Épisode 09 : Se sentir seule dans son monde d'amour
L'amour peut-il être un piège ?
Au début, tout semble parfait, et tu oublies ton passé pour te consacrer entièrement à cette nouvelle aventure. Mais lorsque les choses tournent mal, tu te retrouves seule face à tout, comme dans un cauchemar où tout s'effondre autour de toi.
Pour Prisca, aimer Ronel avait été la chose la plus merveilleuse qui lui soit arrivée. Ronel lui faisait croire que le royaume de Cupidon n'appartenait qu'à eux deux. Leur histoire d'amour était romantique et unique, leur complicité incomparable.
Mais aujourd'hui, il ne reste plus que la solitude, la tristesse et les larmes. Leur histoire semble n'avoir été qu'une illusion. Prisca se sent abandonnée et isolée du monde de son amoureux. Pour aller de l'avant, elle décide de l'oublier. Mais pour y parvenir, elle doit d'abord se faire une idée moins sombre de lui. Elle y pense jour et nuit, sans parvenir à tourner la page.
Seule dans sa chambre, elle ressent la nostalgie du passé, laissant couler quelques larmes.
"Ce n'est pas la fin du monde", lui murmure sa conscience.
Elle se lève avec le peu de courage qui lui reste et rejoint sa mère dans la cuisine.
"Mamoune d’amour," dit Prisca en entrant dans la cuisine.
"Mon bébé, où étais-tu depuis ce matin ?" lui demande sa mère.
"En ville, mais je suis rentrée depuis un moment. Après le départ de Kenneth, je me suis enfermée dans ma chambre."
"Je ne savais pas. Et pourquoi ce regard triste ?"
"Rien, Mamoune," dit-elle timidement en s'asseyant sur l'une des chaises de la cuisine.
"D'accord, voici ton dîner, ma princesse," dit-elle en posant une assiette garnie devant sa fille.
"Merci maman. Et papa ?"
"Il ne tardera pas à rentrer", dit sa mère.
Prisca mange avec appétit. Après cela, elle range la cuisine puis envisage de retourner dans sa chambre. Sa mère, qui l'attend dans le salon, l'interpelle alors qu'elle sort de la cuisine.
"Chérie, viens prendre place près de moi, s'il te plaît", lui dit sa mère d'une douce voix maternelle.
Prisca obéit, se demandant ce dont sa mère veut lui parler.
"Chérie, je suis inquiète pour toi. Il y a longtemps que je ne t'ai pas vue dans un tel état. Où est passée ta joie de vivre, ce sourire si tendre qui ne te quittait jamais, ce visage si séduisant ? Je ne reconnais plus ma fille."
Prisca baisse la tête, laissant ses larmes couler pour exprimer sa douleur. Tout ce qu'elle refoulait depuis des semaines refait surface.
"Maman, c'est un problème de cœur", dit-elle timidement, la tête baissée.
Sa mère la prend dans ses bras et lui chuchote à l'oreille.
"Ça va, princesse, maman est là. Calme-toi et raconte-moi tout."
"Je ne peux rien dire pour l'instant", dit-elle en s'écartant de sa mère.
"Je respecte ta décision, ma fille. Je serai là dès que tu seras prête à en parler."
"Merci maman, il faut que j'aille dans ma chambre."
"D'accord, repose-toi bien et laisse parler ton cœur."
Elle rejoint sa chambre, prend un bain, enfile son pyjama et s'installe sur son lit.
Elle vérifie ses messages et voit celui de son copain. Elle ne veut pas lui répondre. Elle répond aux autres messages puis se déconnecte, ignorant celui de Ronel. Elle se couche en pensant à leurs meilleurs moments passés ensemble. Elle n’arrive pas à trouver le sommeil à force de penser à lui. Elle finit par voir son message et tout bascule dans sa vie. Elle qui ne voulait plus rien entendre de lui, se sent obligée de lui répondre sinon elle ne pourra pas fermer l'œil. Elle se reconnecte à la hâte et répond à son message.
"Bonsoir mon amour", disait le message de Ronel.
"Oui, bonsoir bae", répond Prisca.
Il n’était plus en ligne. Même s'il l'était, il répondrait des heures plus tard, comme d’habitude. Mais par chance, il répond dans les minutes qui suivent.
"Oui chérie, s’il te plaît, j’ai besoin d’un prêt", telle était sa réponse.
Il ne manquait plus que ça. Prisca s'attendait à ce que Ronel parle de leur relation. Elle pensait qu'une discussion à ce propos arrangerait les choses, mais hélas, monsieur voulait autre chose. Toujours en train de demander un prêt. En lisant le message, une colère envahit Prisca. Pour se maîtriser, elle se déconnecte, remettant tout au lendemain. Peut-être la nuit lui portera conseil.
Le lendemain matin, elle se précipite sur son téléphone et active la connexion pour envoyer un message à sa copine afin d'avoir son avis. Elle tombe sur un nouveau message de Ronel.
"Bae, tu vas penser que c’est seulement quand j’ai besoin d’argent que je pense à toi, mais ce n’est pas le cas. J’ai juste besoin de trois cents (300) pesos pour régler un petit souci, sinon je risque de ne pas valider l’année."
En lisant le message, elle ressent de la peine, mais elle décide néanmoins d'écrire à Kenneth pour avoir son avis.
De l'autre côté, Kenneth se réveille ce matin et, comme d’habitude, un beau message d’amour l'attend déjà. Elle, au moins, vit l'amour, tout le contraire de sa copine.
"Merci de faire partie de mon monde. Près de toi, je veux rester pour toute la vie. Je t’aime ma chérie, mon rayon de soleil, celle qui éclaire mes jours, mon amour à vie. Bonne journée ma chérie et prends bien soin de toi." C'était le message que lui avait laissé son petit ami Pierre.
Elle lui répond sans arrière-pensée :
"Merci mon cœur, c’est réciproque. Prends bien soin de toi également."
Ensuite, elle défile les autres messages de sa boîte de réception et trouve celui de sa meilleure amie, Prisca.
"Bonjour ma CO, bien réveillée j'espère. S'il te plaît, je veux avoir ton avis sur ceci. Ronel me demande un prêt de 300 pesos."
Elle se dit que si elle parle maintenant, sa copine va encore dire qu'elle ne veut pas de sa relation avec Ronel. Du coup, elle ne répond pas car elle ne veut pas trop parler ce matin. Elle a beaucoup de choses à régler, au lieu de consacrer son énergie à ce qui ne mérite pas son temps. Les problèmes de couple doivent être réglés en couple, dit-on. Certes, ils ne sont pas encore mariés, mais ils doivent régler leurs différends entre eux. Elle apprécie qu’elle demande son aide sur certains points, et c'est normal. Mais le comble est qu’elle ne met jamais en pratique ses recommandations. À quoi bon demander son avis alors si elle ne va pas le suivre ? Ce matin, elle ne s'est pas réveillée tôt pour discuter de relations amoureuses. D’ailleurs, c’est son mec, et c’est à elle de voir quoi faire. Elle ignore le message de Prisca et part prendre une bonne douche. À son retour, elle aperçoit un appel en absence de Prisca. Elle la rappelle pour qu'elle ne se fâche pas.
"Allô ma CO, tu es fâchée contre moi ?" demande Kenneth.
"Non, j’attends toujours ta réponse", dit Prisca.
"Je ne savais pas quoi dire, c’est pourquoi je n'ai pas répondu à ton message. Bon, pour ne pas tourner autour du pot, le mieux est que tu rompes une bonne fois pour toutes. Mets fin à cette relation qui ne t’amène nulle part. Ce mec profite de toi, tu es comme son sponsor, et rien de plus."
"Non, s'il te plaît, ne me demande pas ça, c’est mon mec après tout. Et c’est lui qui a fait le premier pas et non le contraire. Alors s’il te plaît, ne me demande pas une chose pareille."
"Ah bon ! Et pourquoi tu demandes mon avis alors ? Fallait procéder comme bon te semble, non ?" répond Kenneth sur un ton colérique.
"Ne te fâche pas, je voulais juste savoir ton avis. Merci beaucoup quand même", lance Prisca.
"Je t’en prie, bonne journée", répond Kenneth sèchement.
"Merci et pareil à toi ma chérie, et toutes mes excuses pour le dérangement."
Kenneth est très en colère contre sa copine. Elle se dit que comme Prisca connaissait déjà sa réponse, pourquoi lui poser encore la question ?
Était-ce pour la provoquer ?
“ Une relation dans laquelle tu souffres, on te dit de quitter et c’est toi qui refuses. À cause de quoi ? L’amour ! L’amour est aveugle de nos jours. Sans intérêt, il n'y a plus d’amour. On ne se lève pas du jour au lendemain pour aimer quelqu’un. L’amour, c’est aimer la personne en se basant sur quelque chose. Et chez Ronel, il n'y a rien qui puisse attirer autant une fille, encore moins ma sœur. D'ailleurs, de quoi je me mêle même ? Moi, je ne peux pas supporter ce genre de mec. Je ne veux même pas gaspiller mon temps pour eux. Mieux vaut vivre ma journée pleinement”, se dit Kenneth une fois l'appel terminé.
À suivre….