Episode final

2342 Mots
Linda venait de se dénoncer. Elle pleurait à chaude larme. On aurait pu croire qu'elle regrettait ses actes. Elle n'en avait que faire. Après le témoignage de Sabine, c'était l'heure des plaidoiries. Une pause de dix minutes fut marquée. Une fois à l'extérieur, Mbala et Linda tombèrent nez à nez. Elle le regardait avec une rage meurtrière. Si elle pouvait, elle l'aurait tué en ce moment. Mbala : je te l'avais dit salle vipère, je t'avais dit que j'avais un antidote contre ton venin de sorcière. Ce n'est même pas encore terminé. Tu vas finir au fond de la plus sombre des poisons. Linda : cette histoire ne va pas s'arrêter là. Un jour je sortirai de prison et ce jour on verra qui va gagner. Prie pour que je meure en prison. Mbala : je vais prier pour que tu vives assez longtemps pour voir comment la vie de ceux que tu as voulu détruire se reconstruit. Sabine qui les écoutait ne manqua pas de donner son avis. Ma'a Sabine : les choses auraient pu être autrement. Ta vie aurait pu être autre. Pourquoi avoir fait ça ? Comment en es-tu arrivé là ? Linda : à quoi bon que je te raconte maintenant ça ? Le verdict va être prononcé. Il se peut que je passe tout le reste de ma vie clouée dans une prison. Tu aurais pu témoigner en ma faveur mais tu as préféré me laisser sombrer. Maintenant tu veux se je te raconte ce qui m'est arrivé. Ma'a Sabine : quoi qu'on fasse et quoi qu'on dise, tu es et demeure le fruit de mes entailles. En dépit des horreurs dont tu es accusé, moi je t'aime. Tu vas payer pour ce que tu as fait mais malgré cela je veux être près de toi. Je veux pouvoir rattraper le temps passé. Laisse-moi laver ce que tu as sur le cœur. Linda : quoi que tu fasses tu ne pourras jamais effacer les choses que j'ai déjà faites. C'est comme ça, c'est ma vie. Ma'a Sabine : il faut garder espoir ma fille Linda : économise ta salive. Je suis comme je suis et personne ne pourra jamais rien y changer. Mbala : Ma'a je ne vais pas permette que tu souffres à cause de cette fille. Qu'elle soit condamnée et qu'elle sorte de nos vies. Allons voir maman. Ils la laissèrent. Elle avait soudainement cette envie de repartir sur de bonnes bases avec sa mère mais son orgueil voulait tout autre chose. Madame Marthe était en pleine conversion dans un coin avec Mirabelle. Madame Marthe : je ne peux pas effacer ce que j'ai fait, la manière dont je t'ai traité mais je peux au moins implorer ton pardon. Je suis désolé ma fille. Mirabelle : ne vous en faites pas madame, c'était difficile mais tout va bien maintenant. Prière que les choses reviennent à l'ordre dans votre vie. Madame Marthe : sans mon mari plus rien ne sera comme avant mais bon, on ne peut que faire avec. Cette femme souffrait au fond d'elle. Elle voulait être forte, la plus dure mais ce qu'elle endurait était tout autre. Elle était restée forte de caractère pour survivre en prison mais dès qu'elle avait un moment d'intimité elle refoulait ses démons et faisait son deuil. En voyant son fils arriver, elle reprit son caractère de lionne pour ne pas le contrarier, lui qui était si fier de gagner ce procès. Les dis minutes s'étaient écroulés. Il était temps d'entendre les plaidoiries de chaque avocat. L'avocat de la défense commença. - votre honneur, Luc Mbala avait souffert à la sueur de son front veut que sa fortune survive, que son patrimoine perdure. C'est pour cette raison qu'il ne pouvait laisser cela entre les mains d'irresponsables. Heureusement le défunt avait vite fait de changer son testament car les faits sont là, sa vie lui a été prise par sa propre femme. C'est la raison pour laquelle la demoiselle Linda ici présente doit être disculpée de toutes ces charges infondées. Que justice soit faite. Le procureur eut un moment de fou rire avant de commencer sa plaidoirie. - mademoiselle Giselle Lontsi ici présente, se faisait passer pour Linda Mbinda est une arnaqueuse recherchée par la justice dans le pays où elle a grandi. Elle est arrivée dans la famille Mbala qui malgré les hauts et les bas de toutes familles vivaient néanmoins en paix. Avec son esprit de malhonnêteté et d'envie elle a fini par tuer Luc Mbala. Elle a falsifié les documents ayant trait à la fortune du défunt et s'est accaparé de tout. Votre honneur, cette femme a pris à cette famille leur père et leur patrimoine. Elle doit payer le prix fort pour cela. Tout avait été dit. Après une autre pause de cinq minutes, c'était l'heure du jugement. Le juge prit la parole. - je l'ai dit au début de ce procès, vous êtes bien jeune pour être accusé de tant d'horreur. J'aurai aimé que vous soyez disculpé. La justice étant impartiale, vous êtes coupables de tous les faits qui vous sont reprochés. Conforment au code pénal, vous êtes à compter de l'instant présent condamné à perpétuité. Madame Marthe Mbala est désormais libre et la fortune Mbala doit être restituée jusqu’au dernier centime. L'audience est levée. On entendit le coup du marteau, le bruit était affligeant. Sabine aurait aimé une peine plus douce, elle était anéantie. Mbala l'arrêtait pour qu'elle ne tombe pas. Si elle pouvait elle aurait accouché le cœur de son enfant. Linda était clouée sur son siège, ruminant sa vie, ses mésaventures, son complice s’était enfuit, là laissant seule dans ces moments. Une goutte de larme, puis une mare. Elle fut menottée, traîner de force car elle résistait. Elle voyait sa vie partir en vrille. Ce moment pénible pour certains et réjouissant pour d'autres s'étaient terminé à la tombée de la nuit. Pendant que tout le monde rentrait se reposer de cette longue journée, Mbala cherchait Mirabelle qui avait vite fait de s'en aller. Il ne comprenait pas son attitude. Espérant qu'elle soit chez elle, il s'y rendu sans perdre de temps. À son arrivé, elle faisait ses affaires pour s'en aller. Il était entré sans frapper, sans se demander si elle était seule ou pas. Mbala : pourquoi tu es parti comme ça? Tu arranges tes affaires pour aller où ? Mirabelle : tu entres dans la chambre des gens sans y être invité comment? Mbala : pourquoi tu veux me faire ça ? Mirabelle : ma mère n'acceptera jamais notre histoire. Je veux bien mais je ne peux pas me mettre avec un homme si maman le déteste. Entre toi et moi... Mbala : non, ne dis pas ça. Nous avons mal commencé les choses mais tout peut revenir dans l'ordre. Si ta mère voit que tu es heureuse elle va accepter. Ne t'en va pas (se rapprochant d'elle), ne me laisse pas (la prenant dans ses bras), donnes moi une seconde chance. Mirabelle : et ma mère... Mbala : on ira la voir, on va la supplier. Il faut juste que tu sois avec moi. Un b****r, le plus doux, le plus tendre, celui de l'espoir les mit en extase. L'envie d'aller plus loin, de se toucher encore plus monta en eux. Seulement, la confiance qu'avait Mirabelle autre fois avait chutée. Elle était désormais sur ses gardes. Elle se retira calmement. Mbala s'excusa. Mbala : je ne voulais pas te contrarier Mirabelle : je veux que les choses aillent tout doucement cette fois. Ne soyons pas pressé s'il te plait. Mbala : on fera tout comme tu voudras. Rentrons d'abord annoncer la bonne nouvelle à la famille. Ensuite on va programmer et aller voir ta mère. Madame Marthe fut joyeuse malgré la douleur qui la rongeait. Caché dans un coin, Wagni ne parlait à personne. Son grand frère alla vers lui pour lui donner de véritables conseils. Mbala : tu fais quoi caché dans ton coin? Tu n'es pas content de revoir maman? Wagni : regardes la, toute maigre, presque malade et tout ça à cause de moi. Comment veux-tu que j'aille la saluer après tout ça ? Mbala : on fait des erreurs. La preuve, tout ce qui est arrivé c'est à cause de la vie que j'ai choisi de mener. Si j'étais un tant soit peu responsable, papa serai sûrement encore en vie. Malheureusement les événements ont été comme tu connais. Maintenant nous devons aller de l'avant. Nous devons mieux faire les choses. Wagni : tu crois que maman va un jour me pardonner? Mbala : tu ne le sauras jamais si tu ne vas pas la voir. Vas lui dire que tu es désolé. Wagni : elle ne m'a même pas regardé depuis qu'elle est venue. Mbala : as-tu déjà vu un parent aller vers l'enfant? Vas la voir sans avoir peur. C'est ta mère, ce n'est pas une inconnue. Wagni se leva et alla vers sa mère. Il avait le regard par terre, il sniffait comme un bébé. Madame Marthe : mon fils Il tomba sur ses genoux et pleura comme au jour de sa naissance. Elle l'embrassa, le toucha de partout, elle sentit une paix entrer en elle. Sabine était toute seule à la cuisine, repensant à cette journée. Elle revoyait ce jour où on lui avait pris sa fille, elle le comparait avec ce moment où la police a amené cette même fille. Mbala vint la rejoindre. Mbala : un jour tu m'as dit dans cette cuisine que la vie que je menais allait me mener à ma perte. Je ne t'avais pas écouté, je t'avais mal parlé. Ma'a Sabine : si maintenant tu as compris c'est que ça va. Mbala : c'est à mon tour de te dire que si tu continus à te faire souffrir pour cette fille qui ne le mérite pas on va te perdre. Je ne veux pas te perdre maman Sabine. J'en mourais Ma'a Sabine : tu veux que je fasse comment mon fils? Mbala : je veux que tu te lèves. Que tu viennes au salon avec moi pour qu'on puisse tout recommencer. Tu sais que Dieu t'a donné deux fils. Tu n'as pas eu besoin de nous enfanter pour devenir notre mère. Ces mots l'avaient réconforté. Elle avait fini par le suivre au séjour. Là-bas, tous étaient en joie. Mbala n'était pas resté à la maison, il avait décidé de continuer sa cohabitation avec Martial. Ils s'étaient pris un appartement plus grand. Il avait suivi une formation en plomberie en l'honneur de son tout premier travail. Il s'était refait une vie meilleure. Sa belle Mira avait continué sa formation pendant deux années encore. Dès son retour, Mbala avait ténu à ce qui aillent voir ses parent au village. Il avait jugé mieux d'aller épouser sa belle dame suivant les traditions africaines en attendant de mieux se placer financièrement dans la société. Il comptait désormais plus sur ses propres économies que sur son héritage. Mirabelle s'était avancée au village deux semaines avant et avait prévenu sa famille de l’arrivée de son homme. La matinée était ensoleillée. Les oiseaux chantaient de partout dans ce petit village vert nature. Une voiture garnie de vivres et de présents de toute nature était sur la route vers la petite case où s'étirait Mirabelle après une nuit blanche à attendre son Mbala. Elle était déjà toute parée, vêtu d'une robe en basin brodée aux couleurs de l'Afrique. Regardant minutes après minutes, s'apeurant qu'il ait changé d'avis à la dernière minute. Lorsqu'elle vit la voiture arrivée, elle courut se cacher à l'intérieur. Vêtu d'un boubou majestueux, Mbala était sortie de cette voiture, épaulé par Martial. Sabine et Marthe dirigeait les jeunes hommes qui étaient venu retirer les présents de la voiture. Wagni filmait tous les recoins de village pour son exposé sur l'environnement donné à l'école. Tous se réunirent lorsque le chef du village arriva, les accueilli et les installa. Autour d'un vint blanc qui venait d'être recueilli, le papa de Mirabelle demanda, -inconnus, qu’êtes-vous venu faire dans notre village? Madame Marthe : nous sommes venus avec tissus et fil, riz et arachide, moutons et chèvre, nous sommes venus demander la main de votre gracieuse fille Mirabelle pour notre fils Mbala que voici. Tous roulèrent leur langue et émirent des cris au rythme de l'Afrique. Le papa de Mirabelle regarda tous les présents qui l'attendaient, homme assoiffé de richesse, il remerciait le ciel d'avoir eu plus de fille que de garçon. La main de Mirabelle fut accordée à Mbala avec toutes bénédictions qu'un mariage puisse souhaiter. Les festivités s'étaient étendu sur tout le village, le tam-tam du chef raisonnait de partout et appelait toute la population. Mbala dansait, chantait et criait sans jamais passer à côté de la boisson. Wagni continuait de filmer tout le monde pour que ce moment soit numérisé. Dans sa vie vagabonde Mbala avait trouvé l'âme sœur, l'amour de sa vie, il fallait juste qu'il devienne une meilleure personne pour ne plus la perdre. Dans cette même vie il avait trouvé un ami, un frère, un modèle, Martial. Aussi, il avait perdu son père son mentor. Le goût de vivre s'en était allé un moment mais l'espérance d'un jour meilleure avait su prendre le dessus. Dans un endroit reculé de la foule il tenait la main de sa belle Mira, il l'enveloppait dans son large boubou pour l'éviter ce froid de campagne. Il lui chuchotait à l'oreille. Mbala : jamais je n'aurai cru qu'un jour pareil pouvait arriver. J'ai compris qu'il fallait tout faire en se méfiant des retombés, en se demandant ce que cela peut engendrer. J'ai compris qu'on ne devait accuser personne de nos mauvais actes. Faire le bien ou le mal c'est un choix. C'est chacun qui choisit sa vie. Mirabelle : que choisis-tu alors? Mbala : je choisis de t'aimer, maintenant et toujours. Toi et notre petit bout d'homme qui commence à arrondir ton petit ventre. Quand il grandira je lui compterai notre histoire, l'histoire de nos choix. L'histoire des choix d'une vie. Fin
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