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1711 Mots
Jody Bercée par la chaleur du corps de Loras et la cadence rassurante de son cœur, je finis par sombrer dans les bras de Morphée. Le rêve m’envahit sans que je puisse lutter. Je me tiens dans un immense jardin, un nourrisson fragile niché contre ma poitrine. Je serre instinctivement le petit être contre moi, comme si ma vie en dépendait. Face à moi, au-delà d’une grille noire et imposante, j’aperçois Loras. Il se tient sur la terrasse d’une vaste demeure que je ne reconnais pas – froide, majestueuse, inaccessible. A ses côtés, une femme magnifique, drapée d’une somptueuse robe de soie aux reflets d’été, l’effleure avec une familiarité qui me déchire. Je crie son nom, mais aucun son ne sort de ma gorge. Mes poings s’acharnent sur le métal glacé de la grille, en vain. Loras ne me voit pas. Il se détourne, son bras passé autour de la taille de l’inconnue, qu’il guide tendrement vers la maison. Je reste là, incapable de bouger, le bébé dans mes bras pleurant de plus en plus fort. Puis tout change. Le sol se dérobe sous mes pieds. Le jardin disparaît, remplacé par l’immensité sombre et rugissante de l’océan. Un craquement sinistre retentit dans la nuit noire. Des cris de panique résonnent autour de moi tandis que le bateau se fend en deux. La partie sur laquelle je me trouve retombe brutalement. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, prêt à en jaillir. Les pleurs du nourrisson entre mes bras redoublent d’intensité. — Loras ! je hurle, paniquée. Les gens courent dans tous les sens, pris de panique. Les plus désespérés sautent directement du pont dans les eaux de l’océan. De mon côté, je tente de me frayer un chemin à la recherche de mon amant introuvable. — Loras ! je réitère. Lo… Sa chevelure familière apparaît subitement devant moi. Il est dans l’un des canots. Je tente de le rejoindre, mais mes pieds restent ancrés sur place. La partie du bateau sur laquelle je me trouve se soulève soudainement, comme entraînée par la pression de l’autre. — Loras ! je hurle en pleurant. Le mouvement du navire me fait chavirer. Dans un dernier cri, je chute en ligne droite, l’enfant blotti contre moi. — LORAS ! L’eau glacée nous engloutit, implacable. Je me réveille en sursaut, haletante, la gorge serrée, le visage trempé de larmes. Le cœur battant à tout rompre, j’ouvre les yeux sur la pénombre de la chambre. Mon être entier tremble, incapable de se calmer. — Jody…, souffle Loras d’une voix rauque. Mes muscles se détendent légèrement tandis qu’un frisson apaisant me parcourt de la tête aux pieds. Ses bras puissants m’enlacent et me tirent à lui avec force. Un sanglot de soulagement m’échappe malgré moi. Je m’accroche à lui et prends une lente inspiration, m’enivrant de son odeur – la seule chose capable de me ramener à la surface. — C’est fini, mon ange. Ce n’était qu’un mauvais rêve, me rassure-t-il d’une voix rauque, ensommeillée. — Ne m’abandonnez pas, je le supplie dans un souffle. — Plutôt mourir. Ses mains glissent dans mes cheveux, descendent le long de mon dos en caresses lentes, presque fébriles. Son front se presse contre le mien. Nos souffles chauds et irréguliers se heurtent l’un à l’autre. — Maintenant que je vous ai, rien que pour moi, il est hors de question que je vous laisse partir. Vous ne serez plus abandonnée, mon ange. Plus jamais. Il m’embrasse doucement sur la tempe, puis sur la joue, avant de descendre le long de ma mâchoire jusqu’au coin de ma bouche, mouillée par l’eau salée de mes larmes. Ses baisers, d’abord tendres, deviennent plus insistants, plus affamés. Notre étreinte m’enveloppe dans un cocon brûlant, rassurant, comme si la seule réponse possible à cette peur nocturne était de le laisser s’ancrer plus profondément en moi, corps et âmes. Nos cœurs battent à l’unisson, forts, rapides, vivants. — Allongez-vous sur le ventre, m’intime-t-il d’une voix puissante, virile. (Je m’exécute, le corps légèrement tremblant.) Les fesses en l’air, ajoute-t-il. Le cœur sur le point d’imploser, je prends appui sur les mains et les genoux. Ses mains emprisonnent mes poignets et les ramènent derrière mon dos. Mon corps se cambre à un angle étrange, mon visage s’enfonce dans les draps froissés. Loras se place derrière moi, maintenant mes poignets d’une main, tandis que l’autre se fraie un chemin jusqu’entre mes cuisses. Son pouce taquine mon point sensible au rythme de son index contre mes plis humides. Un cri étouffé m’échappe. Mon corps se met à trembler, envahi par cette chaleur étrange et familière à la fois. Sans douceur cette fois, il écarte mes cuisses à l’aide de son genou et s’immisce entre elles. La rigidité de son sexe, durci et insistant, m’arrache un cri suppliant. — Regardez-vous, mon ange, gronde-t-il sensuellement. Toute mouillée et prête à m’accueillir. Je lui réponds d’un gémissement plaintif, écarte un peu plus les cuisses. Dans un grognement primitif, il s’enfonce en moi, me faisant réagir de plus belle. Mon dos s’arcboute tandis qu’il se retire, puis réitère son mouvement. Son corps va-et-vient contre le mien, d’abord lentement, puis à un rythme de plus en plus effréné, en harmonie avec la rudesse sauvage et désordonnée de ses doigts contre mon c******s. Ses coups de rein s’intensifient, chacun plus profond, plus féroce, me marquant jusqu’à l’âme. Ses doigts humides remontent le long de mon corps jusqu’à ma bouche, que j’entrouvre pour les accueillir. Un grondement sourd s’échappe des tréfonds de sa poitrine : — A moi… Sa main redescend le long de ma gorge qu’elle entoure sans la serrer, me tirant en arrière pour m’offrir entièrement à lui. Ses dents s’attardent sur ma clavicule et la mordillent de manière possessive. — Rien qu’à moi…, souffle-t-il contre ma peau. (Je halète, prise au dépourvu par l’intensité sauvage de son amour.) Dites-le mon ange, m’intime-t-il entre ses dents serrées. J’ouvre la bouche, mais aucun son n’en sort. Ses doigts me pincent le c******s envoyant une décharge le long de ma colonne vertébrale. — À vous…, je cède dans un cri aigu, incapable de formuler autre chose. Je suis à vous, Loras. Depuis toujours. Il me répond d’un grognement satisfait. Ses mouvements s’accélèrent féroces, impitoyables. Son étreinte se resserre sur mon corps, me maintenant contre lui. Sa présence est partout : sur ma peau, dans mes entrailles, dans mon souffle court et erratique. Je rejette la tête en arrière, transcendée. Le monde s’efface. Il n’existe plus rien d’autre que le claquement de nos corps, le tumulte de nos respirations mêlées, le chœur sauvage de nos cris de plaisirs qui résonnent entre les murs. Dans une dernière poussée puissante, le plaisir me submerge – brut, sauvage, total. Loras me rejoint, s’enfonçant jusqu’à la garde, son corps vibrant contre le mien. Je le sens venir en moi, en une série de jets profonds et infinis, tandis qu’un râle rauque échappe à ses lèvres. Il s’effondre lourdement sur mon corps, haletant, tremblant, les bras noués autour de ma taille dans une étreinte aimante, rassurante, férocement possessive. Je me laisse aller contre lui, repue et épuisée, une fois de plus enveloppée par sa chaleur corporelle. Chaque battement de son cœur contre mon dos est un écho à ceux du mien. Loras dépose un b****r tendre sur ma tempe, avant de glisser sa tête dans le creux de mon cou. Mes paupières s’alourdissent, mon corps s’abandonne, bercé par la cadence lente et apaisante de sa respiration. Juste avant de sombrer, je l’entends murmurer d’une voix rauque, presque indistincte : — Vous êtes à moi et je suis à vous. Irrémédiablement, irrévocablement à vous. Un dernier frisson me parcourt. Un dernier sourire naît au coin de mes lèvres. Puis l’obscurité m’emporte – douce, et pleine de lui. ** Les rayons du soleil filtrent à travers les lourds rideaux tirés, caressant mon visage encore alourdi par le sommeil. Je cligne des yeux et les ouvre lentement, partiellement aveuglée par la lumière. La chaleur de Loras a disparu de l’autre côté du lit, remplacée par la fraîcheur des draps froissés. L’esprit encore embrumé, je me redresse, et c’est là que je les vois : Thora, debout près de l’âtre, une pile de vêtements pliés dans les bras, et un jeune homme – dont j’ignore le prénom – en train d’ouvrir les rideaux pour laisser pleinement rentrer la lumière du jour. Je tire précipitamment le drap contre moi, saisie par la panique. Ils ont tout vu. Ils savent. Mes yeux affolés cherchent Loras. Il se tient près de la fenêtre, impeccablement habillé, une tasse de thé à la main, parfaitement serein. L’ombre d’un sourire effleure ses lèvres lorsque nos regards se croisent. — Du calme mon ange, dit-il d’une voix basse et douce, comme s’il devinait mon inquiétude. Thora et Henri travaillent pour moi depuis des années. Ils ne diront rien. Il s’approche, posant sa tasse sur une table de nuit, puis s’assied à côté de moi. Le matelas s’affaisse légèrement sous le poids de nos deux corps. Ses doigts effleurent ma joue, dissipant un peu de ma gêne. — J’ai donné des vêtements à Thora. Elle va vous aider à vous préparer et à sortir discrètement dès que vous serez prête. (Il marque une pause, son regard traversé d’une lueur plus sérieuse, plus intense. Sa main descend jusqu’à la mienne resserrée sur les draps. Son pouce se met à dessiner de petits cercles réconfortants contre ma peau.) Nous avons également reçu une invitation, poursuit-il par ajouter. Je fronce les sourcils, intriguée. — Une invitation ? Il hoche la tête, sans interrompre ses gestes. — Pour le déjeuner chez votre père, Lord Reece Junior, et sa famille. Un vertige me saisit. Un déjeuner chez mon père, dont j’ai souvent entendu parler, mais que je n’ai jamais rencontré jusqu’à présent. — Cette invitation tombe bien, m’assure-t-il. D’autant plus qu’il y a une chose à laquelle j’ai réfléchi toute la nuit et que je compte bien lui demander. Ses yeux s’ancrent aux miens, brûlants, intenses. Une promesse silencieuse passe entre nous. Mon cœur manque un battement. Ses doigts s’entrelacent aux miens. Je les serre fort, incapable de dire un mot, alors que mon être vibre d’un espoir aussi excitant que terrifiant. Loras va demander ma main. ** ** ** ** **
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