Le jour de sa mort

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LE JOUR DE SA MORT« “Depuis dix ans, tu n’as même pas encore fermé ses paupières !” – C’est vrai… acquiesçai-je, d’un air pitoyable. » Eugène Ionesco, Oriflamme Je compris alors qu’elle était morte. Sans la voir, loin d’elle et sans nouvelles, j’avais ouvert les yeux. Je savais qu’elle reposait quelque part, inanimée, morte ou mourante, bientôt morte, qu’elle gisait ailleurs, désarticulée, désossée, comme endormie. Rasséréné, sous le charme d’une image que je n’avais osé me figurer, d’une toile jadis abstraite, je me plus à la détailler. Seul, je savourais la fin d’une hantise et d’un règne. Elle se trouve peut-être dans un pré, à la lisière d’un sous-bois, le visage voilé par les feuillages. Elle ne peut voir les flammes commencer à l****r le papier peint. Alors, d’un pas désinvolte,

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