
- Ce ne sont pas les dinosaures ça ?
- Non, avant l’espèce animalier je veux dire.
- Il y en a une autre créature avant eux ?
- Bref laisse tomber. L’important est que je veux faire appel à l’être le plus rusé, maléfique et puissant qu'il y est !
- Ce n'est pas le diable ça ?
- Non pas lui
- Qui alors ?
- Un Djine
- Quoi ?
- Oui un Djine, c'est un être invisible n'ayant pas de forme qui peut prendre la forme de n’importe quoi.
- Et ce Djine fait quoi ?
- En grosso modo c’est le premier ennemis de l’homme.
- Et tu veux qu'on fasse appel à notre premier ennemis ?
- Justement c’est ce qu'ils aiment, qu'on ait besoin d’eux afin de nous le faire payer mais il y a de bons aussi. Ils sont comme des êtres humains, il y en a de bons et de mauvais.
- Ça ne me rassure pas trop.
- Et mourir dans de affreuses souffrances te rassurent ?
- Pas gentil.
- Il faut qu'on lui fasse appel. Un d’eux répondra sûrement.
- Et comment tu vas le faire ?
- C'est très marrant tu verras. Mais une chose ne panique jamais quoi qu’en soit ce que tu verras, si tu paniques nous sommes probablement foutus.
- Je crois que nous le sommes déjà non ?
- Pire encore, c’est lorsque tu deviens fou dans une forêt magique.
- Donc tu vas appeler un Djine tu dis ?
- Oh que oui ! Il va sûrement nous fait peur en apparaissant de la façon la plus effrayante qu'il soit.
- Et c’est ce truc que tu veux appeler.
- Oui je n’ai pas très envie d’avoir ta mort sur ma conscience.
Je savais que c’était une idée folle, mais je devrais le faire pour elle… et aussi pour moi. Sans vous mentir j’avais une envie folle de vérifier la théorie de Malick, mon ami musulmans qui m'a presque toute apprit en la matière. Je vais appeler l'un des plus maléfiques des Djines appelé communément «Djine de la forêt » en langue Arabe.
Ainsi je m'avançais un peu plus devant, et comme c'est inscrit, enlever en entier mes vêtements. C'est la bonne procédure pour plus d’efficacité dans l'appel. Ils répondent très vite. Être tout nu attire les esprits maléfiques.
- Sérieux ? Tu dois rester totalement nu avant de faire appel à ce machin ?
Me lançait-elle de loin vraiment confuse.
- Laisse moi faire mon boulot Victoria. Tu poseras les questions une fois guérie.
D'un côté je ne croyais pas vraiment que cela allait marcher mais d'un autre côté je l'espérais profondément pour le bien de Victoria. Après m’être mis tout nu, le popotin à l'air que matait sûrement Vitoria qui n’arrêtait pas de rire. Je commençais donc à réciter les trois dernières sourates du coran. Fallait les réciter un certain nombre de fois en appelant le nom du Djine et bien sûr l’important c’est d’abord de formuler l’intention. C'est plus que crucial. Alors je respectais l'ordre des choses en faisant comme recommandé. Après la récitation des versets dédiés pour l’événement et les mots en Arabe à dire, ensuite j’appelais sept fois son nom, en attendant impatiemment son signe.
Je n’attendais plus aucun bruit venant de derrière, je me retournais pour m'assurer qu’elle allait bien. Puisqu’à l'instant il fit déjà presque nuit. Elle était là, la torche à la main souriante comme observant mon échec. Puis d'un clin d’œil elle changeait de mine comme si elle venait d’apercevoir un truc. Sans tarder je me retournais voir ce qui se passait et je le vis là devant moi. C’était presqu'impossible mais j'ai sous-estimé la force du Djine. Terrifié, une seule phrase me vint à la bouche.
- Nom d'une patate ! Salut papa.